
Accédez à l’article de Patrick Allard, disponible intégralement en libre lecture, ici.
Retrouvez le sommaire du numéro 2/2021 de Politique étrangère ici.
Rémy Hémez propose pour le blog de Politique étrangère une analyse de l’ouvrage de Vincent Lazerges, Mercredi noir à Mobayan. 7 septembre 2011, Afghanistan (Éditions de l’École de guerre, 2021, 180 pages).

Vincent Lazerges est officier de chasseurs alpins, déployé à diverses reprises sur les théâtres d’opérations, dont l’Afghanistan. Doctorant à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), ses travaux de recherche portent sur l’expérience combattante en Kapisa de 2008 à 2012. Dans cet excellent essai, il livre une première étape de cette entreprise intellectuelle. Il décrit en détail une journée de combats en Afghanistan : l’opération « Black Eight », menée par un sous-groupement tactique interarmes du 1er régiment de chasseurs parachutistes aux environs de Mobayan, le 7 septembre 2011.
La rédaction a le plaisir de vous offrir à lire ce second article de Patrick Allard, « COVID-19 : géopolitique de l’immunité collective », publié dans le nouveau numéro de Politique étrangère (n° 2/2021), disponible depuis le 7 juin.

« Vacciné : ne fréquenter que des personnes vaccinées. »
Gustave Flaubert, Dictionnaire des idées reçues.
La perspective d’une guerre courte contre la pandémie de COVID-19 s’est vite dissipée. L’horizon du « jour d’après » a toujours été celui de l’immunité collective contre le virus : par la contamination quasi générale ou par la vaccination de la majeure partie de la population. Le développement inattendu de vaccins efficaces a rendu réaliste le scénario d’immunisation collective de l’humanité par la vaccination.
Le nouveau numéro de Politique étrangère (n° 2/2021) vient de sortir ! Il consacre un dossier spécial à la l’Asie de l’Est face à la Chine, et un Contrechamps à la dette. Et comme à chaque nouveau numéro, de nombreux autres articles viennent éclairer l’actualité : COVID-19 et la géopolitique de l’immunité collective, la démocratie américaine, le détroit d’Ormuz, le modèle de Dubaï face à Abou Dhabi, les relations entre les deux Corées…
La Chine est sans conteste désormais un poids dominant de la scène internationale, maniant une remarquable palette stratégique. Étudier ses postures dans son environnement d’Asie du Sud-Est, vis-à-vis du Japon, de la Corée, de Taïwan, des pays de l’ASEAN, jusqu’à l’Australie, c’est saisir à la fois la force d’actions très diversifiées, et leur limite.
Brutalité militaire en mer de Chine, séduction vaccinale, emprise économique, investissements maniés comme instruments d’influence, tentatives de contrôle des systèmes politiques, propositions d’organisations régionales marginalisant les acteurs extérieurs – occidentaux… – : tous les moyens sont bons pour affirmer la centralité de la puissance chinoise face à des États écartelés entre leurs intérêts de voisins et leur volonté d’indépendance. Le rapport des forces en Asie du Sud-Est pourrait bien être symbolique du monde qui s’annonce.
Le COVID-19 n’a pas bouleversé les logiques géopolitiques à l’œuvre dans le monde. La géographie de la diffusion des vaccins le montre clairement, qui correspond très largement à l’affirmation des puissances dans leurs zones d’influence respectives : il y a une géopolitique de l’immunité. Par contre, les consensus sur lesquels s’appuyait jusqu’à aujourd’hui la mondialisation ont été questionnés, en particulier concernant la soutenabilité des dettes publiques. Comment se refermeront les vannes largement ouvertes durant la crise des crédits publics, et les dettes ainsi créées seront-elles, et comment, remboursées ?
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