La crise dans tous ses états

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (1/2012). Marc Crapez, chercheur en science politique associé à Sophiapol (Paris 10), propose une analyse de l’ouvrage de Yann Échinard et Fabien Labondance (dir.), La Crise dans tous ses états (Presses universitaires de Grenoble, 2011, 174 pages).

Cet ouvrage fournit d’utiles repères. La crise des caisses d’épargne américaines aurait pu être évitée si les autorités l’avaient anticipée, en fermant rapidement les institutions insolvables. Comme pour la crise des banques japonaises, une lenteur dans la révélation de la sous-capitalisation a renforcé l’aléa moral. D’abord parce qu’une institution au bord de la faillite est incitée à prendre des risques. Ensuite parce que des pertes latentes non révélées érodent la confiance accordée au secteur financier, en empêchant une distinction entre institutions saines et contaminées.
La crise asiatique de 1997 a permis, lentement mais sûrement, aux membres de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) élargie à ses voisins du Nord, Chine, Japon et Corée du Sud, de jeter les bases d’un régime monétaire et financier régional stable. Furent institués des réunions régulières des ministres des Finances, un renforcement des échanges d’informations et de la surveillance, sans oublier une amélioration de l’offre de ressources étendant les accords de swaps. À noter aussi une initiative visant à rendre les marchés obligataires des membres plus efficaces et plus liquides, en favorisant la capitalisation des marchés obligataires en monnaies locales, l’accès aux données étant facilité par le site Asian- BondsOnline.
Dans la crise grecque, la Banque centrale européenne (BCE) a su s’affranchir des traités européens en achetant directement des emprunts d’État. Les responsables gouvernementaux ont créé un fonds d’assistance financier. Mais l’union monétaire souffre d’un problème de crédibilité, qui résulte en partie de stratégies non coopératives, liées à l’absence de coût du non-respect du Pacte de stabilité et de croissance (PSC). Une union budgétaire pourrait y remédier.
Elle serait assortie d’une agence fiscale européenne, qui rendrait publics les écarts à la cible, afin d’améliorer l’application des règles ou les réajustements. ECOFIN réaliserait des statistiques fiables des finances publiques. Cette transparence permettrait la surveillance des finances publiques par les marchés financiers.

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