Géopolitique des religions

Cette recension multiple a été publiée dans le numéro d’automne 2026 de Politique étrangère (n° 3/2026). Joseph Maïla, professeur de géopolitique à l’ESSEC, propose une analyse croisée de cinq ouvrages qui interrogent la place de la question religieuse dans les relations internationales : Blandine Chelini-Pont, Roland Dubertrand et Valentine Zuber, Géopolitique des religions. Un nouveau rôle du religieux dans les relations internationales ? (Le Cavalier Bleu, 2025) ; Alain Dieckhoff (dir.), Radicalités religieuses. Au cœur d’une mutation mondiale (Albin Michel, 2025) ; Imad Khillo et Blandine Chelini-Pont (dir.), Géopolitique religieuse en Méditerranée. Dynamiques et enjeux (Hermann, 2025) ; Marc-Antoine Pérouse de Montclos, Nathalie Bernard-Maugiron et Aurélien Dasré (dir.), L’Afrique des religions. À l’épreuve des chiffres et des catégorisations (Maisonneuve et Larose/Hémisphères, 2026) ; Sébastien Fath, Le nouveau pouvoir évangélique (Grasset, 2026).

Jamais l’étude des religions et de leur impact sur les relations internationales n’aura connu un tel foisonnement d’ouvrages et d’analyses. Sans être ignorée en tant que telle, la religion demeurait en marge des approches théoriques classiques qui privilégiaient le réalisme des rapports de force politiques et économiques. Les religions ressortissaient à l’ordre des représentations symboliques valorisant du fait de leur mobilisation par certains États des objectifs de politique étrangère ou de coopération internationale. Plutôt que son retour, la prise en compte du facteur religieux s’est imposée. Elle pointe la montée en puissance dans les relations internationales d’autres référents normatifs, en lieu et place d’idéologies en cours durant la guerre froide désormais tombées en relative désuétude. Les lignes nouvelles de clivage puiseraient dans le registre religieux les fondements d’un ordre axiologique nouveau, où des « retours à l’authenticité » et des « défenses de la tradition », voire de « la civilisation », baliseraient l’émergence d’un espace international caractérisé par des marqueurs identitaires à forte coloration religieuse ou spirituelle.

[CITATION] La guerre au risque de nouvelles escalades

Découvrez le sommaire du nouveau numéro de Politique étrangère (n° 3/2026) ici.
Lisez l’article de Benoît Durieux, « La guerre au risque de nouvelles escalades », ici.

L’Euro en danger / Can Europe Survive?

Cette double recension a été publiée dans le numéro d’automne 2026 de Politique étrangère (n° 3/2026). Sylvie Goulard, ancienne sous-gouverneure de la Banque de France et ministre des Armées, propose une analyse croisée des ouvrages de Didier Cahen, L’Euro en danger (Odile Jacob, 2025, 368 pages) et de David Marsh, Can Europe Survive? The Story of a Continent in a Fractured World (Yale University Press, 2025, 528 pages).

Les livres de Didier Cahen et de David Marsh abordent, sous deux angles différents, la même question : comment les Européens ont-ils réagi à la fin du communisme et aux mutations de la mondialisation ? Comment faire face aux défis d’aujourd’hui ?

L’un insiste sur l’Union économique et monétaire (UEM), l’autre a une approche plus large, mais les contenus de ces deux ouvrages se recoupent. Ils sont denses au point qu’il est difficile d’en refléter la richesse dans une brève recension. David Marsh a conduit des dizaines d’entretiens avec des acteurs cruciaux de cette époque, ce qui donne à la lecture un ton très vivant. Didier Cahen fournit de nombreux chiffres sur les évolutions économiques. Dans les deux cas, le propos est clair, agréable à lire, étayé.

L’Intelligence artificielle change-t-elle la nature de la guerre ?

Le numéro d’automne de Politique étrangère (n° 3/2026) vient de paraître. La rédaction vous offre à lire l’un des articles du dossier : « L’Intelligence artificielle change-t-elle la nature de la guerre ? », écrit par Laure de Roucy-Rochegonde, directrice du Centre géopolitique des technologies de l’Ifri.

De Gaza à l’Ukraine en passant par l’Iran, les conflits actuels sont marqués par l’arrivée de l’Intelligence artificielle et des robots sur les champs de bataille. Les changements en cours sont si profonds que l’être humain risque de perdre rapidement la maîtrise de pans entiers de la conduite des opérations militaires. Si ces évolutions technologiques modifient le caractère de la guerre, un débat existe au sujet de leur impact sur la nature même du phénomène guerrier.

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