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Blutige Enthaltug

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps 2022 de Politique étrangère (n° 1/2022). Hans Stark propose une analyse de l’ouvrage de Sönke Neitzel et Bastian Matteo Scianna, Blutige Enthaltng: Deutschlands Rolle im Syrienkrieg (Herder Verlag, 2021, 160 pages).

Presque aucun ouvrage jusqu’en 2021 sur la politique de l’Allemagne fédérale face à la guerre syrienne : vide comblé par Blutige Enthaltung, titre qu’on pourrait traduire par « Abstention sanguinaire ». Les deux chercheurs de l’Institut historique de l’université de Potsdam prennent l’exemple du conflit sur la période 2011-2021, examinent l’attitude de Berlin dans les crises du Moyen-Orient, montrant de manière précise et convaincante comment l’Allemagne, première puissance économique de l’Union européenne, refuse systématiquement de répondre aux attentes de ses alliés et décline toute responsabilité politique dans la gestion internationale de ces crises. Les auteurs attribuent ce refus à l’absence totale de culture stratégique dans le domaine militaire.

L’Ukraine : de l’indépendance à la guerre

Compte tenu de l’actualité, nous vous offrons à lire en avant-première cette recension, par Anne de Tinguy, de l’ouvrage d‘Alexandra Goujon, L’Ukraine : de l’indépendance à la guerre (Le Cavalier bleu, 2021, 176 pages). Cette recension sera publiée dans le numéro de printemps 2022 de Politique étrangère (n° 1/2022) qui paraîtra le 8 mars prochain.

Alexandra Goujon consacre son dernier ouvrage aux nombreuses « idées reçues » qui circulent sur l’Ukraine. L’ouvrage met en évidence l’instrumentalisation politique de « narratifs » répandus pour la plupart par la Russie, puis repris par des médias et des responsables politiques occidentaux.

L’histoire de l’Ukraine est la première concernée. Elle s’inscrit traditionnellement dans une historiographie développée en Russie et largement relayée en Occident, qui a eu pour effet de « discréditer la spécificité de l’identité ukrainienne » et d’imposer l’idée que ce pays
est une simple variante régionale de la nation russe. S’appuyant sur des historiens qui font autorité (dont Andreas Kappeler), Alexandra Goujon montre ainsi que l’expression « Kiev, mère des villes russes », utilisée en Russie pour établir une continuité historique entre la Rous de Kiev (IXe siècle), la principauté de Moscou (XIIe siècle) et l’État russe contemporain, « s’apparente à un abus de langage, l’homophonie entre Rous et Russe (participant) à la confusion ». Déclarer que « l’Ukraine n’existe pas en tant qu’État avant 1991 » – elle « n’est même pas un État », aurait affirmé Vladimir Poutine à George Bush en 2008 – est tout aussi tendancieux.

I, Warbot

Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver 2021-2022 de Politique étrangère (n° 4/2021). Laure de Rochegonde, chercheuse au Centre des études de sécurité de l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage de Kenneth Payne, I, Warbot: The Dawn of Artificially Intelligence Conflict (Hurst, 2021, 336 pages).

« Le génie est sorti de la lampe » et il n’est pas possible de l’y renvoyer. Tel est le constat de Kenneth Payne, professeur de relations internationales au King’s College de Londres, à propos de l’arrivée de l’Intelligence artificielle (IA) et des robots sur le champ de bataille.

Reprenant à son compte le titre du célèbre roman I, Robot d’Isaac Asimov (1950), l’auteur propose un panorama des enjeux, opportunités et risques associés au recours aux systèmes intelligents sur les théâtres d’opérations, qu’il replace dans le contexte plus large de l’histoire des capacités et concepts militaires.

Mars Adapting: Military Change during War

Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver 2021-2022 de Politique étrangère (n° 4/2021). Rémy Hémez propose une analyse de l’ouvrage de Frank G. Hoffman, Mars Adapting: Military Change during War (Naval Institute Press, 2021, 368 pages).

« L’histoire suggère avec force que plusieurs organisations militaires ont fait mieux que d’autres pour changer, alors que diverses ont échoué. Il serait utile que nous comprenions pourquoi certaines sont meilleures et comment elles surpassent la concurrence. » Voilà l’objectif du dernier ouvrage de Frank G. Hoffman, officier des Marines à la retraite et chercheur à la National Defense University de Washington. L’auteur propose une théorie de l’apprentissage organisationnel, largement développée en introduction et en conclusion, qui s’appuie sur quatre capacités : le leadership, la culture organisationnelle, les mécanismes d’apprentissage et ceux de dissémination.

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