Étiquette : tactique militaire

La géographie, reine des batailles

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n° 2/2020).
Rémy Hémez propose une analyse de l’ouvrage de Philippe Boulanger
, La Géographie, reine des batailles (Ministère des Armées/Perrin, 2020, 368 pages).

« Le terrain commande » : l’expression bien connue des soldats met parfaitement en lumière le rôle clé de la topographie dans la manœuvre. Pour autant, l’apport de l’essai de Philippe Boulanger, professeur de géographie à la Sorbonne, dépasse la question du terrain. Comme le rappelle l’auteur, « nulle opération ne peut être envisagée sans compréhension du milieu physique et de la population au préalable ».

Les 7 péchés capitaux du chef militaire

Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver de Politique étrangère (n° 4/2017). Rémy Hémez propose une analyse de l’ouvrage de Gilles Haberey et Hugues Perot, Les 7 péchés capitaux du chef militaire. Les plus grandes erreurs tactiques de l’Antiquité à nos jours (Éditions Pierre de Taillac, 2017, 258 pages).

Après avoir publié L’Art de conduire une bataille[1] (2016) qui présente les méthodes les plus efficaces pour vaincre un ennemi, Gilles Haberey et Hugues Perot, tous deux saint-cyriens et officiers de l’armée de Terre, s’attachent à analyser les sept erreurs tactiques majeures pouvant conduire à la défaite.

Les péchés capitaux du tacticien identifiés par les auteurs sont : « s’engager sans renseignement » ; « se laisser imposer le terrain » ; « subir le rythme de l’adversaire » ; « sous-estimer son ennemi » ; « manquer d’audace » ; « s’obstiner inutilement » ; « céder à la panique ». Chacune de ces erreurs fatales est ici définie, replacée dans l’histoire de la guerre, et illustrée par deux ou trois études de batailles.

On Tactics: A Theory of Victory in Battle

Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver de Politique étrangère (n° 4/2017). Rémy Hémez propose une analyse de l’ouvrage de B. A. Friedman, On Tactics: A Theory of Victory in Battle (Naval Institute Press, 2017, 256 pages).

A. Friedman, officier des Marines, étudie dans ce livre une matière trop souvent éclipsée par la stratégie : la tactique. Dans son premier chapitre, il aborde la question des relations entre la tactique et la théorie. Il souligne que la tactique est davantage un art qu’une technique. Certes, appliquer de grands principes augmente les chances de victoire. Il ne faut cependant pas perdre de vue la puissance des forces morales et l’irréductibilité de la chance au combat. Et surtout : l’ennemi a toujours son mot à dire. L’auteur dégage ensuite ce qu’il préfère appeler des préceptes (tenets) tactiques. Il les répartit dans les trois grands champs d’interaction avec l’ennemi : physique, mental et moral. À chaque fois, de nombreux exemples historiques viennent illustrer son propos.

La ruse et la force

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n°2/2017). Rémy Hémez, chercheur au Laboratoire de recherche sur la défense (LRD) de l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage de Jean-Vincent Holeindre, La ruse et la force. Une autre histoire de la stratégie (Perrin, 2017, 528 pages).

Ruse et force

Avec cet ouvrage, Jean-Vincent Holeindre, professeur de science politique à l’université de Poitiers et directeur scientifique de l’Institut de recherche stratégique de l’école militaire (IRSEM), cherche à en finir avec le « modèle occidental de la guerre ». Ce dernier serait marqué davantage par la force que par la ruse qui, elle, serait inefficace et illégitime. Le pari de l’auteur est réussi avec brio. Au travers d’une « histoire dialectique et généalogique », il montre bien que la ruse n’est pas le parent pauvre de la stratégie, et qu’elle est tout à fait compatible avec la force. L’auteur aboutit ainsi à une intéressante définition de la stratégie comme « l’art de dompter la violence armée par les moyens de l’intelligence pour en faire une force maîtrisée et efficace, capable d’emporter la victoire ».

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