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Retour d’histoire. L’Algérie après Bouteflika

Cette recension a été publiée dans le numéro d’automne de Politique étrangère (n° 3/2020). Denis Bauchard propose une analyse de l’ouvrage de Benjamin Stora, Retour d’histoire. L’Algérie après Bouteflika (Bayard, 2020, 166 pages).

Le nouveau livre de Benjamin Stora est pour l’essentiel une réflexion sur le Hirak, qui s’est développé spontanément depuis le 22 février 2019, sur tout le territoire algérien, et dont la mobilisation se poursuit, en dépit d’un certain essoufflement. Il s’agit d’une mise en perspective de « la grande secousse » qui affecte ce pays et apparaît, selon l’auteur, comme un « seuil » important dans son histoire. « Raconter une révolution encore en acte, quasiment en temps réel et en direct, n’est pas une tâche facile », reconnaît‑il. Mais Benjamin Stora a pu appréhender l’acte I – la chute de Bouteflika – et l’acte II – l’élection du président Tebboune – de cette révolution inachevée.

Questioning Algeria’s Non-Interventionism

This article is the English version of : Geoff D. Porter, « Le non-interventionisme de l’Algérie en questions », published in Politique étrangère, Vol. 80, Issue 3, 2015.

Algeria is one of the few countries in the world that so clearly and so consistently articulates its foreign policy principles. Ever since independence in 1962, Algeria has adhered to a foundational principle of non-interventionism. Article 26 of Algeria’s 1989 and 1996 constitutions states: “Algeria does not resort to war in order to undermine the legitimate sovereignty and the freedom of other peoples. It puts forth its efforts to settle international disputes through peaceful means.” While other aspects of the Algerian constitution have been flexibly implemented, Article 26 is almost never challenged or questioned. (Article 89 of the 1976 Constitution contains similar wording, although the original 1963 constitution did not.) Unlike other countries, which may or may not engage in cross-border or extraterritorial conflicts according to specific circumstances and in pursuit of specific interests, Algeria never does. This position has numerous advantages, but also significant disadvantages. The unprecedented worsening security situation surrounding Algeria in Libya, Mali, and Tunisia will put the country’s commitment to its principles to its hardest test yet.

Algérie, la nouvelle indépendance

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n° 2/2020).
Denis Bauchard propose une analyse de l’ouvrage de Jean-Pierre Filiu
Algérie, la nouvelle indépendance (Le Seuil, 2019, 184 pages).

Ce nouvel ouvrage de Jean-Pierre Filiu se veut, selon l’auteur même, un « essai », « un cadre d’interprétation » du mouvement de fond que représente le Hirak qui, depuis le 22 février 2019, n’en finit pas de mobiliser les foules à Alger comme dans la plupart des villes algériennes. En fait, par-delà ce propos, il s’agit bien d’une réflexion sur l’Algérie d’aujourd’hui, les raisons qui ont conduit à cette « révolution populaire, inclusive et non violente », à la revendication en faveur d’une « deuxième indépendance », et à ses perspectives d’avenir.

L’Algérie ou les faux dilemmes, Jacques Berque (1956)

En cette période de confinement liée à l’épidémie de coronavirus, la rédaction de Politique étrangère vous offre de (re)lire des textes qui ont marqué l’histoire de la revue. Nous vous proposons aujourd’hui un article de Jacques Berque, intitulé « L’Algérie ou les faux dilemmes », publié dans le numéro d’hiver 1956 (n°6/1956).

La crise algérienne divise la France entre partisans de la violence ou de la négociation. On nous propose de combattre sans nous dire en vue de quoi, ou de traiter sans dire sur quoi. Sans doute, ces incertitudes traduisent-elles une juste émotion. Vous optez pour l’une ou pour l’autre attitude, selon qu’en vous prévaut l’horreur de l’attentat ou celle de la répression. Vous optez aussi entre deux raisons, mais ce ne sont que deux instincts : celui de préserver, sur cette terre algérienne, ce que nous y avons mis de notre être, ou celui d’approuver, dans l’adversaire du moment, l’élan vers cette liberté qui nous tient, en quelque sorte, par obligation de famille. De façon plus calculée, les uns pensent que la force, les autres que la concession sera plus propre à « sauver ce qui peut être sauvé ». Ces attitudes sont toutes deux légitimes. Je ne leur reproche pas d’être contradictoires, de se laisser dominer à l’excès par la tendance ou l’événement. Je ne veux les juger et, partant, décider entre elles que sur l’argument de leur adhérence au réel, donc de leur valeur constructive.

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