Europe, terre d’asile ?

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°1/2017). Corinne Balleix propose une analyse de l’ouvrage de Sarah Lamort, Europe, terre d’asile ? Défis de la protection des réfugiés au sein de l’Union européenne (PUF, 2016, 216 pages).

Europe, terre d'asile _

Dans un contexte où, depuis 2014, le système d’asile européen commun est ébranlé par une crise migratoire grave, le livre de Sarah Lamort arrive à point nommé. L’auteur, qui a également travaillé plusieurs années pour le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés en Turquie, prend ses distances vis-à-vis des discours militants accusant la politique d’asile européenne d’affaiblir le droit d’asile, et explore les relations complexes entre gestion des flux migratoires et promotion des droits de l’homme au travers de la politique d’asile européenne. Soulignant que l’Union européenne constitue au niveau mondial l’espace de protection le plus perfectionné, Sarah Lamort estime que la protection est inséparable du contrôle, l’État devant pouvoir identifier chaque personne qui sollicite sa protection.

Irregular War: ISIS and the New Threat from the Margins

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°1/2017). Jean-Loup Samaan propose une analyse de l’ouvrage de Paul Rogers, Irregular War: ISIS and the New Threat from the Margins (I.B. Tauris, 2016, 224 pages).

Irregular War

Auteur prolifique, Paul Rogers propose ici une réinterprétation du phénomène Daech comme conséquence des dysfonctionnements du système international contemporain. Si la majeure partie des travaux consacrés au groupe terroriste a jusqu’ici étudié sa genèse irakienne et syrienne, Paul Rogers affirme que l’État islamique (EI) est aussi l’expression de ce qu’il nomme « les révoltes de la marge » (revolts from the margins). Les formes du terrorisme moderne tel que l’EI seraient un symptôme du dérèglement du système international, un système marqué par l’aggravation des inégalités économiques, le renforcement d’élites transnationales déconnectées des réalités locales et une dégradation des conditions environnementales. « D’autres exemples [que l’EI] incluent des groupes islamistes tels que Boko Haram, le front Al-Nosra, mais aussi la rébellion néomaoïste naxalite en Inde ainsi que dans un passé récent, les néomaoïstes du Népal et le Sentier lumineux au Pérou », précise-t-il dans le premier chapitre.

L’Alternative pour l’Allemagne. Programme, évolution et positionnement politique

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°1/2017). Hans Stark, secrétaire général du Comité d’études des relations franco-allemandes à l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage dirigé par Alexander Häusler, Die Alternative für Deutschland. Programmatik, Entwicklung und politische Verortung (Springer Verlag, 2016, 256 pages).

Die Alternative fur Deutschland

La naissance, en 2013, du parti Alternative für Deutschland (AfD, Alternative pour l’Allemagne), sa montée en puissance dans les sondages et son entrée aux parlements de 10 des 16 Länder allemands (au 1er février 2017) ont provoqué un intérêt très vif pour cette formation, d’autant que sa progression s’inscrivait évidemment dans le contexte des succès électoraux de partis dits « populistes de droite » en Europe, le Brexit et la victoire de Trump. Sans parler de l’ombre omniprésente du IIIe Reich. C’est donc à point nommé qu’un collectif de chercheurs allemands, spécialistes de l’extrême droite d’outre-Rhin, a réalisé une première étude d’ensemble, sous le titre : L’Alternative pour l’Allemagne. Programme, évolution et positionnement politique.

Le Président et la Bombe. Jupiter à l’Élysée

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°1/2017). Corentin Brustlein, responsable du Centre des études de sécurité à l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage de Jean Guisnel et Bruno Tertrais, Le Président et la Bombe. Jupiter à l’Élysée (Odile Jacob, 2016, 336 pages).

Le Président et la Bombe (2)

À bien des égards, la place de l’arme nucléaire dans la posture stratégique française est unique dans le monde. La possession de « la bombe » répond pour la France à des traumatismes nationaux (guerre de 1870, guerres mondiales, crise de Suez) qui, s’ils paraissent aujourd’hui éloignés, ont marqué dans la durée la culture stratégique nationale, par la place centrale accordée à des considérations telles que l’indépendance nationale et l’autonomie dans la conduite de l’action militaire. En retour, l’arme nucléaire a, elle aussi, façonné la France, à commencer par ses institutions, influence dont la traduction la plus notable est probablement l’élection du président de la République au suffrage universel. L’ouvrage de Jean Guisnel et Bruno Tertrais est une plongée dans cette exception nucléaire française. Faisant suite à un documentaire audiovisuel diffusé au printemps 2016 dont il approfondit le contenu, le livre est divisé en trois parties de volume inégal, permettant au lecteur de retracer l’émergence progressive de cette relation symbiotique et de comprendre les fondements de la posture nucléaire actuelle, ses évolutions récentes, sa pratique et son articulation avec l’ensemble de la politique de défense française.

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