Catégorie : Sélection d’archives Page 15 of 41

Les articles rédigés par de grands noms au cours des 75 ans d’existence de PE

La politique étrangère d’une société primitive, par Claude Lévi-Strauss (1949)

En cette période de confinement liée à l’épidémie de coronavirus, la rédaction de Politique étrangère vous offre de (re)lire des textes qui ont marqué l’histoire de la revue. Nous vous proposons aujourd’hui un texte de Claude Lévi-Strauss, intitulé « La politique étrangère d’une société primitive », publié dans Politique étrangère en 1949. Il  y analyse le rapport à l’étranger de différentes tribus, dont les Nambikwara du Brésil, connus des lecteurs de Tristes tropiques (1955). Ces tribus ne se caractérisent pas par une « agressivité innée » et coopèrent de différentes manières – notamment par des systèmes de dons qui s’apparentent à du commerce – avec des éléments externes, que ce soit des membres d’autres tribus ou des Occidentaux.

Le sujet du présent article présente, dans son énoncé même, quelque chose de paradoxal. Nous ne pensons pas spontanément qu’une société primitive, ou du moins cet ensemble d’une extraordinaire diversité que nous groupons, de façon un peu maladroite, sous ce vocable qui ne signifie ‘pas grand chose’, puisse avoir une politique étrangère. La raison en est que les sociétés primitives, ou prétendues telles, nous apparaissent comme des sortes de conservatoires, des musées vivants ; de façon plus ou moins consciente, nous n’imaginons pas qu’elles auraient pu préserver des genres de vie archaïque ou fort éloignés des nôtres propres, si elles n’étaient restées comme autant de petits mondes clos, complètement isolés de tous les contacts avec l’extérieur. C’est seulement dans la mesure où elles représenteraient des expériences isolées du reste de l’univers social qu’elles pourraient prétendre au titre de « sociétés primitives ».

Contre l’armée européenne, par Michel Debré (1953)

En cette période de confinement liée à l’épidémie de coronavirus, la rédaction de Politique étrangère vous offre de (re)lire des textes qui ont marqué l’histoire de la revue. Nous vous proposons aujourd’hui un article de Michel Debré, « Contre l’armée européenne », publié dans Politique étrangère en 1953. Michel Debré occupe alors un poste de sénateur. Il s’oppose avec véhémence au projet de Communauté européenne de Défense (CED), attaquant nommément Jean Monnet et les « théologiens du transfert de souveraineté ».

Quand Démosthène mettait en garde les Athéniens contre Philippe de Macédoine, Démosthène avait raison ! Athènes était une cité, et l’âge venait de plus grands empires. Mais il était deux politiques : l’une qui permettait de les constituer par une alliance et dans la liberté, l’autre qui acceptait de les voir naître de la tyrannie. Nul ne doute, nul n’a jamais douté, que la thèse ardemment défendue par Démosthène fût la seule qui pût garantir l’avenir d’Athènes, celui de la Grèce et de la liberté, la seule qui fût en même temps conforme à l’honneur.

La coopération sanitaire internationale abolie par Ebola ?

En cette période de confinement liée à l’épidémie de coronavirus, la rédaction de Politique étrangère vous propose de (re)lire des textes qui ont marqué l’histoire de la revue. Pour commencer, actualité oblige, nous vous proposons un article de Didier Houssin – aujourd’hui président du Comité d’urgence de l’Organisation mondiale de la Santé – intitulé « La coopération sanitaire internationale abolie par Ebola ? ». Cet article a été publié initialement dans le n°4/2014 de Politique étrangère.

Depuis 1976, 25 épidémies dues au virus Ebola ont été recensées. Celle de 2014 est la plus grave. Bien qu’elle ait rapidement acquis une dimension internationale, les États occidentaux ont sous-estimé ses effets. Ils ont été très lents à réagir et ont laissé trop longtemps les organisations non gouvernementales gérer seules la crise. Depuis le mois de septembre, ils ont enfin pris conscience de la nécessité de consacrer des moyens importants pour lutter contre cette épidémie exceptionnelle.

Aux origines des désaccords transatlantiques

Créée en 1936, Politique étrangère est la plus ancienne revue française dans le domaine des relations internationales. Chaque vendredi, découvrez « l’archive de la semaine ».

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L’article « Aux origines des désaccords transatlantiques » a été écrit par l’ancien diplomate Gabriel Robin, dans le numéro 4/1982 de Politique étrangère.

Le sommet de Versailles, en juin dernier, passait pour avoir rétabli l’harmonie atlantique. Il a suffi de quelques jours pour que, sous le vernis du trompe-l’œil, reparaissent les vieilles lézardes et, avec elles, des questions vingt fois ressassées : pourquoi ces divisions ? S’agit-il de malentendus ou de désaccords ? D’une simple « querelle de famille », comme veut le croire Ronald Reagan, ou d’un « divorce progressif » comme paraissait le craindre, au mois de juillet, Claude Cheysson ?

Il est vain de chercher, dans les données immédiates de la crise ou dans les arguments échangés, de quoi départager les deux thèses. La dispute est de celles que l’on minimise ou dramatise à volonté. Selon les besoins de la cause, il est aussi aisé de l’élever à la hauteur d’un débat de principe que de la réduire à une affaire de gros sous ; aussi tentant de mettre l’accent sur la passion des acteurs que de rappeler les limites de l’enjeu ; aussi légitime, enfin, de se laisser impressionner par la vigueur des prises de position que d’observer, des deux côtés, un égal refus des extrémités déchirantes. Les optimistes ont sans doute raison de parier qu’après quelques éclats de voix, les frères ennemis se jureront à nouveau une loyauté éternelle. Les pessimistes n’ont pas tort de prévoir qu’avant longtemps une autre querelle aura mis fin à cette… éternité.

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