Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps dePolitique étrangère (n°1/2020). Matthieu Tardis propose une analyse de l’ouvrage de Julian Fernandez, Exilés de guerre. La France au défi de l’asile (Armand Colin, 2019, 192 pages).
Les réfugiés suscitent une attention sans précédent en
Europe de la part des responsables politiques, des médias et des citoyens
depuis 2015. Il est donc naturel, et utile, que les chercheurs se joignent
au débat public pour l’éclairer et se distancer de positions souvent aussi
passionnées qu’irrationnelles.
Le nouveau numéro dePolitique étrangère (n°1/2020) vient de paraître ! Il consacre un dossier complet aux pays du Golfe et un Contrechamps aux relations russo-européennes. Comme à chaque nouveau numéro, de nombreux autres articles viennent éclairer l’actualité : le nationalisme hindou au pouvoir en Inde, les enjeux géopolitiques liés à l’Amazonie, la stratégie à adopter face aux djihadistes au Sahel…
L’enjeu énergétique et
climatique au Moyen-Orient est un concentré de superlatifs. La région abrite
les principales réserves mondiales de pétrole et de gaz. Elle produit le tiers
du pétrole consommé dans le monde, mais doit faire face à une concurrence accrue, des producteurs nord-américains
notamment. La région compte des États
comme l’Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis (EAU) ou encore le Qatar, qui
font partie des plus importants émetteurs de CO2 par habitant au
monde. Leur consommation d’énergie ne cesse de croître, favorisée par des
subventions aux énergies fossiles qui sont parmi les plus élevées du monde. La
consommation d’eau par habitant y bat des records et sa principale source, le
dessalement, est particulièrement énergivore. La croissance économique et
démographique s’y traduit par des besoins nationaux en électricité croissants.
La région est aussi directement exposée au réchauffement climatique, soumise à
un stress hydrique de plus en plus important. Face à cela l’ensoleillement
forme un potentiel immense de production d’électricité solaire mais les mix
électriques restent encore aujourd’hui largement dominés par les énergies
fossiles.
Porté par la multiplication des flux transnationaux, la vivacité des revendications égalitaires et l’émergence d’impératifs planétaires, le mouvement de juridisation-judiciarisation pourrait conduire à une mutation du système international. À l’avenir, ce système pourrait être caractérisé par son hétérogénéité et son instabilité. Le droit joue un rôle central tant dans les opérations les plus sinistres que lors des avancées libératrices. La double dynamique de la « juridisation » – développement et élargissement sans précédent des règles de toutes sortes dans tous les domaines – et de la judiciarisation – multiplication des juridictions internationales de tous types, imbrication croissante des juridictions internes et des juridictions internationales – transforme irréversiblement le système interétatique, contribuant au développement d’une forme de société internationale. Mais, sous la société, la jungle disparaît-elle ?
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