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PE 1-2016 : Que vaut l’armée russe ?

La rédaction a le plaisir de vous offrir un second article du numéro de printemps 2016 de Politique étrangère : « Que vaut l’armée russe ? », par Isabelle Facon.

Couv PE1-2016_plat I_Page_1« Peu de temps avant sa confirmation par le Sénat comme président du Joint Chief of Staff, le général Dunford a déclaré que la Russie constitue une « menace existentielle » pour les États-Unis. La nouvelle stratégie de l’US European Command, publiée en janvier 2016, fait de la « dissuasion de l’agression russe » la première de ses priorités. Les superlatifs sont devenus monnaie courante pour décrire les forces armées russes 2.0, et la récente propension de Moscou à recourir à ses outils militaires à l’extérieur de ses frontières (Géorgie, Ukraine, Syrie) a provoqué en Occident la publication d’articles déplorant que l’ampleur de la modernisation militaire russe ait été sous-estimée.

L’attention portée dans les capitales occidentales à cette problématique se nourrit de la multiplication des redéploiements de forces et des exercices (souvent d’ampleur) que la Russie réalise dans la partie ouest de son territoire, ainsi que des manœuvres de son aviation à proximité de l’espace aérien d’États membres de l’OTAN – quand il ne s’agit pas de violations pures et simples. En outre, tandis que le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, annonçait pour 2016 la formation de trois nouvelles divisions à l’ouest du pays, certaines dimensions de l’intervention russe en Syrie révélaient aux décideurs occidentaux que leurs forces pourraient à l’avenir ne plus avoir les coudées aussi franches dans la conduite d’opérations sur lesquelles les intérêts de la Russie ne convergeraient pas avec les leurs.

Le déclin de l’armée française

déclinCette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (2/2014). Antoine d’Évry propose une analyse de l’ouvrage de Catherine Durandin, Le déclin de l’armée française (Paris, François Bourin Éditeur, 2013, 266 pages).

Écrit par une historienne à l’heure des débats entourant la rédaction du nouveau Livre blanc sur la défense, Le déclin de l’armée française entend sensibiliser le lecteur aux problématiques militaires. Derrière un titre accrocheur, on attendait un tableau présentant – chiffres à l’appui – la déliquescence qualitative et quantitative des forces. Si l’auteur ne masque évidemment pas les nombreuses difficultés que celles-ci rencontrent – des retards pour le renouvellement d’équipements majeurs jusqu’au désastre du système de paiement des soldes –, elle se place plutôt dans une approche didactique qui vise à démontrer le besoin d’une défense efficace. Ainsi, la baisse des budgets et des effectifs de la Défense depuis une trentaine d’années l’amène à se demander si l’armée française ne s’approcherait pas d’un point de rupture.

Cherchant à faire connaître ce corps atypique que la disparition de la conscription contribue à marginaliser avec le temps, Catherine Durandin réalise une étude à dominante anthropologique. Avec force détails, elle nous fait découvrir le monde des soldats : leurs motivations, leurs contraintes, leur sens du service et de l’honneur, mais aussi leur état d’esprit face à des réformes permanentes qui érodent le moral de la troupe. Nourri de nombreux entretiens avec des officiers supérieurs – en activité ou investis dans de multiples associations proches de l’institution – l’ouvrage met en avant les préoccupations de la Grande Muette. Au premier rang d’entre elles figurent l’interrogation sur sa capacité à assumer efficacement ses missions ou encore sa relation avec la société civile, avec le risque d’une incompréhension croissante entre l’armée et la nation, d’une dérive des médias vers toujours plus d’émotionnel, d’une inhibition des combattants face à la judiciarisation de l’action militaire.

L’auteur ne délaisse pas pour autant le volet plus politique de la réflexion sur l’emploi de la force, qui reste intimement lié à la protection des intérêts des États et au respect de leurs engagements internationaux. Elle revient sur la place de la dissuasion dans la stratégie française, sur la nécessaire recherche d’une légitimité pour toute intervention, sur l’obligation d’identifier des buts de guerre atteignables et celle de conserver dans la durée le soutien de l’opinion publique, sur le rôle potentiel des réserves pour compenser des effectifs insuffisants ou encore sur le débat toujours inabouti concernant la « privatisation » de la guerre.

Le dernier numéro de Politique étrangère « extrêmement intéressant » selon DSI

dsiSur le site du magazine Défense et Sécurité Internationale, le dernier numéro de Politique étrangère est mis à l’honneur (voir l’article original) :

La revue de l’Institut Français de Relations Internationale propose un numéro extrêmement intéressant, remettant en perspective la guerre de 1914 et la situation actuelle, en 2014. Il ne s’agit pas ici de revenir sur l’histoire de la Première Guerre mondiale mais plutôt de voir ses conséquences sur notre manière d’appréhender le monde et de la considérer, dans la première partie, comme un incubateur de mutations.

Celle de la théorie des relations internationales (Joseph Karas, Joseph Parent) mais aussi d’institutions internationales (Philippe Moreau Defarges) ou de tendances lourdes (Georges-Henri Soutou). Elle permet également de remettre en question la fameuse théorie suivant laquelle le commerce est facteur de paix (Jacques Fontanel).

La deuxième partie est d’ordre militaire : la redéfinition de la guerre (Hew Strachan) ou le cas de l’armée française (Michel Goya). La partie suivant permet d’en arriver à 2014 et à « L’Europe, entre guerres et paix », revenant sur le processus de démilitarisation (Etienne de Durand), la perception américaine de la démilitarisation de l’Europe (Klaus Larres), la place de l’Europe (Jean-Pierre Chevènement), l’évolution de la place des concepts de nation et de nationalisme (Pierre de Senarclens) ou encore le cas de l’Allemagne (Hans Stark).

Enfin, la dernière partie ouvre le débat, avec une question très pertinente de Yoon Young-kwan (« Le passé de l’Europe est-il l’avenir de l’Asie ? »), la balkanisation du Moyen-Orient (Georges Corm) ou le rapport de la Turquie au traité de Sèvres (Dorothée Schmid). Un très beau numéro à garder précieusement !

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Un numéro qui « ouvre de nouvelles perspectives »

Lignes de défensePhilippe Chapleau évoque le n°1/2014 de PE sur son blog « Lignes de Défense », voici son billet.

La revue Politique étrangère se penche sur « la Grande Guerre et le monde de demain »

Le premier numéro 2014 de Politique étrangère (volume 79, n°1) est sorti. Il fait la part belle à la Grande Guerre et à ses répercussions. Le thème est dans l’air du temps certes mais ce numéro ouvre de nouvelles perspectives sur ce siècle passé depuis 1914.

Ce numéro coordonné par Étienne de Durand (auteur d’un texte sur la démilitarisation de l’Europe) projette l’héritage du premier conflit mondial sur notre avenir et apporte des réponses à plusieurs questions: de quelles formes de conflit sommes-nous aujourd’hui les héritiers ? Que faire du droit international ? L’Europe survivra-t-elle à son pacifisme actuel ? L’Asie est-elle le prochain champ d’affrontement des nouvelles puissances ? Le Moyen-Orient arrivera-t-il à digérer la fin des empires qui l’ont mis en coupe réglée ?

Parmi les contributeurs, on notera Michel Goya (« L’armée française et la révolution militaire de la Première guerre mondiale », un texte sur les changements technologiques et doctrinaux français et le retour à la rigidité dans l’après-guerre).

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