Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (4/2014). Daniel Jouanneau propose une analyse de l’ouvrage de Christophe Jaffrelot, Le Syndrome pakistanais (Fayard, 2013, 658 pages).
Comme l’ouvrage collectif qu’il avait dirigé en 2000 (Le Pakistan, Fayard), il faut saluer Le Syndrome pakistanais de Christophe Jaffrelot, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique et ancien directeur du Centre d’études et de recherches internationales de Sciences Po, l’un de nos meilleurs spécialistes de l’Asie du Sud : ce livre d’un très grand intérêt sera à son tour un ouvrage de référence.
L’auteur nous donne les clés dont nous avons besoin pour bien comprendre le Pakistan d’aujourd’hui : un pays de 180 millions d’habitants, le sixième État le plus peuplé du monde, le deuxième du monde musulman. Son livre nous ramène aux fondamentaux : genèse et séquelles de la partition entre l’Inde et le Pakistan, ambiguïtés de ses fondateurs, question centrale de l’identité pakistanaise, rôle politique des militaires, place de l’islam sous ses diverses formes, impact du conflit afghan, expansion du terrorisme.
Ces deux ouvrages viennent à leur heure. Alors que se développent les interrogations sur la pertinence des choix des États-Unis et de l’Europe à l’égard du régime de Bachar Al-Assad, ils permettent de mieux comprendre les raisons pour lesquelles la politique menée en particulier par la France se trouve dans une impasse.
Le livre de Pierre Berthelot a pour objet l’acuité du problème de l’eau au Proche-Orient. Il constitue une somme ambitieuse, avec une approche multidisciplinaire, historique, géopolitique et juridique, particulièrement pertinente, focalisée sur le problème du bassin du Jourdain. L’introduction ose la question fondamentale : le problème de l’eau est-il majeur pour faire la paix au Proche-Orient entre Israël et ses voisins arabes ?
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