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Le Qatar : un micro-État aux ambitions planétaires

Dans cette recension, issue de Politique étrangère 3/2013, Denis Bauchard propose une analyse d’une série d’ouvrages récents consacrés au Qatar.

Le Qatar a suscité un nombre important d’ouvrages, d’articles et de reportages dans les médias, plus que tout autre pays. L’intérêt porté à ce micro-État paraît disproportionné par rapport à sa population – 200 000 Qataris de souche, soit moins que la population du XVe arrondissement de Paris – ou sa taille – la surface d’un département français. La lecture des ouvrages récemment publiés, souvent critiques, permet de mieux comprendre les raisons de cet engouement.
Une effervescence éditoriale
00-Confluences-Méditerranée-84
Le numéro de Confluences-Méditerranée, Qatar : jusqu’où ?, no 84, hiver 2012/2013 (Paris, L’Harmattan, 2013, 194 pages), qui s’interroge : « Jusqu’où ? », s’attache à évoquer les différents aspects de la stratégie du Qatar : il souligne « sa volonté de se démarquer des deux voisins encombrants que sont l’Arabie Saoudite et l’Iran », en clair d’exister sur la scène internationale à l’ombre de deux grandes puissances régionales qui ne lui veulent pas que du bien. Entre wahhabisme et modernité, l’émirat doit faire face à de nombreux défis : faiblesse numérique de sa population, nombre très limité de cadres nationaux, l’obligeant à faire appel à des experts étrangers, conservatisme de la société.

The Race for What’s Left – Winner Take All

Cette recension est issue de Politique étrangère 2/2013. Michel Gueldry propose une analyse des ouvrages de Michael T. Klare – The Race for What’s Left. The Global Scramble for the World’s Last Resources (New York, Metropolitan/Picador, 2012, 320 pages) et de Dambisa Moyo – Winner Take All. China’s Race for Resources and What It Means for the World (New York, Basic Books, 2012, 272 pages).

00-KlareDambisa Moyo étudie le rôle de la Chine et Michael T. Klare l’ensemble des concurrents nationaux dans la compétition croissante pour les ressources naturelles (pétrole, minerais, terre, etc.). Le diagnostic est sombre : offre moins élastique, marchés tendus, déséquilibre structurel entre offre et demande, primes de risque croissantes (les ressources viendront de régions contestées ou instables), retours sur investissement décroissants. D. Moyo résume bien les causes de pression que M.T. Klare néglige, et les colossales combinaisons commerciales chinoises

The Religious Factor in Russia’s Foreign Policy

Cette recension est issue de Politique étrangère 1/2013. Julien Nocetti propose une analyse de l’ouvrage d’Alicja Curanovic, The Religious Factor in Russia’s Foreign Policy (Londres, Routledge, 2012, 358 pages).

couv-Curanovic-9780415688314En réintégrant le facteur religieux dans sa diplomatie, la Russie de Vladimir Poutine cherche à pallier les errements de l’ère Eltsine : une identité nationale floue conjuguée à une perte d’influence internationale et à la guerre en Tchétchénie.
Au fond, la diplomatie religieuse du Kremlin diffère peu de celle conduite par les tsars : à l’époque impériale, le facteur religieux était d’abord utilisé pour légitimer les activités de l’État hors de ses frontières, élargir sa sphère d’influence et mobiliser la société russe contre des menaces extérieures.

War, Religion and Empire

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (4/2012). Jérôme Marchand propose une analyse de l’ouvrage d’Andrew Phillips, War, Religion, and Empire: The Transformation of International Orders (Cambridge, MA, Cambridge University Press, 2011, 382 pages).

Cet ouvrage touffu est directement dérivé d’une thèse soutenue à l’université de Cornell par un jeune chercheur australien. Nourri d’un grand nombre de références savantes, il explore les dynamiques complexes présidant à la transformation et à la désagrégation des ordres internationaux, définis en introduction comme la « constellation de normes constitutionnelles et d’institutions fondamentales à travers laquelle des communautés politiques différentes les unes des autres cultivent leur coopération et contiennent leurs conflits”. War, Religion and Empire s’articule en trois parties.

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