Under the Shadow: Rage and Revolution in Modern Turkey

Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver de Politique étrangère (n° 4/2017). Aurélien Denizeau propose une analyse de l’ouvrage de Kaya Genç, Under the Shadow: Rage and Revolution in Modern Turkey (I.B. Tauris, décembre 2016, 240 pages).

Le soulèvement d’une partie de la jeunesse turque lors du mouvement dit « de Gezi » (du nom du parc dont la destruction programmée avait entraîné les premières manifestations) en 2013, a profondément marqué la société turque. Il a révélé les failles d’un pouvoir qui semblait jouir d’un soutien relativement consensuel, et les profondes divisions qui traversent la Turquie contemporaine. Analyser ces lignes de fracture à travers le regard et les témoignages de citoyens à l’histoire personnelle et au positionnement idéologique variés, c’est le défi que s’est lancé l’écrivain et essayiste Kaya Genç. Paru en 2016, au lendemain du coup d’État manqué du 15 juillet, l’ouvrage se nourrit de ces fragments de vie pour comprendre les ressorts profonds du malaise, pas toujours apparent, de la jeunesse turque.

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Le Paradoxe français

Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver de Politique étrangère (n° 4/2017). Frédéric Charillon propose une analyse de l’ouvrage de Béatrice Giblin, Le Paradoxe français. Entre fierté nationale et hantise du déclin (Armand Colin, 2017, 208 pages).

Pourquoi la France oscille-t-elle à ce point entre fierté – certains disent arrogance – et pessimisme, jusqu’à l’obsession décliniste ? Béatrice Giblin, géographe et directrice de la revue Hérodote, répond par autant de chapitres constituant, selon elle, des éléments de cette réponse.

Easternization ou the End of the Asian Century ?

Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver de Politique étrangère (n° 4/2017). John Seaman, chercheur au Centre Asie de l’Ifri, propose une analyse croisée des ouvrages de Gideon Rachman, Easternization: Asia’s Rise and America’s Decline from Obama to Trump and beyond (Other Press, 2017, 320 pages), Graham Allison, Destined for War: Can America and China Escape Thucydide’s Trap? (Houghton Mifflin Harcourt, 2017, 384 pages), et Michael R. Auslin, The End of the Asian Century: War, Stagnation, and the Risks to the World’s Most Dynamic Region (Yale University Press, 2017, 304 pages).

Si 2016 restera dans l’histoire comme l’année où le populisme a triomphé en Occident à travers le Brexit et l’élection de Donald Trump, 2017 sera celle où les États-Unis ont formellement abandonné le leadership international. Depuis l’arrivée du magnat de l’immobilier à la Maison-Blanche, l’Amérique de Trump s’enferme dans un discours de l’« America First », renonçant aux engagements de ses prédécesseurs (Partenariat Trans-Pacifique – TPP, COP21) et s’attaquant au multilatéralisme et aux traditions démocratiques et néolibérales sur lesquelles les États-Unis ont bâti leur leadership international depuis 70 ans. Pendant ce temps, le centre de gravité international bascule nettement vers l’Asie, et notamment vers Pékin. La Chine de Xi Jinping a su habilement adapter son discours pour se positionner en défenseur de la paix et de l’ordre dans le monde – défendant la mondialisation tout en proposant un modèle alternatif à la démocratie libérale. Évidemment, la Chine semble de plus en plus sûre d’elle, tandis que les États-Unis remettent en question leur propre rôle dans le monde.

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