Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver 2022 de Politique étrangère (n° 4/2022). Stefano Ugolini propose une analyse de l’ouvrage de Ben S. Bernanke, 21st Century Monetary Policy: The Federal Reserve from the Great Inflation to Covid-19 (Norton, 2022, 512 pages).
Contrairement à ce qu’il avait fait dans ses mémoires (The Courage to Act, Norton, 2015), le Prix Nobel d’économie 2022 Ben Bernanke, président de la Federal Reserve (Fed), se présente ici avec sa casquette de chercheur : le but de l’ouvrage, accessible au grand public mais conforme aux standards d’une publication académique, est de dresser une histoire de long terme de la politique monétaire aux États-Unis. L’auteur étant néanmoins l’un des principaux protagonistes de l’histoire qu’il raconte, les limites entre le Bernanke « sujet » et le Bernanke « objet » de la narration restent inévitablement floues.
Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver 2022 de Politique étrangère (n° 4/2022). Amélie Férey, chercheuse au Centre des études de sécurité à l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage de Jacques Bendelac, Les années Netanyahou. Le grand virage d’Israël (L’Harmattan, 2022, 304 pages).
Face à l’énigme de la longévité politique exceptionnelle de Benjamin Netanyahou – en partie liée à l’absence de limitation du mandat exécutif –, que vient de confirmer le résultat des dernières élections législatives d’Israël, ce livre vient à point nommé. Jacques Bendelac livre une analyse détaillée de la pensée politique de Natanyahou : un libéralisme économique débridé ; l’accent sur la religion – 14 % des heures de cours des jeunes israéliens sont ainsi consacrées à l’enseignement religieux – ; une méfiance institutionnalisée envers les minorités non juives – l’adoption de la loi « Israël comme État nation du peuple juif » en 2018 introduit par exemple une distinction entre citoyenneté et nationalité, réservée aux citoyens juifs – ; et une position forte sur la défense. L’auteur décrit également quelques piliers du « bibisme » : outre la volonté de s’assurer du soutien indéfectible des États-Unis, sa pratique du pouvoir s’appuie sur sa proximité avec des milliardaires, pour laquelle il est mis en cause aujourd’hui, et un soutien opportunément médiatisé de la part de sa famille : le « clan Netanyahou ».
Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver 2022 de Politique étrangère (n° 4/2022). Dominique David, co-rédacteur en chef de notre revue, propose une analyse de l’ouvrage de Maurice Gourdault-Montagne, Les autres ne pensent pas comme nous (Bouquins, 2022, 396 pages).
On voyage beaucoup avec Maurice Gourdault-Montagne : dans le temps – la carrière fut étendue –, dans l’espace – au fil des postes et des missions –, dans l’État – des premiers engagements après le concours d’Orient jusqu’aux sommets de la décision.
C’est la force et l’intérêt de ces « mémoires » que de n’en être pas : mais plutôt une succession de réflexions et de témoignages illustrant le « métier de diplomate ».
Cette recension croisée constitue la note de tête du numéro d’hiver 2022 de Politique étrangère (n° 4/2022). Hugo Le Picard, chercheur associé au Centre Énergie & Climat de l’Ifri, propose une analyse croisée des ouvrages de Edward Barbier, Economics for a Fragile Planet: Rethinking Markets, Institutions and Governance (Cambridge University Press, 2022, 250 pages), Peter N. Nemetz, Unsustainable World: Are We Losing the Battle to Save our Planet? (Routledge, 2022, 418 pages) et Kari De Pryck, GIEC, la voix du climat (Presses de Sciences Po, 2022, 326 pages).
L’apparition de la pandémie de Covid-19 a eu un impact profond sur les émissions mondiales de gaz à effet de serre, provoquant une baisse temporaire due au ralentissement de l’activité économique. Puis, à mesure que la virulence et la contagiosité du virus ont ralenti, l’activité économique internationale a repris, entraînant une ré-augmentation des émissions. À la fin de la pandémie, il semblait que le monde se dirigeait vers une transition énergétique accélérée : les pays représentant une importante part des émissions mondiales s’étaient engagés à une réduction plus rapide de leurs émissions de CO2 à l’occasion de la conférence de Glasgow.
Le déclenchement de la guerre en Ukraine est cependant venu rappeler la forte dépendance de nos sociétés et de nos économies vis-à-vis des hydrocarbures. En restreignant l’approvisionnement en gaz du marché européen, les Russes ont créé un déficit d’approvisionnement sur un marché régional qui a eu des conséquences mondiales sur le prix du gaz et, par extension, sur les prix du baril. Les importants bouleversements des marchés mondiaux de l’énergie causés par l’invasion russe se sont dès lors mis en travers des politiques de lutte contre le réchauffement climatique.
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