Recension « Que faire avec la Russie ? »

Le blog Reflets du Temps, qui consacre une large place aux questions internationales, a publié le 15 avril dernier un article mettant à l’honneur le Contrechamps du numéro de printemps (n° 1/2017) de Politique étrangère : « Que faire avec la Russie ? ».

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Dossier « Contrechamps » de la revue Politique Étrangère, printemps 2017, une réflexion de toute première urgence : la Russie. Omniprésente dans notre actualité, encore cette semaine passée avec les événements de Syrie. Omniprésente dans la géopolitique de notre quotidien, et forcément alimentant peurs et fantasmes à moins qu’enthousiasmes bruyants :« Le grand méchant loup est de retour. Et il est russe… La Russie serait au mieux imprévisible. Vladimir Poutine serait le nouveau maître du monde… ».

Deux articles charpentés essaient avec maestria l’un comme l’autre d’éclairer nos lanternes sur « nous et la Russie ». Les titres posent des nuanciers différents entre « vivre avec la Russie » et « faire face à la Russie ». Aucun propos simpliste, ni caricatural dans ces analyses de l’Occident face à la Russie, notamment l’UE ; derrière, les USA.

Dominique David (Vivre avec la Russie) tisse son analyse autour de deux idées force : « La Russie puise sa force dans les erreurs et les illusions de l’Occident de l’après guerre froide » mais  « ni leader, ni modèle, elle a besoin des nations occidentales ». Nous recevons de l’immense voisin des reflets manquant d’objectivité que nous lisons à l’ombre de pré-acquis historiques, de réflexes et de crispations idéologiques, nous empêchant de « mesurer ce qui fait la force et la faiblesse russe aujourd’hui ». Les signes de bonne volonté de Poutine vis-à-vis de l’Occident, Amérique comprise, sont listés, depuis 2011, de même que leur échec. D. David éclaire en l’Occident ce « remplacement d’une société de stratégies par une communauté internationale des valeurs, et l’alignement universel sur les principes formels de la démocratie ». Ce qui fait sens au regard de l’Histoire récente. […] Comment du coup départager ce qui doit exister et être pesé entre « l’intérêt russe et notre intérêt » ; partout la Russie existe et « marginaliser, refouler cet acteur serait dangereux ; l’inclusion étant le but d’une stratégie pacifique ». Négocier, donc, en Ukraine (lever à terme les sanctions), négocier sur le Levant, négocier l’ordre de sécurité européen… Coexister avec un régime qui ne nous agrée pas. Entre autres… dit D. David.

Thorniké Gordadzé, qui fut ministre d’état en Géorgie (Faire face à la Russie), insiste sur le rôle de diviseur des Occidentaux de Poutine, tant en géopolitique pure, qu’en soutien par exemple des populismes européens à l’intérieur des états. Analyse précise est faite du système Poutine, « un régime qui se caractérise par l’accaparement du pouvoir politique et économique par les acteurs venant des services de sécurité, la suppression des contre-pouvoirs, médiatiques, comme opposition politique… Ces services s’auto-investissant d’une mission quasi métaphysique de sauvegarde d’une patrie en constant danger ». Accent mis, chiffres à l’appui, sur la considérable baisse du niveau de vie d’une grande partie de la population – 16 % vivent au-dessous du seuil de pauvreté. La Russie n’a donc pas les moyens de ses ambitions géopolitiques, essentiellement redevenir une très grande sur l’échiquier, via l’image martiale de son versus militaire. Elle se veut « un modèle alternatif à celui de la démocratie libérale occidentale », ce qui est plus difficile qu’au temps de l’URSS. Aussi, elle contourne ces réalités en s’attaquant – Wikileaks, et les réseaux sociaux – aux tares supposées du « modèle » occidental. Et échafaude un projet de sociétés conservatrices aux valeurs chrétiennes et familiales.

Très observée, évidemment, est l’image de « la guerre par les Russes », remise à sa probable juste place – pas d’affrontement direct avec les forces de L’OTAN ; Moscou n’en a pas les moyens. Par contre, détruire sa crédibilité, à terme, son utilité, travailler les pays de l’ex-URSS non membres de l’OTAN. Mais, dit l’auteur, à la différence du discours diplomatique européen qui vise avant tout l’évitement de la guerre, c’est cette menace diluée dans l’attitude diplomatique qui est agitée par la Russie… agitée…

« Fin des sanctions, accord avec les USA, retrouver un statut de puissance dominante, souhait d’un monde multipolaire où ne domineraient pas les valeurs libérales », voilà en gros, la Russie. Que peuvent les Occidentaux ? Peu d’espérances nettes et fiables. Pour autant, il faut bien évidemment « parler à la Russie, mais d’une position de force ». Et sans doute, d’une attentive vigilance.

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