Going South: Why Britain will have a Third World Economy by 2014

Cette recension est issue de Politique étrangère 1/2013. Yann Decorzant propose une analyse de l’ouvrage de Dan Atkinson et Larry Elliot, Going South: Why Britain will have a Third World Economy by 2014 (Basingstoke, Palgrave Macmillan, 2012, 400 pages).

00-Atkinson-ElliotDans cet ouvrage, deux journalistes économiques britanniques se penchent sur le déclin économique progressif de la Grande-Bretagne depuis le début du xxe siècle. Débutant leur analyse en 1914, les deux auteurs cherchent à démontrer que non seulement la Grande-Bretagne a perdu graduellement son rôle de leader économique et financier mondial, mais qu’en plus elle a commencé à suivre un processus de « dé-développement ». En conséquence, Larry Elliott et Dan Atkinson proposent de repenser la situation britannique à l’horizon 2014 non plus comme celle d’une économie développée, mais en développement.
Après un survol des problèmes actuels, le premier chapitre revient sur la position économique de la Grande-Bretagne en 1914, en effectuant quelques incursions à la fin du xixe siècle. Le deuxième chapitre compare cette position avec la situation telle qu’elle pourrait être en 2014, insistant sur la très nette différence entre les deux. Durant la seconde période, loin d’être le pays leader de l’économie mondiale, la Grande-Bretagne pourrait connaître une dépression des plus sévères, face à laquelle ni son centre financier, ni ses industries, ni ses champs de pétrole en mer de Nord n’apporteraient de solution. Le pays ne pourrait que s’endetter pour essayer de s’en sortir, empirant la situation.
À partir de cette hypothèse, L. Elliott et D. Atkinson proposent une relecture de l’histoire des politiques économiques britanniques du xxe siècle afin de comprendre cette transition. Ils dressent un panorama des différentes initiatives prises par les gouvernements successifs, du rôle de la City, de l’état de la balance des paiements, de l’éducation et de la recherche, de l’industrie, du marché de l’emploi, des inégalités sociales ou encore des politiques fiscales. Leur constat est sans appel : l’état de l’économie britannique est mauvais, les orientations prises par les différents gouvernements ont pour la plupart été incohérentes et mal appliquées et la Grande-Bretagne va au-devant de graves problèmes structurels.
En réaction, les auteurs définissent schématiquement deux modèles de développement économique opposés : l’un redistributif, avec un État interventionniste, et l’autre libéral où l’État se limite à sa plus simple expression. Ce faisant, ils veulent démontrer que, depuis la seconde moitié du xxe siècle, la politique économique britannique a constamment oscillé entre une option ou l’autre et qu’il est temps de faire un choix, quitte à emprunter des éléments à l’un et l’autre de ces archétypes.
Que l’on adhère ou non à la vision pessimiste des auteurs et à certains raccourcis, ce livre s’avère riche en informations et en analyses de la sphère économique britannique du xxe siècle. En outre, les fréquents allers-retours entre passé et présent qui caractérisent sa structure surprendront peut-être au premier abord, mais rendent en définitive la lecture vivante. L. Elliott et D. Atkinson arrivent à construire un tableau de l’économie britannique qui questionne le lecteur tant sur leur cas d’étude que, plus largement, sur l’évolution des économies nationales en relation avec les choix des politiques qui y sont liées.

Yann Decorzant

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