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La course à la suprématie monétaire

Cette recension a été publiée dans le numéro d’automne 2022 de Politique étrangère (n° 3/2022). Norbert Gaillard propose une analyse croisée des ouvrages de Michel Aglietta, Guo Bai et Camille Macaire, La course à la suprématie monétaire (Odile Jacob, 2022, 304 pages) et de Zongyuan Zoe Liu et Mihaela Papa, Can BRICS De-Dollarize the Global Financial System? (Cambridge University Press, 2022, 94 pages).

La contestation du dollar américain comme principale devise internationale agitait le monde académique et les milieux politiques et d’affaires avant même l’effondrement du système de Bretton Woods voici cinquante ans. Pourtant, depuis la grande crise de 2008, la dédollarisation est devenue un enjeu géopolitique majeur. Elle est précisément traitée par les ouvrages d’Aglietta et al. et de Liu et Papa. Les premiers étudient l’évolution du rapport de force financier et monétaire entre États-Unis et Chine, alors que les seconds mesurent la façon dont les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) se sont coalisés pour réduire l’influence du dollar.

Moral Hazard: A Financial, Legal and Economic Perspective

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été 2022 de Politique étrangère (n° 2/2022). Hugo Le Picard, chercheur au Centre Énergie de l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage dirigé par Juan Flores Zendejas, Norbert Gaillard et Rick J. Michalek, Moral Hazard: A Financial, Legal and Economic Perspective (Routledge, 2022, 230 pages).

Cet ouvrage collectif s’articule autour d’un concept économique essentiel : l’aléa moral, qui décrit une situation où une entité économique accroît sa prise de risque lorsqu’elle est partiellement ou complètement protégée de ses conséquences, par un dispositif d’assurance ou par un système de garantie explicite ou implicite.

Six Faces of Globalization

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été 2022 de Politique étrangère (n° 2/2022). Norbert Gaillard propose une analyse de l’ouvrage de Anthea Roberts et Nicolas Lamp, Six Faces of Globalization: Who Wins, Who Loses, and Why it Matters (Harvard University Press, 2021, 400 pages).

Anthea Roberts, professeure à l’Université nationale australienne, et Nicolas Lamp, professeur à la Queen’s University dans l’Ontario, analysent avec une remarquable intelligence les diverses formes de contestation de la globalisation observées ces dernières années.

La première moitié de l’ouvrage présente les six principales visions de la globalisation qui ont façonné aussi bien les débats politiques nationaux que les relations internationales. Le premier corpus intellectuel est celui de l’establishment (incarné par les institutions financières internationales, l’Union européenne et les penseurs néolibéraux), pour lequel la mondialisation est un système gagnant-gagnant. La deuxième vision est celle des populistes de gauche (comprenant entre autres Bernie Sanders et le parti espagnol Podemos), qui considèrent que la globalisation a accru les inégalités au sein des pays industrialisés.

Le commerce et la force

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps 2022 de Politique étrangère (n° 1/2022). Maxime Lefebvre propose une analyse de l’ouvrage de Maxence Brischoux, Le commerce et la force (Calmann-Levy, 2021, 272 pages).

C’est un essai riche, utile, brillant et stimulant que nous propose Maxence Brischoux, cadre dans une grande entreprise publique du secteur de l’armement et enseignant à l’université Paris-2 Panthéon-Assas.

Sa parution intervient à point nommé. La montée en puissance de la Chine, qualifiée de « rival systémique » par l’Union européenne en 2019 et de « défi systémique » par l’Organisation du traité de l’Atlantique nord en 2021, questionne en effet la théorie du « doux commerce » que l’on doit à Montesquieu, ainsi que la stratégie qui a consisté à faire entrer l’Empire du milieu dans l’Organisation mondiale du commerce et à parier sur son développement économique.

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