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Les dynamiques d’éclatement d’Etats dans l’UE: 3 questions à Yves Gounin

Yves Gounin, auteur de l’article sur les dynamiques d’éclatement d’Etats dans l’Union européenne paru dans le n°4/2013 de Politique étrangère, répond à 3 questions en exclusivité pour politique-etrangere.com.

Yves_Gounin 1. Quels problèmes juridiques l’éventuelle accession à l’indépendance de l’Écosse, de la Catalogne ou de la Flandre soulève-t-elle ?

Elle en soulève deux. Le premier est d’ordre interne : il faudra déterminer les droits et obligations des deux États nés de la partition. Cette problématique n’est pas nouvelle (la révolution de velours en Tchécoslovaquie, l’éclatement de l’URSS et de la Yougoslavie). Elle n’est pas traitée dans mon article. Je m’intéresse aux conséquences externes de l’apparition de ces nouveaux États et, en particulier, de leur statut vis-à-vis de l’Union européenne.

2. Ces nouveaux États deviendraient-ils automatiquement membres de l’Union européenne ?

C’est toute la question ! Et elle a des implications politiques redoutables. Car, si des référendums sont organisés, les électeurs les plus hésitants pourraient rechigner à soutenir un processus qui conduirait à la naissance d’un État qui se verrait reléguer hors des frontières de l’Union européenne. Des argumentaires juridiques extrêmement sophistiqués s’échangent, du côté des indépendantistes en faveur de l’adhésion automatique, et du côté des adversaires de l’indépendance au contraire au soutien d’une inévitable – et laborieuse – négociation d’adhésion, similaire à celle que connaissent les pays balkaniques.

3. Ce débat juridique n’a-t-il pas été tranché par la Commission européenne dont le Président a affirmé fin 2012 : « Si une partie d’un territoire d’un Etat membre cessait de faire partie de cet État, les traités ne s’y appliqueraient plus »?

Cette position a pour elle l’implacable force du droit. Elle est aussi dans la logique politique des institutions communautaires, volontiers régionalistes, sans être pour autant indépendantistes.
Ceci étant, la question n’est pas close. Juridiquement d’abord, on peut se demander si le « nouvel ordre juridique de droit international » que constitue l’Union et dont les sujets sont « non seulement les Etats mais également leurs ressortissants » (la formule remonte au célèbre arrêt Van Gend en Loos de la CJCE) ferait bon ménage avec le retrait automatique de la citoyenneté européenne aux Ecossais, aux Catalans et aux Flamands. Politiquement ensuite,  on n’imagine pas que cette question fasse l’objet d’une négociation simultanée de l’indépendance et de l’adhésion à l’union européenne dont la géométrie serait variable selon que seraient en débat des enjeux bilatéraux ou multilatéraux.

Paradis fiscaux – 3 questions à Vincent Piolet

Vincent Piolet, auteur de l’article « Géopolitique des paradis fiscaux » dans Politique étrangère 3/2013, répond à trois questions en exclusivité pour politique-etrangere.com.

000-cv1_PE-3-20131. Comment peut-on définir un paradis fiscal ?
Il n’existe pas de définition précise sur laquelle tous les acteurs (politiques, institutionnels, financiers, universitaires) s’accordent.
Cependant, on peut identifier quatre dimensions : une fiscalité faible ou nulle, une grande opacité (possibilité de constituer anonymement des trusts, des fiducies ou des fondations), une législation souple et peu contraignante, et l’absence ou la faible coopération judiciaire. À ces quatre dimensions généralement admises, il faut ajouter la stabilité politique de l’État

Les drones dans la guerre – 3 questions à Jean-Baptiste Jeangène Vilmer

Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, coordinateur du dossier Les drones dans la guerre et auteur de l’article « Légalité et légitimité des drones armés » dans Politique étrangère 3/2013, répond à trois questions en exclusivité pour politique-etrangere.com.

000-cv1_PE-3-20131. De quels types de drones l’armée française dispose-t-elle et aura-t-elle, à terme, des drones armés ?
Paradoxalement, c’est l’armée de terre qui les utilise en plus grand nombre : des tactiques (Sperwer) et des mini (DRAC, Skylark) des forces spéciales et du génie. La marine a un hélidrone S-100 et l’armée de l’air quatre drones MALE Harfang (un dérivé du Heron 1 israélien), engagés pour la première fois en Afghanistan (février 2009 – février 2012). Les Harfang de l’escadron de drones 1/33 Belfort y ont accompli 5100 heures de vol et 522 missions. Ils ont ensuite servi en Libye et au Mali, où l’on a vu à la fois leur utilité et leurs limites.

Chine : la nouvelle Commission militaire centrale. 3 questions à Delphine Richard

Delphine Richard, titulaire d’un double diplôme de relations internationales, a publié un article intitulé « Le renouvellement de la Commission militaire centrale chinoise » dans Politique étrangère 2/2013. Elle répond à trois questions, en exclusivité pour politique-etrangere.com.

00-PE-2-2013-CVsmall1. À l’issue du 18e Congrès du Parti communiste chinois, la Commission militaire centrale (CMC) a été renouvelée. Quels sont les changements les plus notables ?
Le premier changement est le style de Xi Jinping. Dès les premières semaines de sa nomination, il a tenu à se rendre sur différentes bases militaires stratégiques pour le pays. Il n’hésite pas à adopter une rhétorique paternaliste et à s’afficher comme un commandant proche de ses soldats, ce qui tranche avec la réserve et la distance (apparente ?) de Hu Jintao avec les militaires.

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