Cette recension a été publiée dans le numéro d’été 2021 de Politique étrangère (n° 2/2021). Anne-Thida Norodom propose une analyse de l’ouvrage de François Delerue, Cyber Operations and International Law (Cambridge University Press, 2020, 552 pages).
Cet ouvrage entend montrer que la « guerre » ne constitue pas l’angle d’analyse le plus pertinent pour étudier la plupart des cyberopérations étatiques. Celles-ci atteignent rarement le seuil requis pour être qualifiées de recours à la force, et les contre-mesures (plutôt que la légitime défense) constituent la réponse à privilégier.
En cette période de confinement liée à l’épidémie de coronavirus, la rédaction de Politique étrangère vous offre de (re)lire des textes qui ont marqué l’histoire de la revue. Nous vous proposons aujourd’hui un article de Chantal Delsol, intitulé« Mythologies de l’international»,et publié dans le numéro d’hiver 2006.
Phénomène si avéré, si vivant, la mondialisation finit par engendrer une culture-monde, un cosmos doté d’une logique interne où émergent des valeurs, des finalités, des comportements qui se répondent les uns aux autres. Il s’agit bien d’un monde global, au-dessus des mondes particuliers, construisant ses propres références – qu’il emprunte certes aux cultures sous-jacentes –, mais qui prennent le visage d’une nouvelle entité.
En cette période de confinement liée à l’épidémie de coronavirus,la rédaction de Politique étrangère vous offre de (re)lire des textes qui ont marqué l’histoire de la revue. Nous vous proposons aujourd’hui un article de Lakhdar Brahimi et Sonia Marcoux,intitulé « L’ONU survivra-t-elle en 2034 ? », et publié dansPolitique étrangère en 2006.
Depuis sa création, l’Organisation des Nations unies (ONU) a reflété les dynamiques du système international qui l’entourait. Son statut en 2034 sera donc probablement déterminé par les réalités d’alors : les Nations unies seront ce que leurs membres voudront qu’elles soient. Les relations internationales sont et continueront à être fortement influencées par les grandes puissances : l’ONU évoluera donc d’abord dans les voies sur lesquelles s’accorderont les grandes puissances.
Porté par la multiplication des flux transnationaux, la vivacité des revendications égalitaires et l’émergence d’impératifs planétaires, le mouvement de juridisation-judiciarisation pourrait conduire à une mutation du système international. À l’avenir, ce système pourrait être caractérisé par son hétérogénéité et son instabilité. Le droit joue un rôle central tant dans les opérations les plus sinistres que lors des avancées libératrices. La double dynamique de la « juridisation » – développement et élargissement sans précédent des règles de toutes sortes dans tous les domaines – et de la judiciarisation – multiplication des juridictions internationales de tous types, imbrication croissante des juridictions internes et des juridictions internationales – transforme irréversiblement le système interétatique, contribuant au développement d’une forme de société internationale. Mais, sous la société, la jungle disparaît-elle ?
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