Fortifying China. The Struggle to Build a Modern Defense Economy

Cette recension est issue de Politique étrangère (4/2013). Yves-Heng Lim propose une analyse de l’ouvrage de Tsai Ming Cheung – Fortifying China. The Struggle to Build a Modern Defense Economy (Ithaca, NY, Cornell University Press, 2009, 296 pages).

80140100558080MS’il existe aujourd’hui une abondance d’ouvrages sur les forces armées chinoises et la modernisation rapide de ces dernières, plus rares sont ceux qui s’intéressent aux moyens industriels que se donne la Chine pour concrétiser de telles ambitions. L’ouvrage de Tai Ming Cheung vient donc combler un certain vide dans la littérature existante en traitant de la question de l’organisation de ce qu’il conviendrait sans doute d’appeler le complexe militaro-industriel (CMI) chinois. La principale interrogation traversant l’ouvrage porte sur l’évolution de la capacité du CMI chinois à produire et absorber l’innovation.

Les deux premiers chapitres proposent un rapide historique de l’organisation et des capacités du CMI chinois durant la période maoïste et des réformes engagées par Deng Xiaoping, rappelant notamment la différence d’organisation – donc de capacité à innover – entre les secteurs conventionnel et nucléaire (période maoïste) et les difficultés à sortir d’une logique d’« imitation duplicative », en dépit des réformes mises en places par Deng.

Un numéro exceptionnel sur la Grande Guerre : PE 1/2014 en librairie !

Le numéro spécial de Politique étrangère intitulé 1914-2014 – La Grande Guerre et le monde de demain vient de paraître !

couv PE 1 2014Sommes-nous en 1913 : le choc des égoïsmes émergents, les rivalités économiques, la compétition pour les ressources, pourraient-ils mener à un nouvel affrontement ? Sommes-nous en 1920, avec l’espoir d’une sécurité collective, d’une « gouvernance » organisée par les puissants et soutenue par le droit ? Ou en 2015, dans une économie mondiale bouleversée, dans l’angoisse d’un monde redéfini par les technologies, et une Europe molle, vieillissante et d’inclination pacifiste ?

Politique étrangère projette l’héritage de la Grande Guerre sur notre avenir. États et nationalismes, coopérations ou déséquilibres régionaux, organisation du commerce international, stratégies et appareils militaires : des données largement héritées du premier conflit mondial, violemment interpellées par l’actualité.

PE 1/2014 est disponible en librairie ou peut être commandé par l’intermédiaire de la Documentation Française.

Le Mexique. Un état nord-américain

Cette recension est issue de Politique étrangère (4/2013). Emmanuelle Le Texier propose une analyse de l’ouvrage d’Alain Rouquié – Le Mexique. Un état nord-américain (Paris, Fayard, 2013, 496 pages).

9782213661728-XAlain Rouquié aime à citer l’écrivain mexicain Carlos Fuentes : « L’Argentine a un commencement, le Mexique a des origines. » Le latino-américaniste, distingué en 1987 par la publication d’Introduction à l’Extrême-Occident (Paris, Seuil), a aussi embrassé une carrière de diplomate, au Salvador en 1984 puis dans d’autres pays d’Amérique latine. Il offre une nouvelle somme sur le Mexique. L’absence de point d’interrogation pour ponctuer le sous-titre affirme déjà que la relation avec le voisin du Nord, avec un passé toujours présent où la mémoire de l’annexion subsiste, est centrale pour la compréhension du Mexique contemporain.

The Dispensable Nation: American Foreign Policy in Retreat

Cette recension est issue de Politique étrangère (4/2013). Benjamin Haddad propose une analyse de l’ouvrage de Vali Nasr – The Dispensable Nation: American Foreign Policy in Retreat (New York, Doubleday, 2013, 320 pages).

9780345802576Avec The Dispensable Nation, Vali Nasr propose une lecture critique de la politique étrangère d’Obama. Nasr y décrit une Amérique au leadership affaibli sur le plan international, nation « dispensable », en retrait face à la Chine et la Russie.

Expert du Moyen-Orient, Nasr est recruté en 2009 par Richard Holbrooke dans l’équipe AfPak. Cette expérience, interrompue par la mort soudaine d’Holbrooke en 2010, constitue une sévère désillusion pour l’auteur, qui décrit une administration obsédée par l’héritage des années Bush. La politique étrangère y est l’apanage des conseillers politiques prudents du président, au détriment des diplomates. Holbrooke ne parviendra jamais à surmonter la méfiance de l’entourage présidentiel : sa mission est constamment sabotée par les conseillers de la Maison-Blanche, qui signifient aux Afghans qu’il n’est pas un interlocuteur essentiel. Ses efforts en faveur d’une offensive diplomatique auprès des Talibans pour appuyer le surge de 2009 en Afghanistan seront vains. L’administration Obama tentera une ouverture diplomatique trop tard, alors que les échéances du retrait de 2014 ont déjà été annoncées et que les effets du surge se tarissent.

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