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Visions of Empire

Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver de Politique étrangère (n° 4/2017). Jérôme Marchand propose une analyse de l’ouvrage de Krishan Kumar, Visions of Empire: How Five Imperial Regimes Shaped the World (Princeton University Press, 2017, 600 pages).

Visions of Empire est d’abord un défi d’écriture, embrassant une aire immense : empire ottoman, règne des Habsbourg, Russie des Romanov et URSS, régimes coloniaux de la Grande-Bretagne et de la France, sans oublier l’imperium romain… Krishan Kumar défend la thèse selon laquelle ces constructions politiques ultra-complexes, constituées d’une mosaïque de populations assujetties, et organisées en réseaux enchevêtrés, sont porteuses d’enseignements utiles pour les gouvernants appelés à gérer les bouleversements du XXIe siècle. Il s’est pour cela concentré sur les élaborations idéologiques des élites définissant les bases morales de leur domination, pour s’assurer le consentement des périphéries et l’acquiescement des rivaux. En complément, l’auteur s’applique à déterminer comment ces représentations ont influencé l’image idéale de soi des groupements dirigeants et modelé leur style de leadership.

Quand le digital défie l’État de droit

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n°2/2017). Julien Nocetti, chercheur au Centre Russie/NEI de l’Ifri et spécialiste des questions numériques, propose une analyse de l’ouvrage d’Olivier Iteanu, Quand le digital défie l’État de droit (Eyrolles, 2016, 192 pages).

Digital vs. État de droit

Olivier Iteanu dresse le constat sévère d’une capitulation de l’Union européenne devant les grands acteurs américains du numérique. Sujet comme constat ne sont d’apparence guère inédits : ces dernières années, nombreux sont les auteurs et les praticiens français du numérique à avoir consacré des ouvrages aux dérives, pour l’Europe et la France, de la maîtrise sans partage du numérique par les États-Unis et de ses abus. Les travaux de Pierre Bellanger sur la « souveraineté numérique », de Tristan Nitot sur la surveillance généralisée, d’Éric Sadin sur l’omnipotence des géants du Net, ainsi que plusieurs rapports parlementaires, ont fait éclore une prise de conscience du caractère stratégique de l’économie numérique.

Pour tout résoudre, cliquez ici

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (1/2015). Camille Vaziaga propose une analyse de l’ouvrage de Evgeny Morozov, Pour tout résoudre, cliquez ici. L’aberration du solutionnisme technologique (FYP Éditions, 2014, 250 pages).

Egevny Morozov, chercheur et essayiste biélorusse, développe ici un nouveau concept : le « solutionnisme » numérique. Ce néologisme décrit la volonté des entreprises de la Silicon Valley de s’introduire dans tous les aspects de la vie des citoyens et des sociétés, prétendant résoudre les problèmes rencontrés aussi bien dans le domaine de la santé que dans celui de l’éducation ou de la criminalité. L’auteur met en garde contre les risques de désengagement de l’État, de fin d’une gestion collective de la société et du rejet de l’humain dans son caractère imprévisible et imparfait.

Brazil: Reversal of Fortune

BrazilCette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (3/2014). Norbert Gaillard propose une analyse de l’ouvrage de Alfred P. Montero, Brazil: Reversal of Fortune (Polity, 2014, 288 pages).

Alfred Montero dresse un portrait optimiste de l’évolution économique et politique du Brésil depuis le retour de la démocratie en 1985. Le découpage thématique de l’ouvrage permet de mieux appréhender les défis que la première économie latino-américaine a commencé à relever.

Son premier axe porte sur l’évolution de la gouvernance. Sont soulignés l’enracinement progressif de la démocratie et la convergence idéologique gauche-droite. Cette dernière serait liée à l’accroissement, dans les années 1990, du nombre de maires issus du Parti des travailleurs. Confrontés aux réalités économiques et politiques, ceux-ci se sont partiellement recentrés, au point que leur porte-drapeau « Lula » – Luiz Inácio Lula da Silva –, annonçait en pleine campagne présidentielle de 2002 sa volonté de s’inscrire dans la continuité du président Cardoso. Montero pointe pourtant les faiblesses politiques et institutionnelles de la démocratie brésilienne (clientélisme, corruption, violence, préjugés raciaux) et en explique les causes : manque de moyens du système judiciaire, pouvoir limité des commissions parlementaires, faible adhésion des citoyens aux valeurs politiques ou aux idéologies, relative indifférence aux problèmes de corruption et défiance à l’égard des institutions.

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