« Politique étrangère » à l’honneur sur les blogs

Le blog Les Clés du Moyen-Orient, qui décrypte l’actualité au Moyen-Orient depuis 2010, a publié le 22 août dernier un long compte rendu du dossier « Moyen-Orient, le nouveau « Grand Jeu » » publié dans le numéro d’été de Politique étrangère (n°2/2016).

Couv_platI_BATAnalysant chacun des six articles qui constituent ce dossier, l’auteur en fait une recension élogieuse et insiste sur son caractère fondamental et indispensable pour comprendre les enjeux de la crise moyen-orientale actuelle :

« Ce numéro d’été de Politique étrangère apparaît fondamental pour comprendre les enjeux dans lesquels se trouvent impliqués les principales forces en présence : l’Iran, l’Arabie saoudite, la Turquie, mais aussi, en tout état de cause, les États-Unis ou encore la France. Avec un riche panel d’analyses approfondissant la question d’un « nouveau ‘Grand jeu’ » qui se déploierait dans la région, cet ouvrage nous offre des clés indispensable pour mieux comprendre ce qui est survenu depuis : le coup d’État manqué en Turquie et la répression qui s’en est suivie, le siège d’Alep et les bombardements russes, les attentats perpétrés ou désamorcés au Liban, dans la région de la Békaa. »

Pour lire le compte rendu en intégralité, cliquez ici.

Pour lire intégralement l’un des articles du dossier, « La Russie a-t-elle une grande stratégie au Moyen-Orient ? » de Ekaterina Stepanova, cliquez ici.

 

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Atatürk

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (2/2016). Aurélien Denizeau propose une analyse de l’ouvrage de M. Sükrü Hanioglu, Atatürk (Paris, Fayard, 2016, 288 pages).

AtaturkPère fondateur de la république de Turquie, Mustafa Kemal Atatürk a inspiré d’innombrables biographes plus ou moins talentueux, et l’on est tenté au premier abord de se demander s’il était nécessaire de lui consacrer un nouvel ouvrage. Tout n’a-t-il pas déjà été dit sur l’homme, de sa jeunesse d’officier idéaliste à ses multiples réformes, en passant par son rôle crucial dans la bataille des Dardanelles ?

Or c’est bien des récits stéréotypés aux limites de l’hagiographie que Sükrü Hanioglu, professeur d’histoire ottomane à l’université de Princeton, s’éloigne résolument. Le mythe kémaliste, encore très vivace en Turquie, a tendance à présenter Atatürk comme un visionnaire isolé, en avance sur son époque et ses contemporains. À travers sa « biographie intellectuelle », l’auteur entend tout d’abord nuancer cette approche. Il montre que les idées d’Atatürk étaient au contraire partagées, certes pas par la majorité des Ottomans mais par une frange non négligeable de sa génération, avide de sciences et de modernité. La vision kémaliste n’est pas une exception sortie de quelque intuition géniale, mais plutôt le prolongement des idées nouvelles apparues dans l’Empire ottoman à la fin du XIXe siècle, idées que l’auteur présente en détail.

Suivant un plan vaguement chronologique, l’ouvrage s’intéresse largement aux penseurs ottomans et européens qui ont influencé le jeune Mustafa Kemal, et guidé ses actions ultérieures. Il éclaire en particulier l’éclectisme de ces sources, qui vont de l’obscur naturaliste allemand Ludwig Büchner à Ziya Gökalp, figure majeure du turquisme. Continuer la lecture

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Atlas du Moyen-Orient. Aux racines de la violence

Cette recension est issue de Politique étrangère (2/2016). Denis Bauchard propose une analyse de l’ouvrage de Pierre Blanc et Jean-Paul Chagnollaud, Atlas du Moyen-Orient. Aux racines de la violence (Paris, Autrement, 2016, 96 pages).

Atlas du MOCet ouvrage, court mais dense, répond à un besoin évident. Au moment où le Moyen-Orient est devenu « l’épicentre des violences », cet atlas propose une grille de lecture des « raisons du malheur », de même qu’il aborde de façon thématique tous les grands dossiers du moment. Les co-auteurs, tous deux universitaires, connaisseurs reconnus de cette région, nous aident à comprendre à travers cartes, graphiques et documents, la complexité d’un Moyen-Orient où les idées simples sont insuffisantes pour décrypter les turbulences actuelles.

Cet atlas rappelle tout d’abord, dans une partie historique, comment cette violence « s’est largement dessinée il y a un siècle avec la dislocation de l’Empire ottoman », dont la responsabilité revient essentiellement à la Grande-Bretagne et à la France. Sur la base des accords Sykes-Picot et de la déclaration Balfour, un nouvel ordre a été imposé, provoquant contestations et frustrations. Une deuxième partie évoque les « dérives idéologiques et politiques » qui affectent cette région, et qui contribuent à expliquer les violences actuelles. Dans une troisième partie sont décrites ses ressources, où l’abondance dans le domaine des hydrocarbures côtoie la pénurie dans d’autres, en particulier pour l’eau. La dernière partie sur « les figures de la guerre » dresse un tableau sans concession des champs de bataille actuels, latents ou ouverts, de même que du rôle des différents acteurs régionaux ou extérieurs. Continuer la lecture

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The China Boom: Why China Will Not Rule the World

Cette recension est issue de Politique étrangère (2/2016). John Seaman, chercheur au Centre Asie de l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage de Ho-fung Hung, The China Boom: Why China Will Not Rule the World (New York, Columbia University Press, 2016, 264 pages).

China BoomLa Chine a bien passé un cap depuis la crise financière mondiale de 2008, et notamment depuis l’arrivée du président Xi Jinping à la tête du pays en 2013. Pékin a abandonné une stratégie de profil bas et est entrée dans une phase d’activisme sur la scène internationale. Mais avec cette nouvelle approche, la Chine peut-elle – ou veut-elle – transformer de manière fondamentale l’ordre libéral international ?

Nombreux sont ceux qui prévoient un nouveau monde sous tutelle chinoise, comme Martin Jacques, qui annonce, dans son livre When China Rules the World (Allen Lane, 2009) la fin d’un monde occidentalisé et la restauration d’une ère chinoise. D’autres, comme Michael Pillsbury dans The Hundred-Year Marathon (Macmillan, 2015), affirme l’ambition du leadership chinois pour supplanter la puissance américaine. Mais dans The China Boom, Ho-fung Hung, associate professor de sociologie à l’université Johns Hopkins aux États-Unis et originaire de Hong Kong, défend de manière sérieuse l’argument que la Chine ne se montrera pas puissance révisionniste. En dépit de sa quête de suprématie, le pays s’est déjà intégré à l’ordre international néolibéral et ne fera, au final, que préserver le statu quo général. Continuer la lecture

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Surveillance After Snowden

Cette recension est issue de Politique étrangère (2/2016). Martin Untersinger, journaliste au Monde, propose une analyse de l’ouvrage de David Lyon, Surveillance After Snowden (Cambridge, Polity Press, 2015, 120 pages).

Surveillance after SnowdenVoici maintenant trois ans qu’Edward Snowden a commencé à transmettre à des journalistes des documents secrets issus de la National Security Agency (NSA), leur permettant de mettre au jour le tentaculaire appareil de surveillance mis en place par les États-Unis. Dans ce court livre, le sociologue David Lyon offre une perspective bienvenue sur l’avalanche des informations parues depuis 2013, et un utile panorama des nombreux travaux universitaires sur la surveillance menés aux quatre coins du monde.

Il dégage ici avec succès les caractéristiques principales de la surveillance technologique de masse contemporaine. Elle est d’abord automatique, puisque les moyens techniques font souvent l’économie de l’intervention humaine. Il s’agit davantage, écrit-il d’une « procédure de management routinière » que d’une « sombre conspiration étatique ». La surveillance électronique massive a également, rappelle-t-il, été justifiée par la lutte contre le terrorisme, si bien que les deux termes sont, dans le discours étatique, quasiment devenus synonymes. Lyon note logiquement le glissement des moyens techniques de la surveillance de cette lutte contre le terrorisme vers des secteurs plus traditionnels de la puissance publique, comme la lutte contre la criminalité. Favorisant de fait le rapprochement, dangereux, entre renseignement et law enforcement. Continuer la lecture

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Économie des matières premières

Cette recension est issue de Politique étrangère (2/2016). Aurélie Faure-Schyuer propose une analyse de l’ouvrage de Pierre-Noël Giraud et Timothée Ollivier, Économie des matières premières (Paris, La Découverte, 2015, 128 pages).

économie des matières premièresL’esprit des pionniers de la géologie, qui anima André Giraud et les fondateurs de l’économie des matières premières en France, inspire cet ouvrage. Après avoir rappelé la définition des « commodités » (commodities) et relaté les grandes étapes du développement des marchés de matières premières depuis la révolution industrielle, les auteurs retracent les fondements théoriques des sciences économiques appliquées au secteur des matières premières (principalement pétrole, cuivre, charbon et matières premières agricoles). Ils présentent les structures théoriques de formation de l’offre, comme celle de la demande, pour l’ensemble de ces matières puisées dans les ressources naturelles. Nombre d’éléments importants sont ici fournis, qui permettent de comprendre la sensibilité, ou l’élasticité, qui peut amener à des variations de l’offre ou de la demande, jusqu’à des « chocs » provoquant un effondrement ou une accélération haussière des prix (illustrés lors des chocs et contre-chocs pétroliers de 1973, 1987, 2007).

À travers la rareté des ressources, les contraintes techniques liées à la géologie, ou la possibilité de substitution future d’une matière première à une autre, se trouvent évoquées les inter­actions entre le monde de la géologie et celui du marché financier, principal apporteur de capitaux. Continuer la lecture

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Des hommes vraiment ordinaires? Les bourreaux génocidaires

Cette recension est issue de Politique étrangère (2/2016). Yaël Hirsch propose une analyse de l’ouvrage de Didier Epelbaum, Des hommes vraiment ordinaires ? Les bourreaux génocidaires (Paris, Stock, 2015, 304 pages).

Des hommes vraiment ordinairesJournaliste, ancien directeur de France 2 et ancien correspondant de la chaîne en Israël, Didier Epelbaum est également historien, docteur de l’EHESS et maître de conférences à Sciences Po. Spécialiste de la Solution finale (il a écrit sur l’adjoint d’Adolf Eichmann, Brunner, et sur les juifs polonais immigrés en France), avec son nouvel essai il élargit le champ de ses recherches et choisit pour terrain quatre génocides : arménien, juif, khmer et rwandais.

Il s’inscrit donc dans un champ polémique, à la suite des historiens Christopher Browning et Daniel Goldhagen. Il le fait avec humanité, connaissance et élégance. Sa question est celle de savoir si, réellement, les bourreaux sont des hommes ordinaires, et si les historiens ont pu prouver que, une fois soumis à des conditions politiques très particulières, tout un chacun peut se mettre à massacrer en masse des êtres humains. À cette question, l’historien répond par une thèse qu’il va démontrer méthodiquement : la nature humaine ne verse pas nécessairement vers un mal si « banal », et les bourreaux sont une minorité très spécifique. Forgeant le terme de « cidocratie » pour définir les régimes politiques où, à un moment donné, les bourreaux prennent le pouvoir, il avance l’idée que les meurtres de masse sont préparés par une lente idéologie et inspirés par un climat de peur. Si l’historien a du mal à déterminer quel pourcentage de la population se transforme en bourreaux (cela oscillerait entre 2 et 8 %), il avance que nombreux sont ceux qui se contentent de laisser faire et de piller, tandis qu’une autre minorité est constituée de sauveurs. Se concentrant sur les bourreaux, Epelbaum décrit leur action comme un mélange d’obéissance bureaucratique et de « capacités d’improvisation convaincue ». Il nous démontre alors que ces derniers sont recrutés par des idéologues selon des critères précis : « Des hommes qui adhèrent à l’idéologie, volontaires, jeunes, vigoureux et endurants, loyaux et obéissants, ne reculant pas devant la violence extrême.» Continuer la lecture

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