« Vacciné : ne fréquenter que des personnes vaccinées. » Gustave Flaubert, Dictionnaire des idées reçues.
La perspective d’une guerre courte contre la pandémie de COVID-19 s’est vite dissipée. L’horizon du « jour d’après » a toujours été celui de l’immunité collective contre le virus : par la contamination quasi générale ou par la vaccination de la majeure partie de la population. Le développement inattendu de vaccins efficaces a rendu réaliste le scénario d’immunisation collective de l’humanité par la vaccination.
Le nouveau numéro de Politique étrangère (n° 2/2021) vient de sortir ! Il consacre un dossier spécial à la l’Asie de l’Est face à la Chine, et un Contrechamps à la dette. Et comme à chaque nouveau numéro, de nombreux autres articles viennent éclairer l’actualité : COVID-19 et la géopolitique de l’immunité collective, la démocratie américaine, le détroit d’Ormuz, le modèle de Dubaï face à Abou Dhabi, les relations entre les deux Corées…
La Chine est sans conteste désormais un poids dominant de la scène internationale, maniant une remarquable palette stratégique. Étudier ses postures dans son environnement d’Asie du Sud-Est, vis-à-vis du Japon, de la Corée, de Taïwan, des pays de l’ASEAN, jusqu’à l’Australie, c’est saisir à la fois la force d’actions très diversifiées, et leur limite.
Brutalité militaire en mer de Chine, séduction vaccinale, emprise économique, investissements maniés comme instruments d’influence, tentatives de contrôle des systèmes politiques, propositions d’organisations régionales marginalisant les acteurs extérieurs – occidentaux… – : tous les moyens sont bons pour affirmer la centralité de la puissance chinoise face à des États écartelés entre leurs intérêts de voisins et leur volonté d’indépendance. Le rapport des forces en Asie du Sud-Est pourrait bien être symbolique du monde qui s’annonce.
Le COVID-19 n’a pas bouleversé les logiques géopolitiques à l’œuvre dans le monde. La géographie de la diffusion des vaccins le montre clairement, qui correspond très largement à l’affirmation des puissances dans leurs zones d’influence respectives : il y a une géopolitique de l’immunité. Par contre, les consensus sur lesquels s’appuyait jusqu’à aujourd’hui la mondialisation ont été questionnés, en particulier concernant la soutenabilité des dettes publiques. Comment se refermeront les vannes largement ouvertes durant la crise des crédits publics, et les dettes ainsi créées seront-elles, et comment, remboursées ?
Suite au sondage réalisé sur ce blog, nous avons le plaisir de vous offrir en avant-première l’article du numéro d’été 2021 de Politique étrangère (n° 2/2021) – disponible dès lundi 7 juin – que vous avez choisi d'(é)lire : « Détroit d’Ormuz : la guerre des nerfs », écrit par Morgan Paglia, doctorant à l’Institut catholique de Paris et à l’École pratique des hautes études.
L’interdépendance économique pousse un nombre croissant d’acteurs à percevoir les échanges internationaux comme un moyen d’influence et de coercition. Cette tendance, désignée en anglais par l’expression weaponized interdependance, se fait particulièrement sentir près des détroits, ou les plus modestes passages étroits, qui sont environ 200 dans le monde. Parmi ceux-ci, Ormuz fait partie des points stratégiques les plus sensibles : près de 90 % du pétrole produit dans le Golfe – entre 20 % et 30 % du pétrole brut mondial – quitte la région sur des tankers qui doivent passer par ce goulet d’étranglement de 55 kilomètres de large. Aucune des solutions terrestres existantes – pipelines, oléoducs, camions – ne pourrait offrir une voie de substitution viable en cas de fermeture du détroit.
Le nouveau numéro de Politique étrangère (n° 2/2021) va paraître (J-4) ! Il consacre un dossier spécial à la l’Asie de l’Est face à la Chine, et un Contrechamps à la dette. Et comme à chaque nouveau numéro, de nombreux autres articles viennent éclairer l’actualité : COVID-19 et la géopolitique de l’immunité collective, la démocratie américaine, le détroit d’Ormuz, le modèle de Dubaï face à Abou Dhabi, les relations entre les deux Corées…
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