Catégorie : Revue des livres Page 73 of 283

Les comptes rendus de lecture publiés dans PE

Guerres d’influence

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps 2022 de Politique étrangère (n° 1/2022). Marc Hecker, rédacteur en chef de la revue, propose une analyse de l’ouvrage de Frédéric Charillon, Guerres d’influence. Les États à la conquête des esprits (Odile Jacob, 2022, 352 pages).

Frédéric Charillon, professeur des universités en science politique et ancien directeur de l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire, se penche dans ce nouvel ouvrage sur les méthodes déployées par certains États pour développer leur influence sur la scène internationale. Il commence par un cadrage théorique utile, proposant comme base de travail une définition simple : « L’influence consiste pour un acteur A à faire faire par un acteur B ce qu’il n’aurait pas fait autrement, et ce, sans recourir à la contrainte ». Il distingue ce concept d’autres notions comme la propagande, le lobbying ou encore le soft power : « tandis que le soft power est un processus positif de séduction, de conviction, l’influence peut avoir recours à la rémunération ». Autrement dit, la seconde inclut le premier mais ne s’y résume pas.

Pour une autre idée du Pakistan

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps 2022 de Politique étrangère (n° 1/2022). Michel Boivin propose une analyse croisée de deux ouvrages sur le Pakistan : Asma Faiz, In Search of Lost Glory: Sindhi Nationalism in Pakistan (Oxford University Press, 2021, 288 pages) ; Julien Levesque, Pour une autre idée du Pakistan. Nationalisme et construction identitaire dans le Sindh (Presses universitaires de Rennes, 2022, 316 pages).

Ces deux livres s’intéressent à un territoire situé au sud-est du Pakistan, la province du Sindh. Ils s’inscrivent dans une perspective politologique et sont les versions remaniées de deux thèses de doctorat. Les deux ouvrages s’intéressent à la question du nationalisme sindhi, tout en mettant en œuvre des méthodologies et des perspectives différentes. On peut repérer cette distinction dans les titres eux-mêmes : In Search of Lost Glory: Sindhi Nationalism in Pakistan, et Pour une autre idée du Pakistan. Nationalisme et construction identitaire dans le Sindh. L’intérêt majeur des deux ouvrages étant qu’ils se concentrent sur des questions qui sortent des sentiers battus : le Pakistan est d’ordinaire vu comme un bloc monolithique avec l’islam comme ciment, ce qui est loin d’être le cas.

Mondialisation, (re)localisation, déglobalisation…

Cette recension est publiée dans le numéro de Politique étrangère (n° 1/2022). Norbert Gaillard propose une analyse croisée de quatre ouvrages : Cyrille P. Coutansais, La (re)localisation du monde (CNRS Éditions, 2021, 280 pages) ; Gilles Dufrénot et Anne Levasseur-Franceschi, Crises épidémiques et mondialisation. Des liaisons dangereuses ? (Odile Jacob, 2021, 288 pages) ; Bernard M. Hoekman et Ernesto Zedillo (dir.), Trade in the 21st Century: Back to the Past? (Brookings Institution Press, 2021, 560 pages) ; Xavier Ricard Lanata, Demain la planète. Quatre scénarios de déglobalisation (Presses universitaires de France, 2021, 208 pages).

La contestation croissante du multilatéralisme, l’aggravation du réchauffement climatique, la pandémie de Covid-19 et la forte récession qui a suivi en 2020, ont engendré une abondante littérature consacrée à l’avenir de la mondialisation. Cyrille P. Coutansais, directeur de recherches au Centre d’études stratégiques de la Marine, étudie le basculement vers un « monde relocalisé », mû par la révolution robotique et numérique, et l’essor des énergies renouvelables. Gilles Dufrénot, professeur d’économie à Aix-Marseille Université, et Anne Levasseur-Franceschi, enseignante en prépa Normale Sup, montrent que la mondialisation doit être repensée à l’aune de critères scientifiques et éthiques, en s’appuyant sur un rôle accru de l’État. Défendant une approche plus radicale, Xavier Ricard Lanata – ethnologue et philosophe qui nous a quittés en septembre 2021 – prône une « déglobalisation » qui s’apparenterait à un processus de décroissance coordonné entre grandes puissances. Enfin, dans leur ouvrage collectif, Bernard M. Hoekman, professeur à l’Institut universitaire européen, et Ernesto Zedillo, ancien président du Mexique et professeur à l’université de Yale, défendent le statu quo, considérant que les effets positifs du libre-échange sont trop négligés.

The Strategy of Denial

Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver 2021-2022 de Politique étrangère (n° 4/2021). Jean-Loup Samaan propose une analyse de l’ouvrage d’Elbridge A. Colby, The Strategy of Denial: American Defense in an Age of Great Power Conflict (Yale University Press, 2021, 384 pages).

Le livre d’Elbridge Colby propose un cadre théorique permettant de définir la future politique de défense américaine. Il part de l’hypothèse selon laquelle celle-ci sera fonction de la compétition entre les États-Unis et la Chine, et soutient que Washington doit mettre en place une « coalition anti-hégémonique » s’appuyant sur ses alliés régionaux (l’Australie, le Japon et la Corée du sud). L’armée américaine aurait alors pour vocation de conduire une stratégie dite de « déni », qui consiste plus spécifiquement à prévenir une invasion de Taïwan par les forces armées chinoises.

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