L’énergie et l’économie mondiale, Jacques de Larosière (1980)

En cette période de confinement liée à l’épidémie de coronavirus, la rédaction de Politique étrangère vous offre de (re)lire des textes qui ont marqué l’histoire de la revue. Nous vous proposons aujourd’hui un article de Jacques de Larosière, intitulé « L’énergie et l’économie mondiale », et publié dans le numéro d’automne 1980.

Après le quadruplement des prix du pétrole en 1973, les pays industrialisés avaient réussi à rééquilibrer leur balance des paiements courants grâce notamment à une baisse des prix réels du pétrole. Mais les déficits massifs de la balance des paiements courants que connaissent aujourd’hui, à la suite des nouvelles hausses décidées par l’OPEP, les pays importateurs de pétrole, risquent de se révéler plus persistants. Nous pouvons en effet nous attendre à ce que les tensions sur les prix persistent plus longtemps et à ce que les excédents pétroliers soient plus durables qu’après 1974.

COVID-19 : le monde d’après est déjà là…

La rédaction de Politique étrangère a le plaisir de vous offrir en avant-première l’article de Josep Borrell, Haut Représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, à paraître dans le prochain numéro de la revue (2/2020). Il y analyse les conséquences de la crise du COVID-19.

« Choc sanitaire au départ, le COVID-19 est devenu très vite un choc économique et social totalement inédit. Cet arrêt qui confine chez eux plusieurs milliards d’individus, aucun économiste n’aurait pu l’imaginer. Ses conséquences iront donc bien au-delà de ce que l’on a pu connaître en 2008. Nous voici donc encore à un moment existentiel pour l’Union européenne. La manière dont nous le gérerons affectera la cohésion de nos sociétés, la stabilité de nos systèmes politiques nationaux, et l’avenir de l’intégration européenne. Le temps est à panser les plaies des crises précédentes, et non à les creuser. Pour ce faire, les institutions et les politiques européennes doivent pouvoir toucher le cœur et l’esprit des Européens. Et dans ce domaine il y a encore beaucoup à faire… »

Discipliner la finance/Darkness by design. The Hidden Power in Global Capital Market

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°1/2020). Norbert Gaillard propose une analyse de l’ouvrage de Patrick Artus, Discipliner la finance (Odile Jacob, 2019, 208 pages), et celui de Walter Mattli, Darkness by design. The Hidden Power in Global Capital Market (Princeton University Press, 2019, 264 pages).

Depuis la crise de 2008, de nombreux travaux ont mis en cause le poids exorbitant de la finance dans nos sociétés. Les livres de W. Mattli et P. Artus (respectivement professeur à Oxford et chef économiste de Natixis) s’inscrivent dans cette tendance, mais avec des approches différentes.

L’Algérie ou les faux dilemmes, Jacques Berque (1956)

En cette période de confinement liée à l’épidémie de coronavirus, la rédaction de Politique étrangère vous offre de (re)lire des textes qui ont marqué l’histoire de la revue. Nous vous proposons aujourd’hui un article de Jacques Berque, intitulé « L’Algérie ou les faux dilemmes », publié dans le numéro d’hiver 1956 (n°6/1956).

La crise algérienne divise la France entre partisans de la violence ou de la négociation. On nous propose de combattre sans nous dire en vue de quoi, ou de traiter sans dire sur quoi. Sans doute, ces incertitudes traduisent-elles une juste émotion. Vous optez pour l’une ou pour l’autre attitude, selon qu’en vous prévaut l’horreur de l’attentat ou celle de la répression. Vous optez aussi entre deux raisons, mais ce ne sont que deux instincts : celui de préserver, sur cette terre algérienne, ce que nous y avons mis de notre être, ou celui d’approuver, dans l’adversaire du moment, l’élan vers cette liberté qui nous tient, en quelque sorte, par obligation de famille. De façon plus calculée, les uns pensent que la force, les autres que la concession sera plus propre à « sauver ce qui peut être sauvé ». Ces attitudes sont toutes deux légitimes. Je ne leur reproche pas d’être contradictoires, de se laisser dominer à l’excès par la tendance ou l’événement. Je ne veux les juger et, partant, décider entre elles que sur l’argument de leur adhérence au réel, donc de leur valeur constructive.

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