Étiquette : monde arabe

Déni français. Notre histoire secrète des liaisons franco-arabes

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n° 2/2020). Anne-Clémentine Larroque propose une analyse de l’ouvrage de Pierre VermerenLe Déni français. Notre histoire secrète des liaisons franco-arabes (Albin Michel, 2019, 288 pages).

Le Déni français est paru fin 2019, quelques mois après la sortie d’un petit essai du même auteur La France qui déclasse. Les Gilets jaunes, une jacquerie au XXIe siècle (Tallandier). Ainsi Pierre Vermeren, historien et arabisant érudit, ouvre-t‑il son champ de spécialiste du monde arabe – maghrébin en particulier – à des considérations plus nationales.

Comprendre l’islam politique

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°1/2017). Alix Philippon propose une analyse de l’ouvrage de François Burgat, Comprendre l’islam politique. Une trajectoire de recherche sur l’altérité islamiste, 1973-2016 (La Découverte, 2016, 264 pages).

Comprendre l'islam politique

François Burgat, c’est d’abord un style ciselé, élégant et efficace. La métaphore qui fait mouche, l’impertinence qui donne à penser sont chez lui au service d’une thèse d’une remarquable stabilité depuis les années 1980 : derrière le lexique islamique auquel ont recours les acteurs islamistes se cachent des causes toutes profanes, sociales et politiques. Et ce retour massif au « parler musulman », moins sacré qu’il n’est endogène, se traduit par une extrême diversité d’appropriations. En récusant toute relation causale stable entre islam et action politique, son analyse échappe aux travers de l’approche culturaliste dont Gilles Kepel s’est fait le chantre. Ce qui n’est pas la moindre de ses qualités.

Monde arabe : le grand chambardement

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°1/2017). Denis Bauchard, ancien ambassadeur et conseiller pour le Moyen-Orient à l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage d’Yves Aubin de La Messuzière, Monde arabe : le grand chambardement (Plon, 2016, 216 pages).

Monde arabe chambardement

Le chaos du monde arabe et du Moyen-Orient interpelle. Comment en est-on arrivé là ? Qui est responsable d’une situation qui apparaît souvent hors contrôle ? Yves Aubin de La Messuzière, ancien directeur pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient au ministère des Affaires étrangères, et ancien ambassadeur notamment en Tunisie, aborde différentes questions sur les printemps arabes, la tragédie syrienne, le djihadisme, le jeu de l’Arabie Saoudite, l’affrontement entre sunnites et chiites, la question palestinienne, en ne cachant pas que ce « chambardement » risque de perdurer.

Sans refaire l’histoire des printemps arabes et de leur échec, il rappelle que des signes avant-coureurs, relevés par des chercheurs comme par des diplomates, étaient apparus dans plusieurs pays, dont la Tunisie, l’Égypte et la Syrie.

Histoire des Arabes de 1500 à nos jours

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (4/2013). Denis Bauchard propose une analyse de l’ouvrage de Eugene Rogan, Histoire des Arabes de 1500 à nos jours (Paris, Perrin, 2013, 726 pages).

9782262037802L’ouvrage d’Eugene Rogan propose une « somme sans précédent », selon le prière d’insérer, sur l’histoire des Arabes depuis l’acte fondateur de la domination de l’Empire ottoman après la bataille de Marj Dabiq en 1516 jusqu’à l’invasion de l’Irak par George W. Bush.

L’analyse de la période ottomane et de l’écroulement de l’Empire est intéressante mais n’apporte pas d’éclairage nouveau par rapport aux ouvrages de référence d’Henri Laurens ou de David Fromkin. Cependant, Rogan démontre bien comment la politique britannique s’est enfermée dans les promesses et les accords contradictoires que révèlent la correspondance entre le chérif Hussein et le général Mac Mahon, la déclaration Balfour et les accords Sykes-Picot. Il évoque également de façon pertinente la politique de la Grande-Bretagne et de la France, à la fois complices et adversaires dans leur politique de démembrement progressif de l’Empire ottoman et dans la domination coloniale de la quasi-totalité du monde arabe. Cependant, la façon dont sont traités les deux colonisateurs marque un biais très britannique, même si l’analyse est apparemment aussi critique vis-à-vis des deux puissances colonisatrices. Un passage du livre est à cet égard très révélateur. On peut y lire que « si dans son immense majorité, l’opinion arabe n’a jamais souhaité cette présence [britannique], la puissance coloniale est, malgré les réticences, considérée avec respect. Les Britanniques sont efficaces, droits, respectueux des règles… » Ce portrait flatteur du colonisateur britannique laisse songeur face à la réalité historique et aux conséquences calamiteuses, encore présentes aujourd’hui, de la politique menée par la Grande-Bretagne au Moyen-Orient.

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