Catégorie : Les auteurs s’expriment Page 86 of 87

VIDEO La politique est-asiatique de l’Inde

Isabelle Saint-Mézard, maître de conférences à l’Institut français de géopolitique à l’université Paris 8 et chercheur associé au Centre Asie de l’Ifri, est l’auteur de « L’Inde en Asie de l’Est : engagement sous réserve ? », article figurant dans le dossier « Asie : le choc des grandes stratégies » de Politique étrangère 2/2012.

Dans la vidéo ci-dessous, elle analyse la politique est-asiatique de l’Inde. Elle est interviewé par Marc Hecker, rédacteur en chef adjoint de Politique étrangère.


L’Inde en Asie de l’Est : engagement sous… par Ifri-podcast

Pour vous abonner à Politique étrangère via la Documentation française, cliquez ici.

Gouvernance Internet : 3 questions à Bertrand de La Chapelle

Bertrand de La Chapelle dirige le projet « Internet et juridiction » à l’Académie diplomatique internationale. Il siège au conseil d’administration de l’ICANN, organisme international qui gère les noms de domaine, un des principaux organes de gouvernance d’Internet. Il répond à trois questions en exclusivité pour politique-etrangere.com.

Pourriez-vous expliquer la différence entre la gouvernance DE l’Internet et la gouvernance SUR Internet ?
Internet repose sur une distinction de principe entre une couche d’infrastructure logique, qui  permet de transporter les messages et une couche d’applications, qui permettent les usages (mail, World Wide Web, VoIP, médias sociaux, etc.). La gouvernance de l’Internet concerne la couche d’infrastructure logique ; la gouvernance sur l’Internet concerne les applications et les usages.

Quelles sont les principales instances chargées de la gouvernance de l’Internet ?
Il y a un écosystème distribué : l’Internet Engineering Task Force développe les protocoles Internet et le World Wide Web Consortium ceux du Web ; cinq registres régionaux distribuent les adresses IP ; plus de 200 gestionnaires de registres (par exemple l’AFNIC pour le .fr) enregistrent les noms de domaine ; 13 « Root Server Operators » assurent la diffusion de la liste des registres, permettant le routage du trafic ; l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN) enfin, assure la coordination du système de nommage et d’adressage. Ces organisations fonctionnent sur un modèle de gouvernance « multi-acteurs », associant secteur privé, société civile, acteurs techniques et gouvernements.

Comment la gouvernance sur Internet est-elle susceptible d’évoluer au cours des prochaines années ?
La gouvernance des usages touche à la protection de la vie privée, la liberté d’expression, la protection du droit d’auteur ou la lutte contre la cybercriminalité. Le Forum sur la gouvernance Internet (FGI) est un outil de dialogue innovant pour traiter de ces sujets. Mais une tension se développe entre un réseau techniquement transfrontière et un système juridictionnel basé sur les territoires nationaux : faute de traités – qui seraient un outil inadapté – la prolifération de législations nationales introduit un risque de conflits de juridictions. Il nous faut inventer de nouveaux outils institutionnels pour traiter de ces questions, dans le respect du principe multi-acteurs.

Propos recueillis par Marc Hecker, rédacteur en chef adjoint de Politique étrangère

Pour vous abonner à Politique étrangère via la Documentation française, cliquez ici.

Comment fonctionnent les agences de notation ?

Lors de la présentation du numéro du printemps 2012 de Politique étrangère à la librairie Pedone, Norbert Gaillard (docteur en économie, Sciences Po et Princeton) explique le fonctionnement des agences de notation.


Comment fonctionnent les agences de notation ? par Ifri-podcast

Pour vous abonner à la revue Politique étrangère, rendez-vous sur le site de La Documentation Française.

L’islam dans la révolution syrienne : 3 questions à Thomas Pierret

 Thomas Pierret, maître de conférences en islam contemporain à l’université d’Édimbourg, répond à trois questions en exclusivité pour politique-etrangere.com.
Il vient de publier un ouvrage intitulé Baas et islam en Syrie. La dynastie Assad face aux oulémas (Paris, PUF, 2011). Il a également rédigé un article intitulé “Syrie : l’islam dans la révolution” paru dans le n° 4/2011 de Politique étrangère.

Quel rôle l’islam joue-t-il dans la révolution en cours en Syrie ?

Il faut distinguer ici entre trois niveaux : culturel, idéologique et organisationnel. L’islam en tant que référent culturel joue un rôle très important dans la révolution syrienne, un phénomène qui reflète la piété d’une grande partie de la société. Les mosquées ont été parmi les tout premiers foyers de manifestations en mars 2011. Pour se donner du courage, les protestataires ont régulièrement entonné des slogans comme « Dieu est grand » ou « Ô Dieu nous n’avons que toi ». Des prières collectives ont été organisées durant les manifestations. En revanche, l’islam en tant qu’idéologie politique articulée (islamisme) est très peu présent dans le discours révolutionnaire : même l’opposition islamiste ne met pas l’accent sur les notions d’État islamique et de charia, alors que ces dernières étaient centrales lors du précédent soulèvement (1979-1982). Enfin, par niveau organisationnel, je fais référence au rôle des leaders religieux et des mouvements islamiques. Certains oulémas (hommes de religion) ont été à l’avant-plan en osant critiquer la répression lors de leurs sermons du vendredi, en démissionnant de leurs fonctions en signe de protestation ou, plus rarement, en devenant membres de comités révolutionnaires locaux. Quant aux mouvements islamistes tels que les Frères musulmans, ils avaient été à peu près complètement éradiqués sous le Ba’th. Par conséquent, si leur poids au sein de l’opposition en exil est considérable, il s’est révélé assez négligeable sur le terrain pendant les 12 premiers mois du soulèvement.

Dans la sphère islamique, les Frères musulmans sont-ils les principaux acteurs de la contestation ?

Jusqu’à présent, les acteurs religieux contestataires les plus visibles à l’intérieur du pays ont été les oulémas qui, à la différence des Frères Musulmans, avaient pignon sur rue et bénéficiaient donc d’une grande notoriété. Les  Frères musulmans occupent une position très marginale sur le terrain puisque cela fait près de 30 ans qu’ils n’ont plus de structures organisées. Ils essaient actuellement de se reconstruire une base populaire en Syrie par le biais de l’envoi d’aide humanitaire et militaire à l’opposition. La répression féroce de l’islam politique par le Ba’th au cours des dernières décennies a également contraint à la marginalité les autres groupes islamistes comme le Parti de la libération islamique, partisan du rétablissement immédiat du Califat, ou le Courant islamique indépendant, un réseau informel d’intellectuels islamistes modérés.
La situation est très différente au sein de l’opposition en exil. Là, s’appuyant sur l’ampleur de leurs réseaux transnationaux et sur leur expérience du travail politique, les Frères musulmans affichent des prétentions hégémoniques. Ils occupent environ un quart des sièges du Conseil national syrien, dont ils constituent la force dominante. Cette position de force est toutefois contestée jusque dans la mouvance islamiste. Elle l’est notamment par le Mouvement Justice et Développement, un parti « démocratique et conservateur » comparable à l’AKP turc, fondé à Londres en 2006. Elle l’est aussi par des islamistes qui n’ont quitté la Syrie qu’après mars 2011 (Haytham al-Malih ou ‘Imad al-Din al-Rashid, fondateur du Courant national syrien) et estiment donc qu’ils sont au moins aussi légitimes que les Frères, basés à l’étranger depuis au moins 30 ans.

Ayman al-Zawahiri a déclaré qu’il soutenait la révolution syrienne. En outre, un groupe djihadiste, Jabhat Al-Nusra Li-Ahl Al-Sham, s’est récemment constitué et des rumeurs circulent au sujet de la libération d’Abu Musab al-Suri. Faut-il craindre que la Syrie devienne un nouveau front d’Al-Qaida ?

La question est éminemment politique puisque le régime syrien use de cette thématique pour délégitimer l’opposition. Après son échec en Irak, il est logique qu’Al-Qaida cherche en Syrie un nouveau terrain de djihad. De ce point de vue, le pays constitue une cible idéale puisqu’un mouvement de contestation majoritairement sunnite y est écrasé dans le sang par un régime alaouite et allié à l’Iran chiite, le tout sous le regard impuissant des pays occidentaux. Malgré cela, Al-Qaida n’est pas (encore ?) devenue un acteur significatif dans le conflit. L’écrasante majorité des opérations menées contre les forces du régime le sont par des brigades se réclamant de l’Armée syrienne libre. Or ces dernières usent d’une symbolique islamo-nationaliste très différente du salafisme-djihadisme d’Al-Qaida. Les efforts de Jabhat al-Nusra (« le Front du soutien ») pour se donner une présence médiatique sont pour l’instant pathétiques : il s’agit d’une une poignée de vidéos de mauvaise qualité et contenant peu d’images originales, si bien qu’elles ne permettent pas de lever les doutes concernant la réalité de cette organisation. L’administration américaine a pointé Al-Qaida du doigt suite aux attentats menés contre les sièges des renseignements syriens à Damas et Alep en décembre et janvier dernier. Les Américains ne savent en réalité pas grand-chose des responsables de ces attentats et l’accusation paraît surtout destinée à permettre à Washington de se laver les mains du dossier syrien. Al-Qaida est certes un coupable potentiel mais les attaques peuvent tout aussi bien être le fait d’opposants non djihadistes. On ne peut pas non plus exclure une manipulation du régime sur le modèle algérien.

Pour vous abonner à la revue Politique étrangère, rendez-vous sur le site de La Documentation Française.

Page 86 of 87

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén