Cuba et les États-Unis

La rédaction de Politique étrangère vous offre à (re)lire des textes qui ont marqué l’histoire de la revue.
Nous vous proposons aujourd’hui un article de Jean-Pierre Derisbourg, intitulé « Cuba et les États-Unis », et publié dans le numéro de printemps 2000.

En janvier 1959, Fidel Castro triomphait ; descendant de la montagne, ses troupes barbues saisissaient sans bain de sang La Havane. Nombreux étaient ses soldats qui portaient un chapelet autour du cou et une foule délirante les applaudissait. Cuba se croyait à l’aube d’une période de justice sociale et de démocratie mettant fin à la longue dictature sanglante de Fulgencio Batista ; le rêve devait vite tourner au cauchemar avec l’instauration de la dictature du parti unique, les nationalisations, les confiscations, l’abolition de la propriété privée, et les camps de travaux forcés, notamment dans les champs de canne à sucre. Un million de Cubains, presque un sur dix, choisiront l’exil, largement vers la Floride et le reste des États-Unis. En 1959, le revenu par tête d’habitant était le 4e parmi les plus élevés de l’Amérique latine : il est aujourd’hui le plus bas avec
1 300 dollars par habitant et par an.

La France et l’Europe : le rêve ambigu ou la mesure du rang

La rédaction de Politique étrangère vous offre de (re)lire des textes qui ont marqué l’histoire de la revue. Nous vous proposons aujourd’hui un article de Philippe Moreau Defarges, intitulé « La France et l’Europe : le rêve ambigu ou la mesure du rang », et publié dans le numéro de printemps 1986.

Il y avait déjà longtemps qu’on pouvait regarder l’Europe chrétienne (à la Russie près) comme une espèce de grande république partagée en plusieurs Etats (…) tous ayant les mêmes principes de droit public et de politique, inconnus dans les autres parties du monde ». Ce texte de Voltaire définit l’idée française de l’Europe. Pour l’homme des Lumières, seuls importent
« le genre humain », « l’Humanité », dont Frédéric de Prusse est l’allié : quant à la France, elle existe non par la diplomatie de Louis XV, mais par son ironie, sa manière de vivre, ce rayonnement que lui assurent ses philosophes. L’Europe est spontanément, naturellement française.

Le terrorisme en perspective

La rédaction de Politique étrangère vous offre de (re)lire des textes qui ont marqué l’histoire de la revue. Nous vous proposons aujourd’hui un article de Daniel Benjamin, intitulé « Le terrorisme en perspective », et publié dans le numéro d’hiver 2006.

Le terrorisme est une tactique qui sous-tend l’utilisation de moyens violents contre des non-combattants, à des fins politiques. Depuis environ 150 ans, la pratique terroriste fait preuve d’une remarquable continuité. Les attaques ont pratiquement toujours été menées à l’aide d’armes légères ou d’explosifs et ont généralement consisté à assassiner, prendre des otages, détourner des avions ou poser des bombes. Les terroristes sont historiquement conservateurs : ils n’ont que rarement essayé de nouvelles méthodes, préférant l’assurance d’une opération réussie à la poursuite – incertaine – d’effets plus importants. On relève toutefois quelques innovations sporadiques. L’attentat suicide tout d’abord – utilisé au début des années 1980 par les Tigres tamouls du Sri Lanka ou les chiites libanais – s’est maintenant diffusé chez les musulmans sunnites. Les Palestiniens, impressionnés par les résultats du Hezbollah, ont largement contribué à cette diffusion. Mais, d’une manière générale, les outils utilisés sont restés similaires.

L’Europe, l’OTAN et la France : les problèmes non résolus de la défense européenne

La rédaction de Politique étrangère vous offre de (re)lire des textes qui ont marqué l’histoire de la revue. Nous vous proposons aujourd’hui un article de Jacques Andréani, intitulé « L’Europe, l’OTAN et la France : les problèmes non résolus de la défense européenne », et publié en 1983 (2/1983).

Certains vocables ne sont pas tout à fait neutres. Qui inscrit en tête d’un article le titre « Moyen-Orient », laisse le lecteur sans indication sur ses tendances ou sympathies vis-à-vis d’Israël ou des Arabes. Mais l’expression « défense de l’Europe » n’a pas été couramment employée par tous ceux qui se sont penchés sur les problèmes stratégiques de notre continent. On ne la rencontre pas chez ceux de nos partenaires européens qui pensent que la seule protection imaginable pour l’Europe de l’Ouest résulte de la présence américaine et de l’existence de l’OTAN. Elle n’est jamais — faut-il s’en étonner ? — utilisée par les Américains. On l’entend assez peu, à vrai dire, en dehors de France et c’est bien là une partie du problème. En France même, elle n’a pas cours chez ceux qui refuseraient — par instinct ou par doctrine — d’admettre que la France doive se soucier d’autre chose que de mettre à l’abri son territoire national, et qui tiendraient tout regard jeté au-delà des frontières comme une dilution, un affaiblissement, de cette défense hexagonale.

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