La Voie chinoise. Capitalisme et empire

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (1/2013). Gilbert Étienne propose une analyse du livre de Michel Aglietta et Guo Bai, La Voie chinoise. Capitalisme et empire (Paris, Odile Jacob, 2012, 432 pages).

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S’inspirant de Fernand Braudel, les auteurs jouent ici sur plusieurs tableaux : l’histoire, la philosophie chinoise, les théories du développement économique. Une large part est faite aux liens entre les institutions politiques et sociales, et aux marchés. Les auteurs expliquent la faillite de l’empire, qui débouche sur une longue période de troubles et de guerres.
Les éléments de base de la Chine impériale, le rôle de la famille, le système politique et bureaucratique constituent la toile de fond. Puis vient la vue d’ensemble sur les cinq derniers siècles, le déclin de la Chine avec la pénétration du capitalisme occidental doublé par les menées impérialistes.
Les différentes phases de l’ère maoïste et ses aspects positifs, trop souvent oubliés aujourd’hui, sont bien mis en lumière. Puis surviennent les réformes de Deng Xiaoping, poursuivies par ses successeurs. Une large place est faite au système fiscal et aux changements survenus en liaison avec les avancées du marché. L’ouverture de la Chine au monde s’accompagne de l’afflux des investissements étrangers, de l’explosion des exportations. Les auteurs s’arrêtent sur la politique monétaire et les controverses qu’elle suscite chez les partenaires de la Chine. Le besoin de renforcer les services est souligné.
Les auteurs s’interrogent sur la « croissance soutenable », en liaison avec la très inquiétante dégradation de l’environnement et avec les gaspillages dans le secteur de l’énergie.
Le cadre politique est précisément étudié, après le rappel des enseignements émanant des penseurs chinois et de la pertinence de l’éthique confucéenne au xxe siècle.
Les deux auteurs nous présentent une large fresque de la Chine dans son contexte historique, mais le poids sur le développement contemporain de Hong-Kong et de la diaspora chinoise en Asie aurait pu être souligné davantage. On peut aussi regretter qu’une partie des tableaux statistiques s’arrêtent à 2005-2007.

Gilbert Étienne

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