Étiquette : fake news

Propagande. La manipulation de masse dans le monde contemporain

Cette recension a été publiée dans le numéro d’automne de Politique étrangère
(n° 3/2019)
. Marc Hecker, rédacteur en chef de Politique étrangère, propose une analyse de l’ouvrage de David Colon, Propagande. La manipulation de masse dans le monde contemporain (Belin, 2019, 432 pages).

David Colon est professeur agrégé d’histoire à Sciences Po, où il dispense notamment un cours sur la « fabrique de l’opinion ». Son nouvel ouvrage est une somme remarquable qui retrace l’histoire de la propagande du début du XXe siècle à l’ère des réseaux sociaux. Il s’appuie sur de nombreux travaux comme ceux de Jacques Ellul, dont il reprend la définition suivante : « La propagande est l’ensemble des méthodes utilisées par un groupe organisé en vue de faire participer activement ou passivement à son action une masse d’individus psychologiquement unifiés par des manipulations psychologiques et encadrés par une organisation. »

How to Rig an Election/Political Influence Operations

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°3/2018). Jérôme Marchand propose une analyse croisée des ouvrages de Nic Cheeseman et Brian Klaas, How to Rig an Election (Yale University Press, 2018, 320 pages) et Darren E. Tromblay, Political Influence Operations: How Foreign Actors Seek to Shape U.S. Policy Making (Rowman & Littelfield, 2018, 272 pages).

Ces deux ouvrages abordent des thématiques distinctes mais convergentes. How to Rig an Election traite des stratégies au moyen desquelles les tricheurs politiques et leurs auxiliaires administratifs faussent les scrutins démocratiques. Les auteurs (politistes de formation) recensent six approches d’usage courant : pré-formatage biaisé (de type gerrymandering), corruption, violence, hacking, bourrage d’urnes, fake news. Exemples récents à l’appui, ils détaillent la « boîte à outils autoritariste » et ses évolutions technologiques, qui diminuent la traçabilité de certaines fraudes. Les illustrations sont nombreuses et choisies avec intelligence. Sans surprise, les États africains et ceux de l’ancien bloc soviétique fournissent l’essentiel du matériau narratif.

Le désenchantement de l’internet

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n° 2/2018). Julien Nocetti, chercheur au Centre Russie de l’Ifri et spécialiste des questions liées au numérique et au cyber, propose une analyse de l’ouvrage de Romain Badouard, Le désenchantement de l’internet. Désinformation, rumeur, propagande  (FYP Éditions, 2017, 184 pages).

En vogue, la théorie du « désenchantement » (des classes moyennes, des jeunes, etc.) n’épargne pas l’internet. Romain Badouard met en évidence la « fin de l’innocence » en soulignant le décalage entre certains des idéaux fondateurs qui ont prévalu à la création du réseau (créer un espace public démocratique horizontal et autorégulé) et la réalité de ses usages.

Perçu il y a à peine sept ans, pendant les révolutions arabes, comme un outil au service de l’émancipation, l’internet nous dévoile sa face sombre. Le discours public charrie ses travers : harcèlement en ligne, discours de haine et de radicalisation, propagande, désinformation.

Le contrôle de l’information et les relations internationales

Créée en 1936, Politique étrangère est la plus ancienne revue française dans le domaine des relations internationales. Chaque vendredi, découvrez « l’archive de la semaine ».

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L’article « Le contrôle de l’information et les relations internationales » a été écrit par Jean Chevalier et publié dans le numéro 1/1949 de Politique étrangère.

La crainte d’une prochaine guerre et le désordre des esprits sont, pour une grande part, attribuables à la confusion qui règne en ce moment dans le domaine de l’information internationale. Combien de nos idées sur le monde et sur les hommes ne dépendent-elles pas de la presse ? Or avons-nous jamais songé à faire une critique sérieuse de cette source de connaissance qui nous fournit la matière de presque tous nos jugements ? Nous ne croyons guère au désintéressement des journaux et des grandes agences, et nous admettons pourtant comme authentiques la plupart des informations que nous recevons, puisque nous les introduisons dans nos raisonnements. Essayons donc de réfléchir sur cette garantie de vérité que serait une liberté de l’information bien comprise, et spécialement en matière internationale. Dans une société en perpétuelle évolution, l’usage variable des libertés suscite des problèmes toujours nouveaux. L’évolution est créatrice de formes ; les formes anciennes deviennent vite inadaptées, monstrueuses, opprimantes, si elles résistent aveuglément à la poussée des événements, à la poussée de la vie. La liberté dans l’information n’échappe pas à cette loi.

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