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U.S.-Russian Relations in the 21st Century

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (4/2014). Thomas Gomart propose une analyse de l’ouvrage de Angela Stent, The Limits of Partnership: U.S.-Russian Relations in the Twenty-first Century (Princeton University Press, 2014, 356 pages).

Professeur et directeur du Center for Eurasian, Russian, and East European Studies à Georgetown University, ayant longtemps travaillé au département d’État et au National Intelligence Council sur cette zone, Angela Stent allie rigueur universitaire et expérience diplomatique. La grande qualité de cet ouvrage réside dans son honnêteté à l’égard des protagonistes et dans une connaissance intime des deux systèmes politico-diplomatiques. En ressort un jugement critique et équilibré sur les occasions ratées, aussi bien par les États-Unis que par la Russie, de dépasser l’héritage de la guerre froide et celui des années 1990. Toutes les tentatives de redémarrage – reset selon le terme popularisé par la première administration Obama – engagées par Washington ont échoué, de George Bush à Barack Obama en passant par Bill Clinton et George W. Bush. Du côté de Moscou, les exemples ne manquent pas d’instrumentalisation d’un antiaméricanisme toujours très présent dans la société russe.

La Fin de l’homme rouge, ou le temps du désenchantement

la-fin-de-l-homme-rougeCette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (3/2014). Ekaterina Tsaregorodtseva propose une analyse de l’ouvrage de Svetlana Alexievitch, La Fin de l’homme rouge, ou le temps du désenchantement (Actes Sud, 2013, 544 pages).

L’Union soviétique est un de ces sujets à propos desquels il est difficile de ne pas tomber dans l’extrême, par une écriture antisoviétique et russophobe, ou par un patriotisme artificiel et exacerbé. Svetlana Alexievitch, journaliste biélorusse née en 1948, parvient à éviter ces deux écueils. Dans La Fin de l’homme rouge, elle se contente de transmettre le témoignage des hommes et femmes qui ont vécu la désintégration d’un empire tout entier. L’authenticité de leurs souvenirs rend ce livre véritablement captivant, en plus des poignants drames personnels de certains témoins. En quelques dizaines de monologues, dont certains sont de véritables chefs-d’œuvre, d’anciens Soviétiques partagent avec nous leur vision du monde. Si les mots « Gorbatchev », « Eltsine », « Gaïdar » et « Perestroïka » restent les mêmes de page en page, aucune de ces histoires ne ressemble à l’autre.

Âge, parcours, vision politique, statut social : les protagonistes sont tous différents. En août 1991 et octobre 1993, les citoyens soviétiques savaient que de leurs actions dépendait l’avenir de leur pays, de leur famille et de leurs enfants. Beaucoup ont désiré prendre part aux événements, qu’ils associaient à un tournant vers un avenir radieux : « Nous étions tous des romantiques. Aujourd’hui, on en a honte, de cette naïveté. » La période de transition qui a suivi, avec sa « thérapie de choc » et « son capitalisme sauvage », a cassé les illusions des anciens Soviétiques. Beaucoup ont été incapables de vivre dans ces nouvelles conditions : ils ont sombré dans le désespoir et l’alcool ou ont mis un terme à leur vie. D’autres se sont adaptés en se tournant vers le banditisme : les uns ont fait fortune, les autres se sont fait abattre. La Perestroïka et la période de transition qui l’a suivie n’ont épargné personne.

Russia in Space. The Past Explained, The Future Explored

cover_front_455pxCette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (2/2014). Guilhem Penent propose une analyse de l’ouvrage de Anatoly Zak, Russia in Space. The Past Explained, The Future Explored  (Apogee Prime, 2013, 316 pages).

Anatoly Zak est l’auteur du site RussianSpaceWeb.com, sans doute la meilleure source d’information en langue anglaise sur l’effort spatial russe depuis ses origines jusqu’à aujourd’hui.

Même si Zak n’hésite pas ici à opérer certains retours historiques particulièrement bienvenus – notamment lorsqu’il s’intéresse à l’exploration au-delà de l’orbite basse –, l’ouvrage met avant tout l’accent sur le programme spatial postsoviétique. Le propos est clairement marqué par la rupture profonde qu’a constituée l’éclatement de l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) et la manière dont la Russie, reprenant de facto l’essentiel de son héritage, a tenté d’exploiter ce potentiel pour assurer sa survie, tout en n’incluant que tardivement – après l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine – l’espace à ses projets politiques. Aussi le spatial russe est-il présenté de manière assez classique à travers l’image du phœnix renaissant de ses cendres (chapitre III) après être passé par un cycle de mort (chapitre I) et de renaissance (chapitre II).

Le n°2/2014 de Politique étrangère, revue du jour sur France Culture

index Jacques Munier met à l’honneur le numéro 2/2014 de Politique étrangère, consacré à l’Ukraine et au(x) Kuridstan(s), dans « L’essai et la revue du jour« 

Au sommaire de ce numéro :

DOSSIER / Kurdistan(s)

Dossier dirigé par Dorothée Schmid

Introduction : le moment kurde par Dorothée Schmid

Les Kurdes et l’option étatique par Hamit Bozarslan

Turquie : le mouvement kurde à l’heure du « processus de paix » par Olivier Grojean

Quelle politique kurde pour l’AKP ? par Yohanan Benhaim

Les paradoxes du printemps kurde en Syrie par Jordi Tejel

L’introuvable frontière du Kurdistan d’Irak par Cyril Roussel

CONTRECHAMPS / Ukraine : premières leçons

Le conflit ukraino-russe vu de Kiev par Iouri Iakimenko et Mikhaïl Pachkov

Pourquoi Russie et UE doivent coopérer en Ukraine par Vladimir Tchernega

La crise ukrainienne ou le malentendu européen par Philippe Lefort

REPÈRES

L’analyse du risque pays par Jonathan Story

Le problème de l’insolvabilité des États par Norbert Gaillard

La paix comme but de guerre par Beatrice Heuser

La stratégie en théories par Vincent Desportes

Le Saint-Siège et la République populaire de Chine par Raphaël McFeat

 

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