Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (1/2015). Jérôme Marchand propose une analyse de l’ouvrage de Michael J. Boyle, Violence After War: Explaining Instability in Post-Conflict States (Johns Hopkins University Press, 2014, 434 pages).
Michael J. Boyle s’est intéressé aux poussées de violence auxquelles font face certains États à peine sortis d’une expérience de lutte armée, menée sur tout ou partie de leur territoire, et ponctuée par la signature d’accords de paix formalisés. Avec deux questions en tête : quels facteurs déterminent la constitution de défis articulés visant à redéfinir les équilibres de forces et les affectations de ressources ? Que reflètent les variations d’intensité de la violence stratégique dans ces États post-conflit ?
La partie la plus stimulante de l’ouvrage est celle qui détaille le modèle explicatif mis au point par l’auteur. Celui-ci y distingue deux modalités de résurgence de la violence stratégique.
Le livre d’Aurélie Daher, issu d’une thèse de doctorat en science politique, est le fruit de plusieurs années d’immersion durant lesquelles elle a mené des centaines d’entretiens auprès de hauts responsables, de militants et de sympathisants du Hezbollah. L’auteur entend apporter ici des réponses aux « interrogations quant à l’avenir du Hezbollah » à travers une étude « de la mobilisation du parti dans son pays d’origine ». Cette dernière repose, selon elle, sur trois catégories : militaire, politique et sociale. On la rejoindra aisément quand elle écrit que le parti a choisi « à partir de 2006 de refermer ses portes à l’observation […] rendant l’accès à son appréhension peu aisé ».
Ancien diplomate culturel à Séoul, Pascal Dayez-Burgeon s’est imposé, avec ses trois précédents ouvrages, Les Coréens (Tallandier, 2011), Histoire de la Corée (Tallandier, 2012) et De Séoul à Pyongyang. Idées reçues sur les deux Corées (Le Cavalier bleu, 2013), comme un des principaux passeurs de la Corée en France. Avec La Dynastie rouge, il nous offre la première biographie croisée des trois Kim qui ont dirigé la Corée du Nord depuis 1945.
En 1954, Henry Kissinger, alors doctorant à Harvard, soutenait une thèse consacrée à la diplomatie européenne entre 1812 et 1822. Soixante ans plus tard, la publication de son dernier ouvrage souligne avec force la cohérence de la pensée de celui qui, entre-temps, est devenu le conseiller à la sécurité nationale (1968-1973) puis le secrétaire d’État (1973-1977) le plus influent que les États-Unis aient connu. Il est en effet frappant de constater à quel point les spécificités de l’ordre international apparu en Europe entre le XVIIe et le XIXe siècles continuent de constituer le cadre conceptuel à l’aune duquel Kissinger analyse les évolutions du monde contemporain.
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.