La fin du rêve américain ?

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°1/2018). Laurence Nardon, responsable du Programme Amérique du Nord de l’Ifri, propose une analyse croisée des ouvrages de Lauric Henneton, La fin du rêve américain ? (Odile Jacob, 2017), de E. J. Dionne Jr., Thomas Mann et Norman Ornstein, One Nation after Trump: A Guide for the Perplexed, the Dissilusionned, the Desperate, and the Not-Yet Deported (St. Martin’s Press, 2017), et de Thomas J. Wright, All Measures Short of War: The Contest for the 21st Century & the Future of American Power (Yale University Press, 2017).

Depuis l’élection surprise de Donald Trump en novembre 2016, de très nombreux ouvrages ont été publiés aux États-Unis et en France pour tenter d’éclairer le sens d’une évolution préoccupante de la vie politique américaine. En voici trois, sérieux, qui couvrent l’essentiel : l’évolution sociologique et les politiques ­intérieure et étrangère.

Lauric Henneton, maître de conférences en civilisation américaine à l’université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, présente un ouvrage très nourri, proposant une analyse des évolutions en cours – et futures – de la société américaine. Son hypothèse est que les mutations récentes ont convaincu les classes moyennes blanches que le rêve américain leur était désormais inaccessible. C’est la mobilisation électorale, inhabituelle et inattendue, de cette population qui explique la victoire de Trump.

La politique des pétroles dans le Proche-Orient

Créée en 1936, Politique étrangère est la plus ancienne revue française dans le domaine des relations internationales. Chaque vendredi, découvrez désormais « l’archive de la semaine ».

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L’article « La politique des pétroles dans le Proche-Orient » a été écrit par Albert de Boucheman, détaché militaire pour le compte de l’Institut français d’études arabes de Damas de 1934 à 1936, et publié dans le numéro 4/1937 de Politique étrangère.

Le Proche-Orient produit environ 13millions de tonnes de pétrole, moins de 6 % de la production du globe. Ce chiffre paraît insignifiant, mais les gisements sont neufs et la prospection, principalement depuis 1932, s’est abattue sur ces contrées avec une violence extraordinaire. Les espoirs sont tels que l’Asie antérieure a été qualifiée de « centre stratégique mondial des pétroles ». A ce titre, elle mérite donc d’être étudiée.

Faire cette étude d’un point de vue d’économiste demanderait d’être spécialiste — ce qui n’est pas du tout le cas — ; mais le mot « stratégique », qui figure dans la formule ci-dessus, peut servir, à lui seul, et sans qu’il soit question de pétrole, à caractériser l’Arabie et les pays avoisinants, seuil entre l’Europe méditerranéenne d’une part, les Indes et l’Extrême-Orient de l’autre. Il semble donc que la question des pétroles du Proche-Orient puisse être envisagée également d’un point de vue politique. Point de vue double : impérial, si l’on considère que la rivalité anglo-américaine pour la conquête du naphte met les deux adversaires aux prises sur une section capitale de la route des Indes ; local — mais tout aussi important — si l’on prévoit les conséquences du développement industriel subit pour un monde qui, jusqu’à nos jours, n’a connu que la vie patriarcale.

Un « déboulonnage des anciens systèmes… »

> > Retrouvez en libre lecture l’article dont est extraite cette citation : « Les États au Moyen-Orient : crise et retour », écrit par Dorothée Schmid dans le numéro de printemps 2018 de Politique étrangère. < <

 

Les États au Moyen-Orient : crise et retour

La rédaction a le plaisir de vous offrir à lire ce second article, « Les États au Moyen-Orient: crise et retour », écrit par Dorothée Schmid, responsable du programme Turquie contemporaine de l’Ifri, et paru dans notre nouveau numéro (n° 1/2018), « États : quel nouveau souffle ? ».

L’analyse de la faiblesse des États en Afrique du Nord et au Moyen-Orient occupe en continu les politologues pratiquement depuis leur création, sur les ruines de l’empire ottoman et après l’échec des colonisations ­européennes. Le constat est généralement celui d’États faibles, pourtant paradoxalement qualifiés de « forts », et qu’il faudrait en réalité plutôt qualifier de « durs ». Cette dureté étant celle de régimes établis, en l’absence d’alternance démocratique, comme propriétaires exclusifs et intransigeants d’institutions qui exercent le monopole de la force sur le territoire – soit la classique définition wébérienne de l’État.

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