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« Guerre d’Ukraine : un embarras pour Pékin » : 3 questions à Marc Julienne

Auteur de l’article « Guerre d’Ukraine : un embarras pour Pékin » paru dans le numéro d’automne 2022 de Politique étrangère (3/2022), Marc Julienne, chercheur au Centre Asie de l’Ifri, répond à trois questions en exclusivité pour politique-etrangere.com.

  • Au lendemain de la clôture du XXe Congrès du Parti communiste chinois, quelles sont les priorités de Pékin ?

La priorité de la nouvelle équipe dirigeante est de maintenir l’économie à flot. Pour ce faire, elle devra mettre fin aussi vite que possible à la politique Zéro-Covid qui interdit toute reprise viable. Malheureusement, cette politique devrait être maintenue encore pour de nombreux mois, dans la mesure où Pékin ne dispose toujours pas d’un vaccin suffisamment efficace pour protéger durablement sa population contre le virus, et refuse de se résoudre à importer des vaccins étrangers, ce qui constituerait pourtant la solution la plus rapide. Ainsi, en plus du ralentissement économique mondial, les perspectives de croissance du PIB chinois sont très faibles pour les années à venir, probablement pas plus de 3 %. La nouvelle équipe va ainsi devoir affronter des défis inédits en Chine depuis plus de 40 ans.

Rebuilding European Democracy

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps 2022 de Politique étrangère (n° 1/2022). Maxime Lefebvre propose une analyse de l’ouvrage de Richard Youngs, Rebuilding European Democracy: Resistance and Renewal in an Illiberal Age (Bloomsbury Publishing/I.B. Tauris, 2021, 256 pages).

La démocratie a connu un affaiblissement sérieux en Europe durant les années 2010, en particulier en Hongrie et en Pologne, mais aussi à Malte, en France, en Espagne et ailleurs. Le mérite de Richard Youngs est de montrer que ces attaques, largement dues au courant illibéral et populiste, mais aussi à d’autres facteurs comme l’indépendantisme catalan ou la pandémie de Covid-19, n’ont rien d’un basculement inéluctable vers les valeurs autoritaires et ont aussi généré des réactions contraires.

Shutdown: How Covid Shook the World’s Economy

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps 2022 de Politique étrangère (n° 1/2022). Philippe Moreau Defarges propose une analyse de l’ouvrage d’Adam Tooze, Shutdown: How Covid Shook the World’s Economy (Viking, 2021, 368 pages).

La crise du coronavirus peut être analysée « comme la première crise globale de l’Anthropocène – une ère définie par un choc en retour provoqué par notre relation déséquilibrée avec la nature ». Ainsi se refermerait le demi-siècle (1970-2020) de l’âge néolibéral avec sa ligne de partage claire entre le technique et le politique (indépendance des banques centrales des gouvernements, dogme néolibéral des années 1970…). Cette crise multiforme (polycrisis) illustre la contraction massive de l’espace et du temps et les innombrables interactions dues à la mondialisation. Shutdown (fermeture définitive) couvre la période allant de la déclaration où Xi Jinping reconnaît l’apparition de la pandémie (20 janvier 2020) à l’investiture de Joseph Biden (20 janvier 2021). L’ouvrage, sans doute prisonnier de son sujet et de sa chronologie, laisse le lecteur sur sa faim.

Mondialisation, (re)localisation, déglobalisation…

Cette recension est publiée dans le numéro de Politique étrangère (n° 1/2022). Norbert Gaillard propose une analyse croisée de quatre ouvrages : Cyrille P. Coutansais, La (re)localisation du monde (CNRS Éditions, 2021, 280 pages) ; Gilles Dufrénot et Anne Levasseur-Franceschi, Crises épidémiques et mondialisation. Des liaisons dangereuses ? (Odile Jacob, 2021, 288 pages) ; Bernard M. Hoekman et Ernesto Zedillo (dir.), Trade in the 21st Century: Back to the Past? (Brookings Institution Press, 2021, 560 pages) ; Xavier Ricard Lanata, Demain la planète. Quatre scénarios de déglobalisation (Presses universitaires de France, 2021, 208 pages).

La contestation croissante du multilatéralisme, l’aggravation du réchauffement climatique, la pandémie de Covid-19 et la forte récession qui a suivi en 2020, ont engendré une abondante littérature consacrée à l’avenir de la mondialisation. Cyrille P. Coutansais, directeur de recherches au Centre d’études stratégiques de la Marine, étudie le basculement vers un « monde relocalisé », mû par la révolution robotique et numérique, et l’essor des énergies renouvelables. Gilles Dufrénot, professeur d’économie à Aix-Marseille Université, et Anne Levasseur-Franceschi, enseignante en prépa Normale Sup, montrent que la mondialisation doit être repensée à l’aune de critères scientifiques et éthiques, en s’appuyant sur un rôle accru de l’État. Défendant une approche plus radicale, Xavier Ricard Lanata – ethnologue et philosophe qui nous a quittés en septembre 2021 – prône une « déglobalisation » qui s’apparenterait à un processus de décroissance coordonné entre grandes puissances. Enfin, dans leur ouvrage collectif, Bernard M. Hoekman, professeur à l’Institut universitaire européen, et Ernesto Zedillo, ancien président du Mexique et professeur à l’université de Yale, défendent le statu quo, considérant que les effets positifs du libre-échange sont trop négligés.

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