Catégorie : Revue des livres Page 1 of 224

Les comptes rendus de lecture publiés dans PE

The Responsability to Defend

Cette recension a été publiée dans le numéro d’automne 2022 de Politique étrangère (n° 3/2022). Hans Stark, ancien Secrétaire général du Cerfa à l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage de Bastian Giegerich et Maximillian Terhalle, The Responsability to Defend: Rethinking Germany’s Strategic Culture (Routledge, 2021, 148 pages).

Dans son discours au Bundestag du 26 février 2022, le chancelier Scholz a annoncé une révolution copernicienne en matière de politique de défense et de sécurité en Allemagne. Cette décision n’est pas seulement due à l’invasion russe en Ukraine. Elle s’explique aussi par un besoin criant en matière de défense : l’Allemagne, en dépit des 50 milliards d’euros initialement consacrés à la défense dans son budget 2022 (avant l’invasion), n’est en mesure ni de se défendre, ni de contribuer substantiellement à la défense de l’Europe, que ce soit dans le cadre de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) ou dans celui de l’Union européenne.

La banque-providence & The Lords of Easy Money

Cette recension a été publiée dans le numéro d’automne 2022 de Politique étrangère (n° 3/2022). Stefano Ugolini propose une analyse croisée des ouvrages d’Éric Monnet, La banque-providence. Démocratiser les banques centrales et la monnaie (Seuil, 2021, 128 pages) et de Christopher Leonard, The Lords of Easy Money: How the Federal Reserve Broke the American Economy (Simon & Schuster, 2022, 384 pages).

La crise des subprimes, puis celle du Covid-19, ont profondément et durablement transformé la structure de nos systèmes financiers, ainsi que le rôle joué par les autorités monétaires. Il paraît désormais difficile de remettre en question l’idée, déjà avancée il y a plus de deux siècles par Adam Smith, que la banque centrale est un « grand moteur de l’État ». Dans le consensus d’avant 2008, la doctrine de l’indépendance des banquiers centraux s’était largement appuyée sur le postulat que la politique monétaire pourrait être menée de manière « neutre », c’est-à-dire sans générer des effets redistributifs entre différentes catégories de la population. Ce présupposé ayant été battu en brèche par les effets constatés des interventions massives mises en œuvre depuis lors, la question de la légitimité démocratique de l’action monétaire se pose donc naturellement. Elle est traitée, avec les mêmes interrogations mais de manière diamétralement opposée, par ces deux ouvrages destinés au grand public, récemment parus des deux côtés de l’Atlantique.

Des atomes, des souris et des hommes

Cette recension a été publiée dans le numéro d’automne 2022 de Politique étrangère (n° 3/2022). Denis Bauchard, ancien ambassadeur, propose une analyse de l’ouvrage de François Nicoullaud, Des atomes, des souris et des hommes. France-Iran : leurs relations nucléaires jusqu’à l’accord de Vienne (Hémisphères, 2022, 384 pages).

L’ambassadeur François Nicoullaud, à la fois acteur et témoin de la négociation nucléaire qui s’est étalée sur de nombreuses années, travaillait depuis quelque temps sur ce livre qui retrace plusieurs décennies de relations entre la France et l’Iran dans le domaine du nucléaire. Sa mort brutale ne lui a pas laissé le temps d’achever son ouvrage, finalisé par un petit groupe d’universitaires amis. Au cours de sa carrière, François Nicoullaud a été à plusieurs reprises au cœur de ce dossier sensible, tout d’abord à la sous-direction des affaires atomiques et spatiales (1978-1981), puis comme directeur de cabinet du ministre de la Défense (1991-1993), enfin comme ambassadeur en Iran de 2001 à 2005.

Les 15 jours qui ont fait basculer Kaboul

Cette recension a été publiée dans le numéro d’automne 2022 de Politique étrangère (n° 3/2022). Marc Hecker, rédacteur en chef de la revue, propose une analyse de l’ouvrage de David Martinon, Les 15 jours qui ont fait basculer Kaboul (L’Observatoire, 2022, 304 pages).

L’image de David Martinon reste attachée à Nicolas Sarkozy, dont il fut porte-parole à l’Élysée en 2007-2008, après avoir été son conseiller diplomatique place Beauvau. C’est dans le cadre de cette fonction auprès du ministre de l’Intérieur qu’il découvre Kaboul en 2002. Le gouvernement cherche alors à fermer le camp de Sangatte, où affluent des milliers de réfugiés, dont beaucoup d’Afghans.

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