Catégorie : Articles en accès libre Page 1 of 30

Une sélection d’articles publiés en texte intégral, et en accès libre.

Vulnérabilités et risques de la zone euro

Suite au sondage réalisé sur ce blog, nous avons le plaisir de vous offrir en avant-première l’article du numéro d’hiver 2022 de Politique étrangère (n° 4/2022) – disponible en librairie dès demain – que vous avez choisi d'(é)lire : « Vulnérabilités et risques de la zone euro », écrit par Norbert Gaillard, économiste et consultant indépendant, spécialiste de la notation financière.

Les trois années qui viennent de s’écouler ont été marquées par des événements de portée mondiale que peu de gouvernants, chercheurs ou investisseurs avaient anticipés. Certains de ces événements sont des « chocs », comme la pandémie de Covid-19 et l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe. D’autres constituent des accélérations, ou au contraire des inflexions, de tendances structurelles ; citons par exemple l’intensification du changement climatique et le rebond de la pauvreté.

Les mutations en cours demeurent difficiles à appréhender et donnent lieu à des diagnostics et des recommandations divergents de la part des intellectuels et experts, ce n’est pas nouveau. En revanche, elles ont provoqué un dissensus profond et inédit au sein de la communauté des conjoncturistes. […]

Guerre d’Ukraine : un modèle coréen ?

La rédaction a le plaisir de vous offrir à lire ce second article du numéro d’automne 2022 de Politique étrangère (n° 3/2022)« Guerre d’Ukraine : un modèle coréen ? », écrit par Pierre Grosser, historien et spécialiste des relations internationales.

La guerre en Ukraine renforce les pratiques du pouvoir russe l’instrumentalisation et de manipulation de l’histoire, notamment de la Grande Guerre patriotique, devenue une source majeure de légitimation. À l’Ouest, l’agression russe ravive des analogies historiques déjà surutilisées. Ceux qui appellent à des discussions avec Moscou et à un règlement rapide évoquent le risque d’une escalade tragique, comme en 1914 à cause de dirigeants « somnambules ». Tandis que ceux qui s’alarment d’un retour à un monde de puissances autoritaires expansionnistes insistent sur la nécessité de contrer l’agresseur aux intentions génocidaires, assimilé à Hitler, ce qui n’avait pas été fait dans les années 1930, de ne pas lui faire de concessions dans des négociations (de type « Munich ») et d’obtenir la chute de son régime. La guerre de Corée (1950-1953) peut aussi nourrir des analogies, à la fois dans son déroulement et dans ses conséquences. Ses enjeux étaient alors eurasiatiques : on craignait que l’URSS n’en profite pour attaquer en Europe. La guerre en Ukraine l’est également : elle a immédiatement fait craindre une offensive chinoise dans son voisinage, en particulier sur Taïwan.

La politique de défense de l’Allemagne : un tournant historique ?

Suite au sondage réalisé sur ce blog cette semaine, nous avons le plaisir de vous offrir en avant-première l’article du numéro d’automne 2022 de Politique étrangère (n° 3/2022) – disponible en librairie le 5 septembre – que vous avez choisi d'(é)lire : « La politique de défense de l’Allemagne : un tournant historique ? », écrit par Hans Stark, professeur de civilisation allemande contemporaine à Sorbonne Université et conseiller pour les relations franco-allemandes à l’Ifri.

Face à l’invasion de l’Ukraine, l’Allemagne a amorcé une mue spectaculaire,
abandonnant sa « culture de la retenue » pour décider d’augmenter substantiellement ses dépenses de défense. Berlin a même renoncé à ses principes en matière d’exportation d’armements dans des pays en guerre, annonçant l’envoi de milliers d’armes antichars et antiaériennes à Kiev, puis de chars et de lance-roquettes multiples.

Ce tournant – les Allemands parlent de Zeitenwende – marque la double fin d’une illusion (prolonger l’Ostpolitik sur fond de partenariat énergétique avec Moscou) et d’un jeu de rôle (se réconcilier avec l’histoire et les Européens comme puissance résolument « civile »). Fondé sur le refus de considérer la force comme un des piliers de toute politique étrangère, le concept de « puissance civile » a fini par miner la force militaire allemande et la contribution de Berlin à l’effort de défense occidental, affaiblissant donc fortement la capacité des Européens à se défendre sans le concours des États-Unis. La réduction des dépenses de défense allemandes avait été drastique : d’environ 60 milliards de dollars en 1990 à près de 45 milliards de dollars en 2010, soit 1,2 % du produit intérieur brut (PIB).

Guerre en Ukraine : Schumpeter au pays des Soviets ?

La rédaction a le plaisir de vous offrir à lire ce second article du numéro d’été 2022 de Politique étrangère (n° 2/2022), « Guerre en Ukraine : Schumpeter au pays des Soviets », écrit par Michel Goya, ancien colonel de l’armée de Terre et historien militaire.

Dans leur forme, les opérations militaires en Ukraine ouvertes le 24 février 2022 relèvent de l’« industriel tardif ». Les armées sont proches, dans leur organisation et leurs méthodes, de l’optimum de la fin de la Seconde Guerre mondiale – avec un volume des forces plus faible et quelques nouveautés qui n’annoncent pas forcément de révolution. En maîtrisant moins que prévu l’art industriel de la guerre, les forces russes n’ont pas réussi à utiliser à fond leur potentiel, contrairement à celles de l’Ukraine qui sont aidées par une puissante coalition de soutien.

Après une phase dynamique, où les Russes ont bénéficié de l’avantage initial de la puissance et de la surprise, les opérations se sont donc stabilisées sur un front rigide, à la manière des combats en Belgique et en France en 1914. Comme à l’époque, les moyens employés ont rapidement connu des rendements opérationnels décroissants, ce qui est la définition d’une crise schumpetérienne. Pour sortir de cette impasse, il n’est pas d’autre solution que de rompre l’équilibre des forces par l’engagement massif de ressources nouvelles, et surtout par l’innovation.

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