Une ligne dans le sable

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n°2/2017). Denis Bauchard, conseiller pour le Moyen-Orient à l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage de James Barr, Une ligne dans le sable. Le conflit franco-britannique qui façonna le Moyen-Orient (Perrin, 2017, 512 pages).

Une ligne dans le sable

Le titre évoque la « ligne dans le sable » qui va d’Acre à Kirkouk, telle que définie dans les accords Sykes-Picot. Le véritable sujet de l’ouvrage est précisé par le sous-titre : « Le conflit franco-britannique qui façonna le Moyen-Orient. » Voici en effet une fresque sans complaisance de l’affrontement qui opposa la Grande-Bretagne à la France entre 1915 et 1949 dans cette région sensible. Comme ne craint pas de l’affirmer l’auteur, cette hostilité aurait « alimenté le conflit arabo-­israélien actuel », la Grande-Bretagne nourrissant le terrorisme arabe contre la France quand celle-ci soutenait les « terroristes sionistes ». Si cette thèse est contestable, la rivalité entre deux pays en principe amis a été particulièrement rude. L’auteur en détaille avec soin et une objectivité froide les péripéties souvent sanglantes, soulignant les incohérences des politiques de Paris et de Londres, et les coups bas assénés de part et d’autre.

Erreurs fatales

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n°2/2017). Emma-Louise Blondes propose une analyse de l’ouvrage de Vincent Nouzille, Erreurs fatales. Comment nos présidents ont failli face au terrorisme (Fayard, 2017, 384 pages).

Erreurs fatales

Cet ouvrage s’attache aux faiblesses de la lutte antiterroriste française depuis les années 1980. Le journaliste Vincent Nouzille se concentre sur le terrorisme puisant son origine dans les espaces musulmans, à l’origine des principales campagnes d’attentats perpétrées sur le sol français depuis 35 ans (1982-1986, 1995 et depuis 2015). L’auteur cherche à démontrer comment, par aveuglement, naïveté ou passivité, François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande ont commis des erreurs qui contribuent à expliquer le climat d’insécurité qui règne actuellement en France. L’ouvrage dénonce l’absence de pilotage de la lutte antiterroriste, les failles du renseignement, le manque de coordination entre les services, les déficiences du volet police-justice, les faux-pas diplomatiques, ainsi que l’indifférence des gouvernements à l’égard de la menace.

« Face à la poussée islamiste, l’Asie du Sud-Est doit jouer la carte de la coopération »

Le journal quotidien L’Opinion a publié le 20 juin 2017 un article sur le numéro d’été de Politique étrangère (n° 2/2017), dont le dossier est consacré à l’ASEAN.

lopinion

Les faits – Selon une étude menée en 2015 par le Pew Research Centre, 1 % des Indonésiens, soit environ 2,5 millions de personnes, affirme avoir une bonne opinion de l’État islamique. Cette forte proportion combinée à l’existence confirmée par les autorités de cellules dormantes fait craindre une multiplication des actions dans ce pays à un moment où Daech perd du terrain en Irak et en Syrie.

Entrée dans sa cinquième semaine, la bataille pour la reprise de la ville de Marawi, au sud des Philippines, tombée sous le contrôle du groupe Maute affilié à l’organisation État islamique, continue de mobiliser davantage de moyens militaires. Le président Rodrigo Duterte a décidé d’envoyer de nouveaux renforts, rejetant par la même occasion les offres de médiation faites par des responsables religieux de négocier avec les derniers militants retranchés dans la ville pour obtenir leur reddition.

La Turquie, entre coup d’État et référendum : 3 questions à Ahmet Insel

Auteur de l’article « La Turquie, entre coup d’État et référendum » paru dans le numéro d’été 2017 de Politique étrangère (2/2017), Ahmet Insel, chroniqueur au quotidien Cumhuriyet et ancien professeur à l’université Galatasaray d’Istanbul, répond à trois questions en exclusivité pour politique-etrangere.com.

Turquie, entre coup d'Etat et référendum

1) Quelles ont été les grandes étapes de la vie politique turque depuis le coup d’État de juillet 2016 ?

La proclamation de l’état d’urgence, quatre jours après le coup d’État avorté, a ouvert la voie au règne général de l’arbitraire. Le gouvernement, en violant les limites que la Constitution impose au champ de compétence de l’état d’urgence, utilise depuis lors ce pouvoir exceptionnel pour purger massivement l’administration des éléments indésirables, et fermer des écoles, des universités, des journaux, des fondations et des associations par simple décision administrative, sans aucun recours possible. La seconde étape a été le projet d’amendement constitutionnel, préparé à la va-vite avec le soutien inattendu du leader du parti d’extrême droite, le Parti d’action nationaliste (MHP), qui instaure un régime hyper-présidentiel et donne au président élu tous les pouvoirs, y compris le contrôle de la justice et la possibilité de gouverner par décrets.

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