Catégorie : Les auteurs s’expriment Page 75 of 86

« L’Égypte du général Sissi, entre réaction et aspirations révolutionnaires » : 3 questions à Chloé Berger

Auteur de l’article « L’Égypte du général Sissi, entre réaction et aspirations révolutionnaires » paru dans le numéro de printemps de Politique étrangère (1/2018), Chloé Berger, docteur en science politique rattachée à la faculté du Moyen-Orient au Collège de Défense de l’OTAN à Rome, répond à 3 questions en exclusivité pour politique-etrangere.com.

1/ À quelques jours du scrutin pour l’élection présidentielle en Égypte (26-28 mars), la réélection du général Sissi semble jouée d’avance. Une surprise est-elle possible ?

Les expatriés égyptiens ont commencé à voter le week-end dernier et le reste de l’Égypte est appelé à se rendre aux urnes à la fin de la semaine. Le président Abdel Fattah Al-Sissi devrait être réélu sans surprise car le régime n’a pas hésité à déployer l’ensemble des moyens coercitifs et de propagande à sa disposition pour s’assurer qu’il n’y aurait pas de transition. Les candidatures potentielles, même émanant de l’armée, ont été « découragées » : l’ancien chef d’état-major Sami Annan et Ahmed Chafik ont retiré leurs candidatures, de même qu’Anwar Al-Sadat, le neveu de l’ancien président, ou encore l’avocat Khaled Ali, connu pour son engagement en faveur des droits de l’homme. Les activités du parti « Pour une Égypte forte » d’Abdel Moneim Aboul Foutouh, ont été suspendues après l’arrestation de ce dernier. Bref, les appareils sécuritaires et judiciaires ont largement usé de leurs moyens pour prévenir toute concurrence et faire taire les voix discordantes.

« Yémen : imbroglio politico-juridique, désastre humanitaire, impasse militaire » : 3 questions à François Frison-Roche

Auteur de l’article « Yémen : imbroglio politico-juridique, désastre humanitaire, impasse militaire » paru dans le numéro d’hiver de Politique étrangère (4/2017), François Frison-Roche, chercheur au CNRS, répond à 3 questions en exclusivité pour politique-etrangere.com.

1) Comment la guerre au Yémen est-elle devenue un conflit régional ?

Nonobstant un lourd passé fait de guerres civiles, d’instabilités politiques chroniques et de rivalités régionales larvées, on peut dire qu’à l’origine, l’actuel « conflit yéménite » se résumait à une lutte entre trois prédateurs locaux (l’ancien président Ali Abdallah Saleh, le général Ali Mohsen et le cheikh Hamid Al-Ahmar) qui s’entendaient entre eux depuis des années pour mettre le pays en coupe réglée. Mais les deux derniers protagonistes dans cette affaire, affiliés aux salafistes et aux Frères musulmans, ont instrumentalisé la dynamique créée par les printemps arabes en se servant de la jeunesse yéménite urbaine pour tenter de redistribuer les cartes politiques et économiques en leur faveur.

« Élections allemandes : le jour d’après » : 3 questions à Hans Stark

Auteur de l’article « Élections allemandes : le jour d’après » paru dans le numéro d’automne de Politique étrangère (3/2017), Hans Stark, secrétaire général du Comité d’études des relations franco-allemandes (Cerfa) de l’Ifri, répond à 3 questions en exclusivité pour politique-etrangere.com à quelques jours du scrutin allemand du 24 septembre.

1) La réélection d’Angela Merkel ne fait guère de doutes.
Comment expliquer la longévité de la chancelière allemande ?

La longévité politique d’Angela Merkel s’explique par de nombreux facteurs. La situation économique est jugée globalement bonne par les électeurs malgré une précarité persistante qui touche près d’un Allemand sur cinq. Merkel domine largement son propre parti dont elle assure la présidence depuis 2002 et a su écarter tous ses rivaux potentiels après son arrivée à la chancellerie. Par ailleurs, dans le passé, presque tous les chanceliers de la République fédérale ont profité d’une image favorable, ce que les Allemands appellent un « bonus de gouvernement », d’où la longévité d’Adenauer et de Kohl, voire de Schmidt et de Schröder. Aussi Merkel a-t-elle bénéficié d’un large soutien auprès des Allemands depuis 2005, à l’exception des années 2015 et 2016, pendant la crise migratoire qui a semblé lui échapper.

La Turquie, entre coup d’État et référendum : 3 questions à Ahmet Insel

Auteur de l’article « La Turquie, entre coup d’État et référendum » paru dans le numéro d’été 2017 de Politique étrangère (2/2017), Ahmet Insel, chroniqueur au quotidien Cumhuriyet et ancien professeur à l’université Galatasaray d’Istanbul, répond à trois questions en exclusivité pour politique-etrangere.com.

Turquie, entre coup d'Etat et référendum

1) Quelles ont été les grandes étapes de la vie politique turque depuis le coup d’État de juillet 2016 ?

La proclamation de l’état d’urgence, quatre jours après le coup d’État avorté, a ouvert la voie au règne général de l’arbitraire. Le gouvernement, en violant les limites que la Constitution impose au champ de compétence de l’état d’urgence, utilise depuis lors ce pouvoir exceptionnel pour purger massivement l’administration des éléments indésirables, et fermer des écoles, des universités, des journaux, des fondations et des associations par simple décision administrative, sans aucun recours possible. La seconde étape a été le projet d’amendement constitutionnel, préparé à la va-vite avec le soutien inattendu du leader du parti d’extrême droite, le Parti d’action nationaliste (MHP), qui instaure un régime hyper-présidentiel et donne au président élu tous les pouvoirs, y compris le contrôle de la justice et la possibilité de gouverner par décrets.

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