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Israël et ses colombes

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°1/2017). Daniel Shek propose une analyse de l’ouvrage de Samy Cohen, Israël et ses colombes. Enquête sur le camp de la paix (Gallimard, 2016, 320 pages).

Israël et ses colombes

Le judaïsme est une culture qui favorise le débat et n’aime guère le consensus. On ne s’étonnera donc pas qu’existe en Israël une société civile dynamique, dont une partie est engagée dans le « camp de la paix ». Ce camp est constitué d’une centaine d’organisations que Samy Cohen, directeur de recherche émérite à Sciences Po, énumère et catégorise savamment. Curieusement, avec Israël et ses colombes, Cohen accomplit un travail qu’aucun chercheur n’avait véritablement entrepris, y compris en Israël : un tour d’horizon complet, intelligent et fort lisible de ce camp de la paix, depuis la naissance de La Paix maintenant. Les bons et les mauvais moments sont évoqués, des grands espoirs suscités par le processus d’Oslo jusqu’à la situation actuelle, où aucune négociation ne point à l’horizon.

The Two-State Delusion

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°1/2017). Cédric Parizot propose une analyse de l’ouvrage de Padraig O’Malley, The Two-State Delusion. Israel and Palestine: A Tale of Two Narratives (Viking, 2016, 512 pages).

The Two-State Delusion

The Two-State Delusion s’interroge sur la pertinence d’une solution à deux États pour régler le conflit israélo-palestinien. Amorcée en 2010 par Padraig O’Malley, cette recherche avait pour objectif initial de tirer des leçons des négociations passées pour les appliquer lors de tentatives ultérieures. Sa conclusion est sans ambiguïté : non seulement la résolution du conflit à travers la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël ne convainc plus personne, mais elle est contreproductive.

Et pour cause : les obstacles qui s’y opposent n’ont cessé de se multiplier depuis le dernier quart de siècle. Ils sont de trois types.

Palestine : l’histoire avance plus vite que les idées

Pour terminer cette sélection d’articles qui ont marqué les 80 ans de la revue, nous vous proposons de lire un dernier texte phare, écrit par Sari Nusseibeh : « Palestine : l’histoire avance plus vite que les idées », publié dans le numéro d’automne 2013 (n°3/2013).

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Sari Nusseibeh est un des grands intellectuels palestiniens contemporains. Il a été président de l’université Al-Qods de Jérusalem de 1995 à 2014. En 2002, il a proposé un plan de paix avec Ami Ayalon, ancien chef du Shin Bet (service de renseignement intérieur israélien). Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont What is a Palestinian State Worth? (Harvard University Press, 2011) et Une allumette vaut-elle toute notre philosophie ? (Flammarion, 2012).

« Près d’un demi-siècle après l’annexion de Jérusalem-Est par Israël et 20 ans après la signature des accords d’Oslo, l’Union européenne (UE) commence à réaliser que l’absorption de cette partie du territoire occupé par Israël rend impossible une solution classique à deux États. La création d’un État palestinien le long des frontières de 1967 ayant pour capitale Jérusalem-Est ne paraît en effet plus réalisable. Les responsables européens ont brusquement pris la mesure de la multiplication des atteintes commises par Israël à l’encontre de la population arabe dans cette partie de la ville et ont estimé qu’il était urgent d’agir. Ainsi Jérusalem-Est commence-t-elle à figurer dans les rapports officiels de l’UE et dans le plan de soutien financier de l’UE au prétendu processus de création d’un État palestinien.

Palestine : l’indépendance est-elle possible ?

Alors que les parlementaires français s’apprêtent à débattre de l’indépendance de la Palestine, l’Ifri vous propose de relire deux articles parus récemment dans la revue Politique étrangère.

Le premier est l’œuvre du grand intellectuel palestinien Sari Nusseibeh. Son titre, « Palestine : l’histoire avance plus vite que les idées », reflète la thèse de l’auteur : l’indépendance de la Palestine est une idée du passé. La colonisation israélienne aurait tellement progressé depuis vingt ans que la Palestine ne pourrait plus être séparée d’Israël.

Dans le second article, Shaul Arieli – qui a notamment commandé une brigade dans la bande de Gaza avant de devenir conseiller d’Yitzhak Rabin – estime à l’inverse que la solution à deux États reste physiquement possible mais que le climat politique actuel n’y est pas propice.

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