Indispensables frontières

Cette recension d’ouvrages est issue de Politique étrangère (3/2015). Guillaume Lagane propose une analyse de l’ouvrage de Thierry Baudet, Indispensables frontières. Pourquoi le supranationalisme et le multiculturalisme détruisent la démocratie (Paris, Éditions du Toucan, 2015, 592 pages).

Baudet-indispensables frontièresIndispensables frontières est la traduction d’un ouvrage publié en 2012, de Thierry Baudet qui, malgré son patronyme français, est un jeune Hollandais (né en 1983), professeur de sciences politiques à l’université de Leyde. L’auteur est également éditorialiste au NRC Handelsblad, quotidien du soir de tendance libérale (sa devise est Lux et Libertas), parfois comparé au Monde dans la presse néerlandaise. Cette origine universitaire explique la forme du livre, un épais ouvrage de 600 pages à l’imposante bibliographie.

Le sous-titre du livre, Pourquoi le supranationalisme et le multiculturalisme détruisent la démocratie, en résume bien la thèse. Mais le titre original hollandais, De aanval op de natiestaat, est plus explicite encore. Car c’est bien « l’assaut contre l’État-nation » que Thierry Baudet entend repousser. Deux mouvements contemporains et parallèles minent le modèle traditionnel, l’un venu du haut – les organisations internationales (en particulier l’Union européenne) –, l’autre du bas – le multiculturalisme des nouvelles populations immigrées. Baudet en appelle à pourfendre les « mensonges de l’universalisme » et à restaurer le « particularisme de la citoyenneté ».

Relations internationales : y a-t-il vraiment un système international ?

Dominique DAVID, conseiller du président de l’Ifri, rédacteur en chef de Politique étrangère et co-directeur du Ramses était l’invité de Thierry GARCIN sur France Culture, mercredi 16 septembre 2015, dans l’émission « Les Enjeux internationaux ». Il y a présenté l’édition 2016 du « Rapport annuel mondial sur le système économique et les stratégies » et examiné la question de l’existence d’un véritable système international.

France-Culture-logo« On parle souvent du « système international » sans vraiment le définir, de la « communauté internationale » en en faisant un tout, de la « société internationale » en en faisant un fourre-tout, de l’« ordre international » en cachant le désordre international, pourtant si manifeste. »

Mais comment fonctionnent les relations internationales, qui reposent en grande partie sur les relations interétatiques, malgré une certaine mondialisation de la politique étrangère, voire de la diplomatie ?

Promeuvent-elles avec tant de succès la démocratie ? S’achemine-t-on vers un monde plus multipolaire ?

Le rôle de l’État reste-t-il déterminant, quels que soient les régimes en place ?

La recherche de l’équilibre n’est-elle au fond qu’un processus sans fin ?

Pour écouter l’émission, cliquez ici.

Pour découvrir le sommaire du Ramses 2016 cliquez ici.

Hommage à Stanley Hoffmann

Stanley Hoffmann, spécialiste de relations internationales à l’université de Harvard, vient de nous quitter. En 1983, il avait publié dans Politique étrangère (4/1983) un article remarquable sur la pensée de Raymond Aron. Ce texte avait été republié en 2006, à l’occasion du 70e anniversaire de notre revue. Nous vous invitons à le relire.

hoffmannL’ampleur de l’œuvre de Raymond Aron a toujours fait le désespoir de ses commentateurs – et de ses disciples. On peut s’attendre à la publication de divers textes inédits ; néanmoins, hélas, cette œuvre est désormais achevée. Ce qui devrait permettre d’étudier enfin, en profondeur, la contribution scientifique qu’elle a apportée – de séparer en quelque sorte les deux activités que Raymond Aron a menées de concert et a souvent entremêlées : l’activité proprement journalistique, commentaires d’une actualité qu’il se sentait le devoir d’élucider et d’interpréter, et l’activité du théoricien, philosophe de l’histoire, sociologue des sociétés contemporaines, ou critique de la pensée politique et sociale des grands auteurs.

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La politique étrangère de l’Algérie : le temps de l’aventure

Suite au sondage réalisé sur ce blog, nous avons le plaisir de vous offrir l’article du numéro d’automne 2015 de Politique étrangère que vous avez choisi : « La politique étrangère de l’Algérie : le temps de l’aventure ? », par Jean-François Daguzan.

PE 3-2015_CouvertureLongtemps, la politique étrangère algérienne est allée de son train de sénateur. Définie dès les premières années de l’indépendance et marquée par la guerre de libération, la politique étrangère du jeune État s’est caractérisée par l’énoncé d’un ensemble de dogmes dont les gouvernements successifs ne sortirent jamais vraiment. Elle dut bien prendre en compte la fin des blocs et les désillusions de l’après-décolonisation, mais sans jamais se défaire tout à fait des habits d’un certain un âge d’or. La diplomatie fut si importante pendant la période Boumediene qu’elle favorisa l’émergence de diplomates de grande qualité qui furent très actifs dans les organisations internationales. Cette politique étrangère suit un fil rouge : Abdelaziz Bouteflika.

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