Interview : 3 questions à Pierre Melandri

Auteur de l’article « Americans First : la géopolitique de l’administration Biden » paru dans le numéro d’automne de Politique étrangère  (n° 3/2021)Pierre Melandri, historien et ancien professeur des universités à Sciences Po, répond à trois questions en exclusivité pour politique-etrangere.com.

1) En quoi le message « Americans First » de Biden est-il différent du slogan « America First » de Trump ?

La différence reste subtile parce que, depuis les années Obama, les forces profondes pesant sur la politique étrangère des États-Unis demeurent les mêmes : d’abord, la lassitude des Américains face aux « guerres sans fin » ; ensuite, l’inquiétude croissante face à la montée de la Chine en puissance ; enfin et surtout, la volonté d’une large partie de la population de voir le pays arrêter de consacrer des ressources démesurées à la préservation d’un ordre international ne servant, à ses yeux, qu’un groupe étroit d’intérêts.

Mais si Obama s’est contenté d’adapter la politique étrangère américaine à ces nouvelles réalités, Trump a choisi de remettre radicalement en cause les trois piliers sur lesquels depuis 1947-1949 elle avait reposé : une ouverture internationale des marchés qui, selon lui, avait nui aux entreprises américaines et à leurs salariés ; un système multilatéral d’alliances qui, à l’écouter, avait permis aux partenaires des États-Unis d’exploiter sans vergogne ces derniers ; un attachement, au moins rhétorique, aux valeurs démocratiques auquel il reprochait d’avoir lié les mains de l’Amérique.

[CITATION] Sanctions secondaires américaines : du vieux vin dans des outres neuves ?

Accédez à l’article de Sophie Marineau ici.

Retrouvez le sommaire du numéro 3/2021 de Politique étrangère ici.

Angela Merkel, la fin d’une ère

Le 22 septembre dernier sur RFI, dans son émission « Décryptage », Clémentine Pawlotsky a reçu Paul Maurice, chercheur au Comité d’études des relations franco-allemandes (Cerfa) à l’Ifri, auteur de l’article « Allemagne/Union européenne, l’héritage ambigu d’Angela Merkel », publié dans le numéro d’automne de Politique étrangère (n° 3/2021).

Elle a été l’une des femmes les plus puissantes au monde. La chancelière allemande Angela Merkel s’apprête à passer la main après quatre mandats, 16 années au total passées au pouvoir. L’Allemagne organise, le dimanche 26 septembre 2021, ses élections fédérales. Les électeurs seront appelés à élire leurs députés. La majorité au Bundestag désignera ensuite son successeur à la chancellerie. L’occasion de dresser le bilan de la politique menée par Angela Merkel. Aura-t-elle marqué l’histoire ? Quels sont ses réussites et ses échecs ?

China’s Fintech Explosion

Cette recension a été publiée dans le numéro d’automne 2021 de Politique étrangère (n° 3/2021). Camille Macaire propose une analyse de l’ouvrage de Sara Hsu et Jianjun Li, China’s Fintech Explosion (Columbia University Press, 2020, 320 pages).

En seulement quelques décennies, la Chine a vécu une transformation fulgurante, passant d’un statut de pays au niveau de richesse parmi les plus faibles du monde à celui de puissance internationale de premier plan. La révolution numérique a été un ingrédient clé de cette évolution sans précédent, permettant au pays de « sauter » des étapes de développement. En premier lieu dans les technologies financières. Là où les services bancaires et financiers étaient encore à leurs débuts, des entreprises du numérique ont proposé des offres sophistiquées pour tous les segments de la finance traditionnelle. Ce chemin de développement a fait de la Chine l’un des pays les plus matures en matière de fintech, à la fois parce que ces technologies y ont été développées précocement, et du fait du nombre d’utilisateurs qui assure de gigantesques capacités d’apprentissage aux algorithmes sous-jacents. Dans le secteur des paiements par exemple, les deux entreprises dominantes, Ant Financial et Tencent, totalisent plus d’un milliard d’utilisateurs chacune.

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