Le Prophète et la Pandémie

Cette recension a été publiée dans le numéro d’automne 2021 de Politique étrangère (n° 3/2021). Frédéric Charillon propose une analyse du nouvel ouvrage de Gilles Kepel, Le Prophète et la Pandémie. Du Moyen-Orient au jihadisme d’atmosphère (Gallimard, 2021, 336 pages).

L’année 2020 a bouleversé le Moyen-Orient, le Golfe et la Méditerranée, plus sans doute qu’aucun épisode depuis longtemps. La combinaison de la pandémie de Covid-19, de l’effondrement des prix du pétrole et du gaz et de la marche forcée d’un Donald Trump en fin de mandat pour imposer les accords dits d’Abraham (normalisation des relations de plusieurs États arabes – Émirats, Bahreïn, Soudan, Maroc – avec Israël) a changé la donne. C’est la chronique analytique de ce moment clé, et de ses répercussions possibles pour la France et l’Europe, que nous livre Gilles Kepel. On y retrouve sa patte, son expérience et son style, toujours friand de vocabulaire recherché : le nord devient généralement le septentrion, et le centre, le mitan. Comme dans ses livres antérieurs, les « nervis » et autres « affidés » – ceux qui servent des puissances ou des chefs de guerre – répondent présents. Comme quoi, les sciences sociales peuvent élargir leur vocabulaire au-delà de « agent », « structure », « construction » ou « performatif ».

La Mongolie contemporaine

Cette recension a été publiée dans le numéro d’automne 2021 de Politique étrangère (n° 3/2021). Michaël Levystone, chercheur au Centre Russie/NEI de l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage d’Antoine Maire, La Mongolie contemporaine. Chronique politique, économique et stratégique d’un pays nomade (CNRS Éditions, 2021, 350 pages).

Antoine Maire brosse le portrait politique, économique et stratégique d’un pays qui, en l’espace d’un hiver (1989-1990), a troqué ses habits de seizième République officieuse de l’Union soviétique contre ceux d’un État souverain.

[CITATION] La finance durable, nouvel enjeu de la compétition économique mondiale

Accédez à l’article de Guillaume Cravero et Patricia Crifo ici.

Retrouvez le sommaire du numéro 3/2021 de Politique étrangère ici.

Taïwan mène sa barque

Le 13 octobre dernier, Louis Fraysse a publié dans l’hebdomadaire Réforme un article consacré aux ambitions croissantes de la Chine et au risque que cela représente notamment pour Taïwan. Il cite à cette occasion le dossier du numéro d’été de Politique étrangère (n° 2/2021), « L’Asie de l’Est face à la Chine », et plus particulièrement l’article de Marc Julienne et John Seaman, « Pékin : pire et meilleur ennemi de Taïwan ».

Si de moins en moins de pays reconnaissent officiellement l’indépendance de l’île, les pressions accrues de Pékin tendent paradoxalement à renforcer sa position sur la scène internationale. Ce dimanche 10 octobre était jour de fête nationale à Taïwan. Cette journée, connue sous le nom de « double dix », commémore la révolution d’octobre 1911 qui a renversé la dynastie impériale des Qing et donné naissance à la république de Chine. En 1949, cette dernière, vaincue par les communistes de Mao Zedong, a trouvé refuge sur l’île de Taïwan. Elle vit depuis dans une situation bien inconfortable, comme dans un entre-deux perpétuel. D’un côté, le pays, de facto indépendant, a été loué dans le monde entier pour sa réponse anticipée, efficace et transparente à la pandémie de Covid-19. Alors que l’île, avec ses 23 millions d’habitants, est cinq fois plus densément peuplée que la France, elle ne compte que 846 décès liés au coronavirus – contre plus de 117 000 en France. L’occasion pour Taipei de s’ériger en contre-modèle de Pékin, et d’affirmer qu’une démocratie est tout aussi capable de répondre à une crise sanitaire majeure…

[…] « Loin de faire plier Taïwan, les pressions chinoises semblent renforcer encore une identité taïwanaise propre », ajoutent Marc Julienne et John Seaman dans un article publié dans Politique étrangère. C’est notamment ce qu’indiquent les sondages menés par l’université nationale Chengchi, à Taipei. Alors que seules 17,6 % des personnes interrogées s’identifiaient comme « uniquement taïwainaises » en 1994, elles étaient 64,3 % fin 2020, et même plus de 80 % chez les 20-29 ans. Trois quarts des Taïwanais consultés estiment par ailleurs que Taïwan est indépendante de fait, et moins de 7 % souhaitent une réunification avec la Chine. […]

***

Accédez à l’intégralité de l’article ici.

Retrouvez l’article de Marc Julienne et John Seaman ici.

Page 200 of 604

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén