Geopolitics of Artificial Intelligence

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère
(n° 2/2019)
. Julien Nocetti, chercheur spécialiste des questions numériques à l’Ifri, propose une analyse croisée des ouvrages de Abishur Prakash, Geopolitics of Artificial Intelligence (2018) et Kai-Fu Lee, AI Superpowers: China, Silicon Valley, and the New World Order (Houghton Mifflin Harcourt, 2018).

Le message porté par les auteurs de ces deux ouvrages est similaire : l’Intelligence artificielle (IA) s’apprête à refaçonner l’ordre mondial né de la Seconde Guerre mondiale.

Ingénieur reconnu et expert de l’IA, ancien responsable de Google en Chine, aujourd’hui investisseur, Kai-Fu Lee avance que la Chine s’est lancée dans une démarche implacable de leadership dans la plupart des disciplines de l’IA. Il relève que les États-Unis et la Chine ont pris une avance considérable dans ce secteur, au point que la technologie participe d’un début de re-bipolarisation des relations internationales, entre la volonté des États-Unis de maintenir leur suprématie technologique, et l’ambition de Pékin de défier et surpasser cette primauté.

The Empty Throne: America’s Abdication of Global Leadership

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère
(n° 2/2019)
. Laurence Nardon, responsable du Programme Amérique du Nord de l’Ifri, propose une analyse croisée des ouvrages de Ivo Daalder & James Lindsay, The Empty Throne: America’s Abdication of Global Leadership (Public Affairs, 2018), Jeffrey D. Sachs, A New Foreign Policy: Beyond American Exceptionalism (Columbia University Press, 2018) et Robert Kagan, The Jungle Grows Back: America and Our Imperiled World (Alfred Knopf, 2018).

Une chose ne change pas avec l’administration Trump : la parution à rythme soutenu d’essais traitant du rôle des États-Unis dans le monde. Comme d’habitude, ces ouvrages s’inscrivent dans les grands courants de pensée américains relatifs à la politique étrangère, entre réalisme et responsabilité morale exceptionnaliste de l’Amérique ; entre unilatéralisme et internationalisme ; entre interventionnisme assumé et réticence à agir dans le monde. En voici trois.

Ivo Daalder, ambassadeur à l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) sous Obama, puis président du Chicago Council on Global Affairs, et James Lindsay, membre éminent du Council on Foreign Relations, ont une complicité ancienne dans l’analyse de la politique étrangère américaine. Dans America Unbound: The Bush Revolution in Foreign Policy, paru en 2003, ils dénonçaient les risques posés par l’aventurisme moral et unilatéraliste de l’administration Bush au lendemain du 11 Septembre. Leur deuxième livre, paru en octobre 2018, propose une analyse des deux premières années de la politique étrangère du président Trump.

2019-2029 : quel monde dans 10 ans ?

Dans son numéro de juin, la revue mensuelle Sciences Humaines a publié un compte rendu, signé Chloé Rébillard, du numéro-anniversaire de Politique étrangère (n° 1/2019).

« L’Institut français des relations internationales (Ifri) pour sa quarantième bougie s’offre un voyage vers le futur et imagine le monde de 2029. Quel avenir pour la mondialisation ? Est-on dans un moment de rétractation des échanges ? L’interdépendance va-t-elle s’effacer ? Quels seront demain les pôles de puissance ? Les participants à la revue tentent d’apporter des réponses pour dessiner le visage du monde dans les années à venir. Ainsi, Ravi Kanbur, économiste britannique, s’interroge sur les probabilités d’éradiquer l’extrême pauvreté à l’horizon 2030 ; objectif atteignable selon lui, à condition de mettre en place les politiques redistributives nécessaires à sa réalisation.

Vers un retour de l’autoritarisme en Afrique ?

La rédaction a le plaisir de vous offrir à lire ce second article, « Vers un retour de l’autoritarisme en Afrique ? », écrit par Victor Magnani, chargé de projets au Centre Afrique subsaharienne de l’Ifri, et Thierry Vircoulon, chercheur associé au Centre Afrique subsaharienne de l’Ifri. Il vient de paraître dans notre nouveau numéro de Politique étrangère (n° 2/2019), « La démocratie en Afrique : tours et détours ».

À la suite de la chute du bloc soviétique naissait l’illusion d’une fin de l’histoire, qui devait consacrer le triomphe de la démocratie libérale dans le monde. Elle reposait sur des faux-semblants auxquels contribuait l’Afrique. Au tournant des années 1980 et 1990, la conjonction de facteurs internationaux et nationaux conduisait de nombreux pays africains francophones à organiser des Conférences nationales, préalables à l’ouverture du jeu démocratique. En 1991, le Bénin et la Zambie sont sortis d’une longue période de dictature en organisant leurs premières élections multipartites, qui consacrèrent la victoire de l’opposition. L’Afrique du Sud s’est, elle, libérée du joug de l’apartheid à la faveur d’une transition négociée qui aboutit à l’élection de Nelson Mandela. Mais en Afrique comme ailleurs, la victoire idéologique de la démocratie et du libéralisme n’a pas eu lieu. L’histoire de la démocratie y a connu succès, résistances, avancées et involutions.

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