La question des réfugiés : 3 questions à Matthieu Tardis

Auteur de l’article « L’accueil des réfugiés : l’autre crise européenne » paru dans le numéro automne 2015 de Politique étrangère (3/2015), Matthieu Tardis a accepté de répondre à trois questions en exclusivité pour politique-etrangere.com.

Pourquoi la crise des migrants – qui n’est pas nouvelle – s’est-elle brutalement accélérée depuis l’été 2015 ?

LE_Eithne_Operation_TritonIl s’agit avant tout d’une crise des réfugiés. Selon le HCR, il n’y a jamais eu autant de réfugiés dans le monde depuis la Seconde Guerre mondiale. L’Union européenne a été jusqu’à présent relativement protégée. Elle le reste d’une certaine manière quand on la compare à des États comme la Turquie ou le Liban. C’est parce que les conflits durent, notamment le conflit syrien, et que les conditions de vie dans les pays de premier asile se dégradent, particulièrement au Liban, que les réfugiés reprennent la route en prenant des risques importants.

Prix Nobel de littérature

Svetlana Alexievitch vient de se voir attribuer le prix Nobel de littérature. À cette occasion nous vous invitons à relire la recension de son ouvrage La Fin de l’homme rouge parue dans le n°3/2014 de Politique étrangère.

Swetlana_Alexijewitsch_2013« L’Union soviétique est un de ces sujets à propos desquels il est difficile de ne pas tomber dans l’extrême, par une écriture antisoviétique et russophobe, ou par un patriotisme artificiel et exacerbé. Svetlana Alexievitch, journaliste biélorusse née en 1948, parvient à éviter ces deux écueils. Dans La Fin de l’homme rouge, elle se contente de transmettre le témoignage des hommes et femmes qui ont vécu la désintégration d’un empire tout entier. L’authenticité de leurs souvenirs rend ce livre véritablement captivant, en plus des poignants drames personnels de certains témoins. »

Pour relire intégralement l’article paru sur cette recension, cliquez ici.

« L’Algérie face aux changements »

Le journal La Croix a publié le 2 octobre dernier un article de Jean-Christophe Ploquin, consacré au dossier du numéro d’automne de Politique étrangère (3/2015) : « L’Algérie, nouvelle force régionale ? ».

logo_lacroix« L’Algérie va-t-elle écrire une nouvelle page de son histoire ? Ce pays pivot du Maghreb va devoir négocier des changements majeurs dans les années à venir. Politiquement, la succession du président Abdelaziz Bouteflika, âgé de 78 ans et qui en est à son 5e mandat, devra être négociée. Économiquement, la rente pétrolière n’est plus garantie avec l’effondrement des prix des hydrocarbures. Diplomatiquement, le splendide non-alignement du pays, cultivé depuis l’indépendance, devient difficile face aux périls qui s’accumulent aux frontières.

Ce sont ces nombreux défis qu’examinent quatre auteurs dans le dossier consacré à l’Algérie par la revue Politique étrangère. Tous pressentent d’inéluctables évolutions mais s’interrogent sur la capacité du pays à les appréhender. »

Pour lire l’article de Jean-Christophe Ploquin dans son intégralité, cliquez ici.

Gouverner le climat ? 20 ans de négociations internationales

Cette recension d’ouvrages est issue de Politique étrangère (3/2015). Mathilde Isler propose une analyse de l’ouvrage de Stefan Aykut et Amy Dahan, Gouverner le climat ? 20 ans de négociations internationales (Paris, Presses de Sciences Po, 2015, 752 pages).

Gouverner le climatLa Conférence de Paris doit aboutir à un accord contraignant, avec des engagements concrets de diminution des émissions de gaz à effet de serre (GES), afin de limiter le réchauffement climatique en dessous de 2 °C. Cet ouvrage permet de bien comprendre les tenants et les aboutissants de cet enjeu : pourquoi un accord contraignant ? Quelles positions des différents acteurs face à cet enjeu ? Quelles contraintes au niveau national ? Pourquoi cette limite des 2 °C ? Quel lien entre le monde scientifique et le monde politique ? Quelles sont leurs interactions ?

La négociation climatique n’est pas à part dans la sphère internationale : elle suit les grandes tendances géopolitiques mais elle est un théâtre où les équilibres basculent rapidement. Alors que de petits pays insulaires réussissent à attirer l’attention sur les problématiques qui les touchent à très court terme, certains pays n’hésitent pas, par des positions dogmatiques, à bloquer les négociations (l’Inde, entre autres). Les États-Unis et la Chine, parmi les plus gros émetteurs de GES, sont attendus pour des engagements ambitieux et réalistes, mais doivent composer avec des pressions internes fortes quant à la préservation de leurs intérêts nationaux.

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