Faut-il avoir peur des GAFA chinois ?

Le 28 novembre dernier, Hervé Gardette, chroniqueur de l’émission « Du grain à moudre » sur France Culture, a interviewé Julien Nocetti, auteur de l’article
« Géopolitique de la cyber-conflictualité » et directeur du dossier « Cybersécurité : extension du domaine de la lutte », tous deux publiés dans le numéro d’été de Politique étrangère (n° 2/2018).

Méconnus en France, les géants du web chinois, Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomu (les « BATX ») inquiètent. Comment appréhender l’arrivée de tels mastodontes numériques en Europe ? Leurs pratiques sont-elles plus problématiques que celles de Google, Apple, Facebook et Amazon (les « GAFA ») ?

Découvrez ici son interview.

Qui a dit que l’humour n’avait pas de frontières ? Dolce & Gabbana vient de faire l’expérience du contraire. Pour promouvoir un défilé en Chine, la marque de luxe italienne avait diffusé une vidéo « humoristique » montrant une jeune chinoise tentant de manger une pizza avec des baguettes. La blague a été d’autant moins appréciée qu’un des membres du duo de créateurs aurait eu des propos méprisants à l’égard de la Chine.

Résultat : plusieurs dizaines de millions de commentaires hostiles sur les réseaux sociaux chinois, et un défilé annulé. Cette histoire n’est pas une simple anecdote. Elle révèle la puissance des réseaux sociaux chinois, capables de générer une mobilisation monstre en quelques heures. Puissance dont nous n’avons sans doute pas encore pleinement conscience aujourd’hui, dans la mesure où ces entreprises du numérique exercent, pour l’instant, essentiellement sur leur marché national.

Les Baidu, Tencent, Alibaba et autres Xiaomi restent encore peu connus en dehors de leur pays d’origine. Mais que se passera-t-il quand les géants chinois de l’internet s’éveilleront ? Leur proximité (c’est un euphémisme) avec le pouvoir politique a de quoi inquiéter, du point de vue des libertés publiques. Car derrière leur puissance économique, c’est un modèle politique qui est véhiculé par ces entreprises.

Extrait de l’émission :

« Dans le projet des « routes de la soie », vous avez un volet numérique tout à fait substantiel. Je crois que c’est quelque chose comme 1000 milliards de dollars de projets annoncés en la matière qui sont censés exporter le modèle économique et politique de Pékin. En matière numérique, c’est tout à fait fondamentale car l’objectif est est de contrôler, à terme, les infrastructures et par extension les données. » (Julien Nocetti)

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