Dans un article du Monde publié le 29 septembre 2026, le journaliste Luc Bronner détaille dans une enquête exclusive les méthodes de l’armée israélienne dans le conflit à Gaza, notamment son usage de l’Intelligence artificielle. Il cite à ce titre l’article de Laure de Roucy-Rochegonde, publié dans le numéro d’automne (n° 3/2026) de Politique étrangère, « L’Intelligence artificielle change-t-elle la nature de la guerre ? ».

« Enquête – Des officiers israéliens détaillent au « Monde », en collaboration avec l’ONG Breaking The Silence, les règles d’engagement de l’armée à Gaza, le nombre assumé de victimes civiles provoqué par ses opérations et l’utilisation massive de l’intelligence artificielle.

Ce fut l’un des épisodes les plus dévastateurs d’une guerre qui en compte beaucoup. Le 31 octobre 2023, en début d’après-midi, un bombardement israélien sur la ville de Jabaliya, dans le nord de Gaza, avait provoqué la destruction instantanée d’un quartier entier. Au moins 126 Palestiniens, dont 68 enfants, avaient été tués sur le coup et 280 autres blessés après une frappe que l’armée israélienne a elle-même qualifiée de « massive ». Les images publiées après l’attaque avaient montré l’anéantissement presque total de la zone.

La cible visée était Ibrahim Biari, le commandant d’un bataillon du Hamas à Jabaliya, dissimulé dans un des nombreux tunnels bétonnés de l’organisation islamiste palestinienne. Sous le couvert de strictes conditions d’anonymat, un militaire israélien raconte comment l’armée a frappé la zone en toute connaissance des dégâts possibles. « Pour [atteindre] des officiers de haut rang du Hamas, un bilan de plusieurs centaines de victimes collatérales était autorisé pour une seule attaque », explique ce dernier au Monde et à plusieurs médias internationaux.

« Jabaliya était un foyer d’attaques terroristes, de tirs de missiles visant les soldats et les localités alentour, les villes israéliennes proches de Gaza. [Les autorités] ont estimé que s’ils n’éliminaient pas le chef du bataillon, il n’y aurait aucun moyen de prendre le contrôle de la zone », poursuit ce militaire, dont le récit a d’abord été recueilli par Breaking the Silence, une ONG israélienne de vétérans qui collecte et vérifie des témoignages de soldats depuis plus de vingt ans. […]

Le recours massif à l’IA

L’armée israélienne a investi massivement dans cette technologie. Quelques semaines avant le 7 octobre 2023, Aviv Kochavi, le chef d’état-major à l’origine de ces projets, avait révélé l’ampleur des transformations. « La direction des cibles, créée il y a trois ans, est un exemple. Il s’agit d’une unité composée de centaines d’officiers et de soldats, dopée par des capacités d’intelligence artificielle. C’est une machine qui traite de vastes quantités de données plus rapidement et plus efficacement que n’importe quel humain, les traduisant en cibles opérationnelles », avait décrit le lieutenant-général dans un entretien à Ynet, le plus grand journal israélien. « Chaque brigade dispose désormais d’un appareil de renseignement sophistiqué digne du film Matrix », avait-il résumé. […]

Dans ses révélations initiales, pour le magazine indépendant + 972, le réalisateur de NAZA, Yuval Abraham, avait toutefois montré que les militaires, devant leurs écrans, ne disposaient parfois que d’un temps très réduit pour prendre des décisions de vie ou de mort. Au risque de faire confiance, systématiquement, à l’intelligence supérieure des algorithmes. « L’accélération du rythme des opérations, conjuguée au “déluge de données” produit par l’intégration de l’IA aux systèmes d’armes, tend déjà à dépasser les capacités du jugement humain », écrit la chercheuse de l’Institut français des relations internationales Laure de Roucy-Rochegonde, dans un article de la revue Politique étrangère, publié en septembre. […] »

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Lisez l’article de Laure Roucy-Rochegonde ici et retrouvez le sommaire complet du numéro d’automne sur le site de l’Ifri.

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