Instabilité politique et perspectives de démocratie en Afrique

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L’article « Instabilité politique et perspectives de démocratie en Afrique », écrit par Peter Anyang’ Nyong’o, à l’époque chef de programme à l’Académie africaine des sciences à Nairobi, a été publié dans le n° 3/1988 de Politique étrangère.

Il ne fait aucun doute que l’on assiste aujourd’hui à un regain d’intérêt pour l’étude de la démocratie et des perspectives de démocratisation en Afrique. Cette fois, l’initiative n’en revient pas à des universitaires expatriés cherchant là de nouveaux terrains d’essai pour leurs recherches, mais à des spécialistes africains qui essayent, chez eux, d’apporter des solutions à la crise actuelle.

La démocratie, peut-on lire dans une étude déjà parue, est importante en soi pour le développement de l’Afrique. Si les États africains n’ont pas réussi à tracer des voies de développement (ou d’industrialisation) viables, c’est avant tout en raison de l’absence de toute responsabilité politique, et donc de démocratie. Depuis l’indépendance, le rôle du citoyen dans les affaires publiques a été systématiquement réduit. L’arène politique s’est rétrécie, la démobilisation politique est devenue la norme plutôt que l’exception dans le comportement des régimes, et la manipulation des structures sociales pour justifier et maintenir la répression politique a constitué la préoccupation majeure de la plupart des gouvernements. Tout ceci est venu renforcer une caractéristique notoire que partagent presque tous les gouvernements africains : le mauvais emploi des ressources publiques et leur utilisation à des fins privées, toute possibilité de voir s’épanouir un processus viable de développement autochtone étant écartée ou délibérément étouffée. C’est ainsi qu’est apparue une corrélation bien nette entre l’absence de démocratie dans les régimes politiques africains et la détérioration des conditions socio-économiques.

Guardians of the Arab State

Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver de Politique étrangère (n° 4/2017). Stéphane Valter propose une analyse de l’ouvrage de Florence Gaub, Guardians of the Arab State: When Militaries Intervene in Politics, from Iraq to Mauritania (Hurst, 2017, 272 pages).

Voici un ouvrage fort intéressant, même si ce n’est pas le premier travail sur la question, et que plusieurs points n’y sont guère traités, alors que les répétitions sont nombreuses. Son plan est discutable : des questions générales, concernant toutes les armées arabes, sont abordées, puis reprises plus loin au gré des sections traitant des cas d’espèce (les armées par pays), ce qui génère des redites, seraient-elles utiles.

Le Jihadisme des femmes

Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver de Politique étrangère (n° 4/2017). Marc Hecker, rédacteur en chef de Politique étrangère et chercheur au Centre des études de sécurité de l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage de Fethi Benslama et Farhad Khosrokhavar, Le Jihadisme des femmes. Pourquoi ont-elles choisi Daech ? (Seuil, 2017, 112 pages).

Fethi Benslama et Farhad Khosrokhavar sont deux chercheurs connus pour leurs travaux sur la radicalisation. Le premier est professeur de psychopathologie à l’université Paris-Diderot, le second directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Dans ce court ouvrage, ils cherchent à croiser la vision du psychanalyste et du sociologue pour tenter de « détecter des passerelles entre faits psychiques et faits sociaux ». Leur objectif est de mieux comprendre le phénomène du djihadisme féminin. Pour ce faire, ils ont collecté des données – soit directement (entretiens, consultations cliniques), soit indirectement (ouvrages, articles de presse) –, sur une soixantaine de cas.

Tallinn Manual 2.0 on the International Law Applicable to Cyber Operations

Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver de Politique étrangère (n° 4/2017). Victor Fèvre propose une analyse du Tallinn Manual 2.0 on the International Law Applicable to Cyber Operations (Cambridge University Press, 2017, 640 pages).

L’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) a créé et implanté son « centre d’excellence cyber » (NATO Cooperative Cyber Defence Centre of Excellence – CCDCOE) à Tallinn, après les cyberattaques dont l’Estonie a été victime en 2007. Un groupe d’experts (militaires, chercheurs, juristes, etc.) a été rassemblé sous son égide pour élaborer un ouvrage collectif sur les règles d’engagement d’une opération cyber, inexistantes jusqu’à présent. C’est ainsi que le Tallinn Manual 1.0 a été publié en 2013, même si ce n’est pas officiellement sous l’étiquette OTAN. Le premier manuel était très axé sur les opérations militaires, et le groupe d’experts a été élargi pour étendre la réflexion à toutes les opérations dans le cyberespace. Le présent Tallinn Manual 2.0 a été publié en 2017. La France n’était pas représentée dans le groupe, et le manuel n’existe qu’en anglais – comme le site internet du CCDCOE.

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