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La géographie, reine des batailles

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n° 2/2020).
Rémy Hémez propose une analyse de l’ouvrage de Philippe Boulanger
, La Géographie, reine des batailles (Ministère des Armées/Perrin, 2020, 368 pages).

« Le terrain commande » : l’expression bien connue des soldats met parfaitement en lumière le rôle clé de la topographie dans la manœuvre. Pour autant, l’apport de l’essai de Philippe Boulanger, professeur de géographie à la Sorbonne, dépasse la question du terrain. Comme le rappelle l’auteur, « nulle opération ne peut être envisagée sans compréhension du milieu physique et de la population au préalable ».

L’Asie du Sud-Est. Émergence d’une région, mutation des territoires

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°1/2020). Sophie Boisseau du Rocher propose une analyse de l’ouvrage dirigé par Nathalie Fau et Manuelle Franck, L’Asie du Sud-Est. Émergence d’une région, mutation des territoires (Armand Colin, 2019, 448 pages).

Cet ouvrage collectif est destiné aux étudiants passant le CAPES d’histoire-géographie : il ne sort pas de cette épure, restant un ouvrage universitaire. Il ne faut donc pas attendre des auteurs qu’ils présentent des thèses audacieuses ou des analyses prospectives innovantes. Le ton est donné dès le départ avec une introduction qui reprend les différents ouvrages dédiés à la région en France pour la présenter à grands traits. On peut regretter que ce parti pris ne mette pas assez en valeur la spécificité et l’intérêt de cette région interface, mais il s’explique par la nécessité de faire vite tout en frappant juste et efficace pour les candidats.

Les « invariants » de la politique étrangère de la France, Jean-Baptiste Duroselle (1986)

En cette période de confinement liée à l’épidémie de coronavirus, la rédaction de Politique étrangère vous offre de (re)lire des textes qui ont marqué l’histoire de la revue. Nous vous proposons aujourd’hui un texte de Jean-Baptiste Duroselle, « Les « invariants » de la politique étrangère de la France », publié dans Politique étrangère en 1986.

Albert Demangeon, André Siegfried : j’ai eu le privilège d’être l’élève du premier, mort au moment de la défaite française, et, sans l’être directement, du second, j’ai subi profondément son influence. Et voici mon problème. Ces deux très grands géographes eussent-ils accepté la notion d’« invariant » ? Parce que l’homme est l’homme, avec la même structure cérébrale depuis 35 000 ans, il y a peut-être pour lui des « régularités » : la guerre périodique, la dissémination des techniques, etc. Mais l’homme français est-il déterminé de quelque façon par cette réalité géographique qu’est la France ? Certes oui ! aurait répondu Ratzel, le grand géographe allemand de l’« espace », qui fleurissait avant 1914, et s’est trouvé, sans le vouloir, être l’inspirateur des géopoliticiens. Je pense que Demangeon et Siegfried auraient répondu non !, le second peut-être moins fermement que le premier.

Les Lieux de la mondialisation

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (4/2012). Yves Gounin propose une analyse de l’ouvrage de Denis Retaillé,  Les Lieux de la mondialisation (Paris, Le Cavalier bleu, 2012, 200 pages).

La mondialisation est un défi lancé aux géographes. Comment interpréter un phénomène qui nie les distances et unifie les espaces ? Si, comme l’a affirmé Thomas Friedman, la terre est désormais « plate », s’il faut avec Bertrand Badie constater la « fin des territoires », que reste-t-il de sa géographie ? Denis Retaillé fait partie de cette nouvelle école qui a tenté de relever le défi. Publié aux Presses de Sciences Po en 1992, Le Monde : espaces et systèmes, coécrit avec Marie-Françoise Durand et Jacques Lévy, proposait une lecture d’un monde vu comme une superposition d’échelles d’organisations (l’État, la transaction économique, la distance culturelle, la société-monde).

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