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Comment la technologie redessine l’ordre mondial

Le numéro anniversaire de Politique étrangère (n° 2/2026) , qui célèbre les 90 ans de la revue, vient de paraître. La rédaction vous offre à lire l’un des articles : « Comment la technologie redessine l’ordre mondial », écrit par Anu Bradford, professeure de droit et d’organisations internationales à la Columbia Law School.

Les grandes entreprises technologiques exercent aujourd’hui une influence considérable sur l’ordre mondial. Leur pouvoir disproportionné, dans les domaines économique, politique, informationnel et culturel, modèle les sociétés et la vie des individus. D’éminents chercheurs et analystes politiques ont qualifié ces géants technologiques de « nouveaux gouvernants», exerçant des formes de souveraineté inédites dans un monde qui n’est plus unipolaire, ni bipolaire, ni multipolaire, mais « technopolaire ».

Révolution numérique, chambardement économique

À la suite du sondage réalisé sur ce blog, nous avons le plaisir de vous offrir en libre accès et en avant-première l’article du numéro de printemps de Politique étrangère (n° 1/2026) que vous avez choisi d'(é)lire : « Révolution numérique, chambardement économique », écrit par Hugo Le Picard, chercheur associé au Centre géopolitique des technologies de l’Ifri.

En 2000, les vingt premières capitalisations boursières mondiales comptaient quatre entreprises européennes. En 2025, plus aucune. En l’espace d’une génération, l’Union européenne (UE) est passée du statut de puissance économique de premier plan à celui de spectatrice d’une révolution technologique dont elle n’a pas pris le tournant.

La guerre à l’ère de l’intelligence artificielle

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été 2025 de Politique étrangère (n° 2/2025). Louis Perez propose une analyse de l’ouvrage de Laure de Roucy-Rochegonde, La guerre à l’ère de l’intelligence artificielle. Quand les machines prennent les armes (PUF, 2024, 344 pages).

L’IA est aujourd’hui omniprésente, jusqu’à s’inviter dans l’illustration de couverture de ce livre. La guerre ne saurait y échapper.

Le titre accrocheur dissimule un propos substantiel et une réelle ambition : celle d’ordonner la cacophonie des enjeux et des discours, portés par des intérêts variés, à travers l’édification d‘une théorie du contrôle de la force, clé de voûte de l’ouvrage.

Interview : 3 questions à Benjamin Pajot

Benjamin Pajot est chercheur associé au Centre géopolitique des technologies de l’Ifri. Il a écrit l’article « Enjeux numériques : une gouvernance éclatée » dans le n° 2/2025 de Politique étrangère. Il répond ici en exclusivité à 3 questions pour politique-etrangere.com.

1. À l’heure des multiples remises en cause du multilatéralisme, quelles sont les principales conséquences pour les enjeux numériques ?

Les enjeux numériques n’échappent pas aux logiques et rapports de force façonnant l’ensemble de la gouvernance internationale. Ils sont ainsi profondément affectés par les rivalités qui s’expriment sur la scène internationale, notamment entre la Chine et les États-Unis, mais plus largement entre les démocraties occidentales et les régimes autoritaires, voire au sein même de ces blocs. La gouvernance du numérique demeure de ce fait très parcellaire car intrinsèquement limitée par la volonté des États de coopérer. Or, dans un contexte de tensions internationales majeures et de retour de la compétition entre puissances, cette volonté est toute relative, pour ne pas dire absente. La remise en cause du multilatéralisme, l’affaiblissement de l’Organisation des Nations unies (ONU) et de ses agences ne peuvent que contribuer au ralentissement voire au détricotage des efforts de gouvernance en cours. Ainsi de la régulation de l’Intelligence artificielle (IA), dont on est bien en peine de tracer des contours à l’échelle internationale, en dépit d’un volontarisme européen.

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