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Histoires diplomatiques : Leçons d’hier pour le monde d’aujourd’hui

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps 2023 de Politique étrangère (n° 2/2023). Vladimir Pol propose une analyse de l’ouvrage de Gérard Araud, Histoires diplomatiques : Leçons d’hier pour le monde d’aujourd’hui (Grasset, 2022, 320 pages).

Photographie d'arrière-plan par Anthony Choren (Unsplash) représentant le drapeau tricolore de la France. Au premier plan, couverture du luvre de Gérard Araud, liseret rouge et fond blanc.

À l’heure du retour de la guerre de haute intensité en Europe, le dernier livre de Gérard Araud entend tirer les leçons des grandes péripéties diplomatiques auxquelles la France a été mêlée depuis un peu plus de trois siècles. Ces exemples doivent permettre au pays de mieux guider sa politique extérieure présente et à venir.

Madame l’Ambassadeur. De Pékin à Moscou, une vie de diplomate

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps 2023 de Politique étrangère (n° 1/2023). Claude-France Arnould propose une analyse de l’ouvrage de Sylvie Bermann, Madame l’Ambassadeur. De Pékin à Moscou, une vie de diplomate (Tallandier, 2022, 352 pages).

Fond : photographie par HelloRF Zcool de drapeaux européens. Couverture du livre "Madame l'Ambassadeur. De Pékin à Moscou, une vie de diplomate" de Sylvie Bermann au premier plan.

Sylvie Bermann évoque les « sept vies d’un chat » qu’elle a vécues, moins pour nous parler d’elle que pour nous faire comprendre les pays où l’ont menée ses affectations comme diplomate. Le regard qu’elle partage avec nous sur son parcours, exceptionnel par la pertinence des éclairages qu’il croise, nous donne des clés essentielles pour appréhender le monde auquel nous faisons face aujourd’hui. Ses « transhumances », pour reprendre ses mots, lui ont donné à « voir le monde changer » en représentant la France auprès des pays « qui ont été les acteurs de ce basculement à des périodes charnières » : la Chine, passée de la Révolution culturelle aux réformes de Deng Xiaoping, désormais deuxième puissance mondiale sous Xi Jinping ; la Russie, de la Glasnost à celle de Vladimir Poutine ; New York, siège des Nations unies – à leur acmé après la fin de la guerre froide, moment du « grand rêve bleu » comme le drapeau onusien, bientôt décrédibilisées après les drames en Somalie, au Rwanda et dans les Balkans, avant d’être paralysées de nouveau aujourd’hui – mais aussi cœur de la superpuissance américaine, gendarme du monde, des années Clinton ; Bruxelles, où la politique étrangère de sécurité et de défense faisait ses premiers pas prometteurs ; Londres lors du « séisme » du Brexit. À cette expérience itinérante s’ajoute celle des responsabilités au ministère des Affaires étrangères à Paris : ce Quai d’Orsay qui a fait d’elle la première femme « ambassadeur de France », au sens statutaire de « dignité », ce qui, à l’issue d’un parcours comme le sien, n’était qu’une évidence.

Dans tous ses postes elle fut ce que doit être un diplomate : un professionnel de la négociation, telle celle des accords de Paris sur le Cambodge ; un décrypteur pour ses autorités ; l’incarnation de la France dans son pays de résidence. Elle démontre, mieux que n’importe quel argumentaire, en quoi la diplomatie est un métier, en même temps qu’une vocation. Toutes ses analyses sont nourries par l’observation, les échanges, l’étude et la réflexion, s’appuient sur l’histoire (et même, discrètement, sa propre histoire d’étudiante en Chine mais aussi de descendante d’une grand-mère russe), la culture et surtout l’empathie – distincte de la complaisance, que l’on nomme souvent le syndrome de Stockholm. Sa curiosité est insatiable et l’a menée, à rebours de l’« entre-soi » diplomatique, partout où elle pouvait aller, pour mieux sentir et comprendre, d’autant qu’elle parle la langue des pays où elle a exercé ses fonctions. Elle l’a fait avec bonheur, ce qui illumine son texte, sensible autant qu’intelligent et souvent poétique.

Sylvie Bermann ressent l’émotion, mais ose aussi, face aux tragédies et notamment l’agression de Vladimir Poutine en Ukraine, la rationalité. S’attacher à comprendre ce qui a mené au drame n’est pas excuser ou justifier. C’est chercher les clés pour agir aujourd’hui et demain. Un lendemain où l’on ne rayera pas la Russie de la carte, ni la Chine. Où l’on ne pourra pas s’appuyer sur un système des Nations unies inchangé, face au retour des grands rêves impériaux. Où l’Occident, qui a perdu attractivité et légitimité, ne peut plus prétendre incarner « la communauté internationale – ou pire, le monde civilisé ».

Son épilogue – « le retour de la guerre » – n’est certes pas optimiste, mais il rappelle le principe de réalité et la nécessité de « penser l’impensable, anticiper et planifier, mais aussi se préparer à voir arriver de nouveaux cygnes noirs ». L’auteur lui apporte une contribution précieuse.

Claude-France Arnould

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Sino-American climate diplomacy

This article is the English version of Kevin Tu,
« La diplomatie climatique sino-américaine », published in Politique étrangère, Vol. 87, Issue 1, 2022.

Fond : photographie par Studio Romantic (Shutterstock), drapeaux des USA et de la Chine, personnes se serrant la main à l'arrière-plan.
Couverture de Politique Étrangère 1/2022 au premier plan, logo bleu.

In the era of the Covid-19 pandemic, climate extremes dominate headlines around the world, now that human influence has warmed the climate at an unprecedented rate over the past two thousand years. As the world’s two largest carbon dioxide (CO2) emitters, China and the United States have a key role to play in any global climate solutions. However, the rapid deterioration in China-US relations in recent years has complicated their capacity to work together.

[CITATION] La Chine dans les Balkans occidentaux

Lisez l’article de Ana Krstinovska ici.

Retrouvez le sommaire du numéro 4/2022 de Politique étrangère ici.

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